Hausse du prix du kilo de viande à Fria: les autorités locales menacent de fermer la boucherie

14 juillet 2017 19:19:51
2

Ces derniers jours, les citoyens de la cité de l’alumine se plaignent de la montée vertigineuse du prix du kilo de viande sur le marché, a constaté sur place, le correspondant de Guinéenews.

Le kilo qui se vendait à 27 mille fg,  est monté de façon galopante  à 30 mille fg. Ce qui, du coup, a suscité la surprise et l’indignation de moult citoyens.

“Par rapport à la boucherie, le prix de la viande est cher. Le jour de la fête, j’ai acheté un kilo qui n’avait pas atteint le poids. Les bouchers font ce qu’ils veulent dans le marché et cela n’est pas normal “, dénonce Mamadou Sadio Sow.

Même son de cloche pour Salématou Bangoura qui avait du mal à cacher son amertume en ces termes.

“On ne sait pas où on va avec cette pagaille, il n’y a même pas deux jours que j’ai acheté la viande à 27.000 fg, le kilo. Ce matin je viens, on me  dit que le kilo est à 30.000 fg. Les bouchers de Fria se foutent des gens alors qu’ils ne paient même pas les taxes de douanes comme les commerçants. Ce sont eux qui augmentent les prix n’importe comment. Nous sommes d’accord que les autorités prennent leur responsabilité sinon nous allons saccager la boucherie”, a-t-elle menace.

Les bouchers, quant à eux, reconnaissent n’avoir consulté personne pour augmenter les prix. Ils affirment l’avoir fait pour certaines raisons.

“Nous rencontrons les gens de Conakry dans les marchés hebdomadaires pour acheter des bœufs qui coûtent très chers. Le kilo de viande es t vendu à 32.000 fg à Conakry ; 30.000 fg à Tanènè, c’est pourquoi  nous aussi, nous avons augmenté à 30.000 fg à Fria sans consulter personne”, a expliqué Alpha Ibrahima Baldé Vice-président des bouchers.

Pour sa part, Amara Traoré, le président de la délégation spéciale se dit désagréablement surpris par cette augmentation et menace de sévir.

“Je suis désagréablement surpris d’entendre comme tous les citoyens que le prix du kilo de viande est monté à 30.000 fg. Cela dénote encore combien de fois les gens ne veulent pas collaborer avec la commune. Il faut que les gens le sachent une fois pour de bon que la boucherie et  l’abattoir relèvent de la commune. Je ne sais pas comment des tierces personnes peuvent s’assoir et décider  d’augmenter le prix de la viande à Fria au mépris des textes“, a-t-il regretté.

Poursuivant, Amara Traoré hausse le ton et menace de fermer la boucherie si les bouchers ne changent pas de comportement.

“ J’invite le comité de gestion à cet  instant de maintenir le prix du kilo de viande à 27.000 fg jusqu’à nouvel ordre. Si les bouchers  s’entêtent à ne pas respecter les décisions des autorités, j’ordonnerai de fermer la boucherie purement et simple”, a-t-il mis en garde.

Selon les articles 103, 104, 105, et 106 du code des collectivités, l’abattoir et la boucherie relèvent de la commune.

Nous y reviendrons!

 

  • CONDÉ ABOU

    Si vous fermez cette boucherie, sans trouver une solution médiane avec les artisans et gestionnaires de la boucherie, vous n’aurez absolument rien règlé. Les gestionnaires de la boucherie ne sont pas forcément les éleveurs ou les vendeurs de boeufs. Ils sont le plus souvent, des acheteurs de bétail et qui tirent leurs revenus de la distribution de la viande aux consommateurs.

    La situation de l’élevage est structurellement très compliquée en Guinée, et vous ne pouvez pas faire semblant d’ignorer la réalité du marché aussi bien en Guinée que dans les pays voisins.

    L’offre de viande est en forte baisse par rapport à la demande surtout dans la quasi totalité des centres urbains du pays, pour la simple raison que le secteur de l’élevage ne fonctionne pas du tout depuis des décennies. Prenez les chiffres du Mali, du Niger, du Sénégal, du Burkina Faso, et vous comprendrez à quel point la Guinée est en retard au plan de la sécurité alimentaire.

    Si vous refusez de trouver le compromis qui éviterait la faillite économqiue des bouchers, ce qui risque d’arriver, c’est qu’ils s’en iront ailleurs. Et vous serez les seuls responsables des souffrances de la population de Fria.

    Une entreprise de boucherie ne peut fonctionner comme une Commune populaire ou comme un bureau de l’administration publique. Les artisans comprennent tous les problèmes en amont et savent comment se conformer aux règles du marché, sans se casser la figure pour les beaux yeux de quelqu’un.

    Si votre décision était équitable et raisonnable, l’on aurait envie de vous demander, quel service l’administration publique rend à tous ces artisans qui se débrouillent avec leurs propres ressources individuelles ?

    C’est la même dictature de la puissance publique presque partout dans ce pays, et c’est pourquoi, nous allons toujours avoir des problèmes inutiles, parce que notre Administration est championne dès qu’il s’agit de mélanger les causes des problèmes et leurs effets. Dommage.

  • FSinibaldi

    El vivo canto.

    En la parte
    superior de la
    montaña siento
    una sombra
    y el candil
    candoroso que
    recuerda silente
    el brillante
    sabor.

    Francesco Sinibaldi