Hadj 2017 : calvaire sans fin pour les candidats au centre de Donka

10 août 2017 15:15:43
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Le premier convoi des pèlerins pour le Hadj 2017 à la Mecque a quitté Conakry mercredi 9 août 2017. Deux autres convois sont prévus pour ce 10 août. Au centre islamique de Donka où se font les enregistrements, il est indiqué sur des fiches que le 2ème convoi comporte 354 pèlerins alors que le 3ème en a 269.

Ce jeudi 10 août, au centre islamique, beaucoup de pèlerins ou leurs proches ont soulevé des difficultés qu’ils rencontrent, notamment dans l’accès au centre et dans la salle d’enregistrement. Selon certains, pour entrer à l’intérieur de la cour, il faut payer de l’argent aux policiers qui sont à l’entrée.

« Moi je suis venu accompagner ma mère, mais pour que j’entre dans la cour, il a fallu que je donne 5000 GNF aux policiers à la porte là-bas. Il faut que j’accompagne ma mère pour l’aider à faire certaines courses ici, surtout qu’elle est venue de l’intérieur du pays », explique Ousmane Condé.

Une fois la porte franchie, d’autres obstacles peuvent se poser pour la vaccination ou l’enregistrement. Oumar, venu accompagner son père, soutient que non seulement il a payé à la porte, mais « il y a une pagaille à l’intérieur ».

« L’ordre d’arrivée n’est pas respecté. Quand tu fais la queue, tu peux voir d’autres entrer se faire vacciner. Les responsables font face d’abord à leurs proches ou ce qui leur donnent de l’argent », ajoute-t-il.

Une autre catégorie de personnes qui se plaignent c’est les femmes commerçantes. Elles disent avoir l’habitude de partir pour vendre aux Guinéens de l’Arabie saoudite différents articles venus de la Guinée.

Adossée à un pilier, une dame explique à une connaissance que le mercredi nuit, le premier convoi est parti laissant derrière lui 27 personnes. « Cette femme que tu vois là, on l’a appelée hier mais elle n’est pas partie, parce qu’elle ne veut pas partir sans ses bagages», dit-elle à son interlocuteur.

«Nous, notre problème, c’est que nos bagages ne sont pas embarqués. Chaque année on va en Arabie saoudite. Mais d’habitude on partait avec nos bagages pour aller vendre. Avant, on partait préparer pour les pèlerins. Maintenant ils disent qu’il n’y a plus de préparation à faire. Ce qui fait que maintenant on va avec d’articles à vendre pour pouvoir compenser nos frais de transport. L’année dernière, c’est l’imam qui nous a aidées à partir. Cette année aussi nous voulons qu’on nous aide. Les deux premiers convois sont partis, nos bagages n’ont même pas été pesés. Toutes les femmes que vous voyez ici, c’est ce problème que nous avons», raconte Mariama.

Entre elles, ces femmes disent d’aller voir le secrétaire général des Affaires religieuses pour le plaider afin qu’il autorise l’embarquement de leurs marchandises. Il reste à savoir s’il va accepter cela ou non. En tout cas elles ne vont pas pour accomplir le 5ème pilier de l’islam, mais plutôt faire le commercer.