Guinée : Khaly, un district de Kindia oublié par l’État (Reportage)

21 novembre 2017 12:12:54
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Situé à 25 kilomètres de la commune urbaine de Kindia, le district de Khaly manque de tout.  Il n’y a ni eau potable, ni route ni centre de santé encore moins l’école. Les populations dont l’activité principale demeure l’agriculture, attendent du pouvoir public la réalisation des infrastructures pouvant désenclaver leur district. Une zone productrice de production par excellence du riz et du vivrier.

Difficultés dans la production agricole et l’acheminement des produits vers le centre-ville 

« Ici nous, cultivons du riz, du piment et de l’aubergine mais notre district est enclavé. Nous n’avons pas de moyens pour évacuer nos produits vers le centre-ville. Pas de routes, celles qui existent sont impraticables. Nous enregistrons des pertes chaque année, surtout pendant la saison pluvieuse. Nos produits pourrissent surplace. Les pistes rurales, pendant cette période, sont impraticables. Aucun camion n’ose se déplacer pour les villages », explique Mariam Ciré Soumah, présidente de l’Union des producteurs de Maraîchères de Khaly.

En dehors des voies de communication, il existe un autre problème qui empêche les paysans de Khaly de produire beaucoup et d’inonder les marchés des grandes villes : Le manque de machines agricoles et de magasins de stockage. Les femmes de cette contrées constituées en groupement, cultivent le riz, l’aubergine, le piment, la tomate, l’oignon, le gombo, l’épinard….Mais hélas ! elles rencontrent de nombreuses difficultés pour conserver leurs produits. Elles interpellent les responsables du ministère de l’Agriculture afin qu’une assistance leur soit apportée.

Manque de centre de santé, d’eau potable et de lieux de loisir

Quant au centre de santé, c’est un autre casse-tête chinois pour les habitants de Khaly et environs. Les soins primaires inexistants, l’accouchement difficile pour les femmes de la zone qui, pour avoir accès à un centre de santé doivent se déplacer sur de longues distances et à des coûts élevés. Les populations de Khaly sont exposées à toutes sortes de maladies. Tenez ! Elles se servent encore de l’eau du marigot pour boire et faire la cuisine.

Il faut rappeler que le district de Khaly compte huit secteurs. Mais aucun de ces secteurs ne possède un lieu de loisir. Les jeunes après le travail, ne savent pas où aller pour se distraire.

Manque de routes et d’écoles 

Que ce soit à Khaly ou à Sinaya, un autre village enclavé derrière une montagne, les réalités sont les mêmes : Manque de route, d’école, de poste de santé. Les enfants vont à l’école coranique ce qui n’est pas suffisant. « Nos enfants font seulement l’école coranique parce qu’il n’y a pas une autre. Nous avons fait plusieurs requêtes aux autorités pour nous aider à construire au moins trois salles de classes, mais en vain. Fatigués d’attendre, nous avons commencé nous-mêmes la construction de ces trois salles de classe sur fonds propre….On s’interroge aujourd’hui sur la destination du fonds, que la Compagnie de Bauxite de Kindia donne chaque année, comme taxe minière à la préfecture », s’interroge Soriba Camara, chef secteur.

Aujourd’hui, ces districts et secteurs ont besoin de l’appui inestimable des autorités du pays pour les désenclaver car, ce sont des zones de production agricole par excellence.