Guinée : L’AFD et l’UE présentent les résultats de préfaisabilité de 6 mini-barrages

07 décembre 2017 11:11:37
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De par son important réseau hydrographique et sa pluviométrie abondante, la Guinée dispose d’un grand potentiel énergétique par rapport à ses voisins de la sous-région, avec des ressources hydroélectriques estimées à 6.000 mégawatts. L’exploitation de ce potentiel permettra de développer des pans importants de l’économie nationale en particulier le secteur minier et augmentera les possibilités pour le pays d’exporter son énergie.

Selon une étude récente initiée en de l’élaboration d’un prospectus d’investissement, 14% de la population aurait accès à l’électricité, mais seulement 2% environ en milieu rural. Préoccupé donc par cette situation, le gouvernement guinéen a identifié des sites de petits barrages dans les 4 régions naturelles du pays, dont la réalisation permettrait d’améliorer l’accès à l’électricité des acteurs économiques (industries légères, agroalimentaires, développement de métiers d’artisans, exploitation de ressources naturelles) et des populations des localités isolées.

Dans ce contexte, le ministère de l’Energie et de l’Hydraulique, par l’entremise de la direction nationale de l’Energie, a sollicité l’appui de l’Agence française de développement et de l’Union européenne pour le financement des études de faisabilité et de la construction de 4 mini-aménagements électriques situés chacun dans les 4 régions naturelles du pays. Ce sont : Foko, à Molota, dans Kindia pour la Basse Guinée, Bagata à Tougué pour la Moyenne Guinée, Tinkisso dans la préfecture de Dabola pour la Haute Guinée, et Lokoua à Macenta pour la Guinée Forestière. A ceux-là, s’ajoutent deux autres sites qui ont été identifiés par les experts, notamment Kambaly à Tougué et Palan à Macenta.

Ce mercredi 6 décembre, les résultats de ces études de faisabilité ont été présentés au ministre Cheick Taliby Sylla de l’Energie et de l’Hydraulique. C’était en présence de la directrice de l’Agence française de développement (AFD), Mme Patricia Aubras, du chef de la délégation de l’Union européenne (UE), Gerardus Gielen, ainsi que de plusieurs partenaires.

Ces études visent à consolider le périmètre technique, les enjeux et les impacts des projets ont été réalisés par une équipe d’experts de la Facilité Assistance Technique de l’Union européenne. Elles ont été menées sur 6 sites et ont déterminé leur potentiel et leurs coûts estimatifs.

Pour chaque site, il s’agit de la construction d’un barrage, d’une centrale de production hydroélectrique, des réseaux de moyenne et basse tensions pour l’électrification des localités avoisinantes, avec des puissances à installer estimées entre 5 et 20 MW par site.

Selon les porteurs du projet, ces études ont été menées dans le souci d’optimiser les sites et les réseaux tout en limitant les impacts sur les écosystèmes environnementaux et sociaux.

Saisies par le gouvernement, l’AFD et l’Union européenne ont marqué un accord de principe sur une enveloppe globale de l’ordre de 60 millions d’euros, soit 20 millions au titre de la facilité énergie de l’Union européenne et 40 millions de financement de l’AFD.

« Il va de soi que cette enveloppe n’est pas forcément suffisante pour financer la construction de 4 mini-barrages. Et dans le cadre des études que nous conduisons, nous avons un volet qui vise à travailler avec la Guinée, à l’aider à trouver d’autres bailleurs de fonds, à mobiliser d’autres financements pour qu’à termes, l’ensemble des projets puissent être mis en œuvre », a clarifié la directrice de l’AFD.

L’énergie est devenue le premier domaine de financement de l’Union européenne en Guinée. Ce, grâce aux concours de la Banque européenne d’investissement, du Fonds fudiciaire pour les infrastructures, du Plan européen d’investissement extérieur et de la Facilité d’assistance technique. Les financements en cours représentent 150 millions d’euros, et le portefeuille continue de s’agrandir, entre autres, à travers le projet de préfaisabilité de ces 6 sites de petite hydroélectricité destinés à l’électrification rurale.

Cet effort est en droite ligne avec la déclaration conjointe signée en juin 2017 entre les autorités guinéennes, l’Union européenne et la France, afin de renforcer la coopération en matière d’énergie.

Aux dires de l’ambassadeur du chef de la délégation de l’Union européenne, cet accord a pour objectif d’améliorer l’accès aux ressources d’énergie renouvelable, aussi dans les zones rurales où les besoins sont les plus grands.

« Il vise également à renforcer les liens politiques entre les engagements pris par la Guinée en matière de politique énergétique lors de la COP 21 et l’aide financière fournie par l’Union européenne et d’autres cosignataires bailleurs de fonds », a déclare M. Gielen.

Après ces études de préfaisabilité, place à présent aux études de faisabilité à l’issue desquelles l’opinion publique aura une notion plus précise sur le coût que nécessitent ces investissements. La prochaine étape donc est dédiée à ces études qui vont s’étendre sur une bonne partie de l’année 2018 en vue de pouvoir réaliser les études de faisabilité, et procéder à la mobilisation des financements. Les premiers travaux proprement dits du projet sont annoncés pour 2019.

  • CONDÉ ABOU

    Dieu seul sait comment fonctionne le portefeuille des projets publics dans ce pays.
    Le 30 Août 2017, c’est le même Ministère de l’Energie et de l’hydraulique en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour le Développement Industriel (ONUDI) qui avait présenté à Conakry, l’étude de faisabilité détaillée du projet d’aménagement du micro-barrage hydroélectrique de Keno dans la Préfecture de Guéckédou.

    Coût total du projet: 28 millions 443 mille 176 de Dollars US. Tout le travail est donc déjà fait par le Bureau d’Etudes Allemand Fichtner.

    Selon les promoteurs, le projet a pour enjeu d’assurer la disponibilité d’une alimentation électrique fiable et durable de la préfecture de Guéckédou et ses environs et de promouvoir les investissements privés (PME-PMI) en stimulant le partenariat économique en faveur de Guéckédou.

    L’étude de faisabilité, présentée en grande pompe au public, avait abouti à la conclusion que le potentiel hydroélectrique du micro-barrage de Keno est de l’ordre de 12 MW avec une offre d’énergie moyenne évaluée à 18, 607 GWH par an.

    L’un des avantages majeurs du projet résidait, selon l’étude Allemande, dans la réduction de l’utilisation de la biomasse qui représente 78% de la consommation de 90% des ménages de Guékédou, par la substitution des énergies renouvelables qui contribuent à l’atténuation des gaz à effet de serre.

    Le projet de Keno a été prévu comme un aménagement de dérivation au fil de l’eau fonctionnant en régime isolé dont le coût total est de 28 millions 443 mille 176 Dollars US.

    Selon le résultat de l’analyse économique faite par le Bureau d’études Allemand Fichtner, le projet est économiquement un très bon projet. Son taux de rendement interne représente 23,9% et son ratio bénéfices/coûts est égal à 3,80. La valeur actuelle nette de 77, 7 Millions de Dollars US est jugée également positive.

    Si l’on met bout à bout, toutes les informations, et pour avoir le coeur net sur les conclusions des Allemands, l’on peut dire sans aucun doute que le taux de rentabilité interne (TRI ou TIR) est un taux d’actualisation qui annule la valeur actuelle nette d’une série de flux financiers (en général relatifs à un projet avec un investissement initial suivi de flux de trésorerie positifs).

    Et comment calculer le taux de rendement des biens immobiliers ou dans une entreprise ou un projet quelconque ? Pour obtenir le taux de rendement, on divise le montant des revenus de placement par le montant investi. Par exemple, si un placement de 1 000 $ rapporte des revenus de 80 $ par année, le taux de rendement est de 8% (80 $ 1000 $).

    Sur le marché, l’investisseur prendra sa décision, au regard de ces différents indicateurs. Si le TRI du projet industriel ou immobilier ressort à 4,60 % et que le TRI de l’investissement en titres d’Etat sur le marché financier ressort à 4,20 %, l’investisseur devra décider si la différence de 0,40 % justifie la prise de risque liée au marché industriel, énergétique ou immobilier.

    MORALITÉ:

    Que s’est-il passé entre Août 2017 et aujourd’hui et qu’est-ce qui justifie la décision actuelle du Ministère de l’Energie de confier 6 nouveaux projets de barrages hydroélectriques à l’AFD et à l’Union Européenne ? Et que devient le projet Keno de Gueckedou si proche pourtant de celui de Macenta que l’on vient de présenter au lecteur ?

    Doit-on comprendre que tout le financement consacré au projet de Guékédou et tout le temps mis pour boucler l’étude de faisabilité n’auront servi à rien du tout ?

    Voilà pourquoi, l’on ne comprendra jamais comment l’Administration fonctionne dans ce pays, même devant des évidences économiques et financières les plus terre à terre et les plus indiscutables.

    Après toute la propagande sur le projet hydroélectrique de Guéckédou en Août 2017, dites-nous comment les populations locales réagiront devant vos décisions nouvelles que l’on vient de lire dans ce papier de Guineenews.

    C’est quand même incompréhensible et indéfendable sur toute la ligne pour le citoyen ordinaire.

    Merci pour la courtoisie de Guineenews. Mais l’on ne voit pas du tout, où l’on se dirige en toute franchise dans le développement des barrages hydroélectriques dans les provinces du pays .