Hadj 2017 : sainte pagaille avant l’envol des pèlerins pour les mosquées saintes

08 août 2017 16:16:20
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En Guinée, les préparatifs du Hadj se suivent et se ressemblent. Chaque année, ce sont les mêmes problèmes pour nos pèlerins qui ont, pourtant, déboursé plus de 40 millions de francs guinéens.

Cette année, comme en 2016 également, nos pèlerins sont confrontés, à la sainte pagaille, à l’amateurisme, à la médiocrité et au désordre. Or, le temps file et le premier convoi est prévu pour le 10 août. Plus la date approche, plus les pèlerins affluent vers le centre islamique. Et c’est le débordement.

Pour mieux comprendre le calvaire de nos candidats, certains très âgés, nous étions, ce matin, au centre islamique de Donka. Là, les frustrations fusent de partout.

Là, où il y a de l’ordre, c’est bien au portail de la grande cour du centre islamique avec la présence, en grand nombre, d’un contingent de policiers qui veuille au grain. Les policiers sont également visiblement le long des couloirs.

Et quand vous franchissez le grand portail, c’est à se demander dans quel monde vous y êtes. Est-ce une maison de Dieu ? Est-ce un marché ? Est-ce un centre islamique ?

Première difficulté, il n’y a aucun semblant d’organisation visible sur le terrain. Les pèlerins font des va-et-vient. En face, ils n’ont aucun interlocuteur pour les orienter, ou pour répondre à leurs préoccupations. Les responsables, apparemment débordés, fuient les pèlerins. Pis, leurs bureaux sont envahis. On partage des tenues dans tel bureau, des femmes mangent dans l’autre.

Interrogé, un vieux originaire de Pita ne cache pas ses sentiments. « Franchement; c’est le désordre total ici. J’étais venu le matin pour la vaccination. Ils nous ont dit de rentrer à la maison. Arrivé à la maison, ils m’ont rappelé encore de revenir. Je suis venu., je ne vois personne. Depuis une heure, tout le monde me fuit. Je suis fatigué de faire les va-et-vient sous la pluie ».

Deuxième difficulté, il y a un manque de communication sans précédent. Les pèlerins tapent à toutes les portes à la recherche d’information. Mais aucun répondant. Ils ne savent pas quand ils seront vaccinés, ni comment avoir leur uniforme. Et si la pluie tombe, c’est le sauve-qui-veut. Aucun abri.

C’est le cas de Souleymane Sow, qui désire aller à la Mecque avec sa mère. Les deux candidats, originaires de Porédaka dans Mamou, séjournent à Conakry depuis une semaine. « Cela fait trois jours que je viens ici avec ma mère pour la vaccination. Mais je n’y comprends rien. On souffre trop. Ils ont volé mon téléphone que j’ai acheté à 1,2 millions de francs guinéens ».

Troisième difficulté, le centre islamique est envahi par des petits vendeurs de toutes sortes, qui vont jusque dans les bureaux à la recherche des clients. Les uns vendent des chapelets ou des livres coraniques. D’autres des alimentations. D’autres encore des sacs de voyage. D’autres enfin des objets.

Pour tenter de recouper notre information, nous avons rencontré le directeur chargé de pèlerinage, très affairé. Il ne voulait même pas sentir la presse, tant il a l’air débordé.

« Pourquoi me suivez-vous ? Gare à vous, si vous publiez ma photo. Je vais porter plainte contre vous. Je vous ai dit d’attendre le point de presse du secrétaire général des affaires religieuses, qui vous donnera d’amples informations. Moi, je ne peux rien vous dire. Actuellement, il a pris tous les passeports, il est parti à l’ambassade pour les visas », a-t-il lâché.

Pour rappel, le pèlerinage n’a été bien organisé qu’au temps de Dr Moustapha Koutoub Sanoh sous la transition militaire. Depuis son départ à la tête du secrétariat général des affaires religieuses, le Hadj va de mal en pis.

 

 

 

 

 

  • Adolf Condé

    Mr Alpha CoNdé est le patron et le commanditaire de tous les désordres en Guinée. Il nomme des cadres incompétents et malhonnête comme lui-même. En privilégiant les militants zélés du RpG, et en s’occupant de tout, il tue la nation Guinéenne à petit feu.

  • Alseny Bangoura

    C’est une honte nationale