mardi, 28 mars 2017, 12:02 GMT

La journée du mardi 07 février 2017 a été marquée dans la ville de Guéckédou par des affrontements entre deux groupes de commerçants de cola. Des heurts qui auraient fait 7 blessés après l’intervention de la brigade de la gendarmerie, a-t-on appris.

Interrogé sur cet événement, Dr Faya Millimono du BL, originaire de Guéckédou, est largement revenu sur l’origine des affrontements en accusant le préfet d’avoir, non seulement, apporté son soutien à un groupe de commerçants au détriment de l’autre mais aussi, d’avoir ordonné à la gendarmerie dont l’intervention a, selon lui, provoqué des blessés graves admis d’urgence à l’hôpital et l’interpellations d’autres blessés.

 

« Ce qui s’est passe à Guéckédou, c’est qu’il s’est constitué un groupe d’individus qui se disent syndicat des commerçants de la Cola. Ils ont créé leur propre loi qui est complètement illégale au regard des lois de la République de Guinée. Mais ils sont soutenus par le préfet. Parce que les documents avec lesquels ils travaillent, il y a la signature du préfet qui est apposée là-dessus. Et donc c’est leur fonds de commerce. A cause de cela, les pauvres femmes qui quittent Conakry, qui vont à l’intérieur pour acheter de la cola, qu’elles revendent dans les marchés de Conakry pour faire vivre leurs familles, sont rançonnées. A date, 17 millions de francs guinéens ont été extorqués de ces pauvres gens par ce fameux syndicat, 350 Kg de cola ont été retirés de ces pauvres gens. Alors, les populations qui observent cette situation, et sachant qu’il y a l’illégalité, ont déposé une plainte à la justice de Guéckédou. La justice n’a pas bougé parce que le préfet est impliqué », a expliqué Dr Faya Millimono.

 

Et de poursuivre : « Ce qui s’est passé mardi 07 février 2017, c’est que beaucoup de femmes qui sont allées acheter de la cola, craignant d’être encore victimes, ont été accompagnées par d’autres citoyens à la Mairie de Guéckédou. Et le Maire a convoqué le fameux syndicat qui a refusé de répondre parce qu’ayant l’autorisation du préfet. Le Maire a alors demandé aux femmes d’aller embarquer leur cola pour Conakry. Le préfet ayant entendu cela, a envoyé le Commandant de la brigade mobile de la gendarmerie de Guéckédou avec ses hommes pour intervenir. Au cours de cette intervention, deux personnes ont été accompagnées à l’hôpital, de la scène, dans le coma, cinq personnes violentées ont été jetées en prison. Une manière de dire, dans l’illégalité la plus parfaite, on va leur infliger la violence qui va leur permettre de se rappeler que jamais, on ne doit désobéir, même à quelque chose d’illégale ».

 

L’intervention des autorités du ministère de l’Administration du Territoire auraient permis d’obtenir la libération des blessés en détention.

 

« J’ai entendu parler de cela depuis mardi. J’ai parlé avec les jeunes de Guéckédou, j’ai parlé avec les femmes, avec les sages. Je leur ai dit, ne bougez pas pour ne pas gâter votre droit. J’ai appelé deux avocats qui m’ont confirmé l’illégalité de l’action parce qu’il n’y a aucune loi de la République qui autorise ce qu’ils sont entrain de faire. Mais je n’étais pas satisfait. J’ai appelé le ministre du Commerce, qui est aussi originaire de Guéckédou, qui m’a dit qu’il n’y a aucune loi qui interdit que quelqu’un aille à Guéckédou pour acheter de la cola et la revendre à Conakry. Et donc ce qui se fait est illégal. Mais, il s’est préoccupé de dire, faisons en sorte que la paix soir préservée. J’ai dit, je suis d’accord avec vous Monsieur le ministre. Nous sommes tous amoureux de la paix, mais si nous pouvions tous comprendre que c’est la justice qui amène à la paix, ce sera encore plus facile. J’ai appelé le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. J’ai parlé avec le secrétaire général, qui m’a confirmé l’illégalité et qui m’a dit qu’il va appeler le préfet de Guéckédou pour mettre fin à ce qui est entrain de se passer. Effectivement, grâce à leur intervention, les pauvres gens ensanglantés qui étaient en prison ont pu quand même obtenir la liberté mardi nuit. Ceux qui sont à l’hôpital y sont encore. Voilà la situation qui prévaut à Guéckédou », a-t-il affirmé.

 

L’opposant au régime d’Alpha condé entend poursuivre le syndicat, le préfet, le Commandant de la brigade de gendarmerie de Guéckédou et ses hommes au tribunal. « Nous avons dit à la population de ne pas bouger d’abord. Nous prendrons un avocat qui va défendre ces victimes, ces femmes qui ont été escroquées et celles dont les colas ont été confisquées », a souligné le président du BL avant de conclure : « Et nous allons viser dans la plainte le préfet de Guéckédou, le comandant de la brigade mobile de Guéckédou et ses hommes, le fameux syndicat de Guéckédou. Chacun devra s’expliquer devant la justice au regard de la loi. Et nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout ».

 

Nous avons pu joindre le téléphone pour en savoir plus, mais sa réponse a été très courte : « Je ne suis pas à Guéckédou ». Etes-vous au courant de ce qui se passe ? A-t-on demandé au préfet. « Je vous dis que je ne suis pas à Guéckédou », a-t-il répondu de nouveau.

 

Nous y  reviendrons

Conakry, Guinée, Tél : 224-655-22-22-39

Guilana Fidel Momou