dimanche, 26 mars 2017, 05:21 GMT

 

Après la rencontre des responsables syndicaaux à l’origine de la grève dans le secteur de l’éducation, avec le président Alpha Condé, mercredi dernier, une rencontre s’est tenue ce jeudi 16 février à la Bourse du Travail. Objectif, faire le compte rendu des échanges avec le chef de l’Etat.

 

« Ce qu’on peut vous dire aujourd’hui, on ne lèvera pas la grève tant qu’on n’est pas satisfaits. Donc la grève continue », a déclaré Abdoulaye Camara, président de la commission de négociations.

 

Mais avant, un compte rendu des différentes discussions avec le président de la République a été fait.

 

BenSoribaCamaraDans son intervention, Ben Soriba Camara a rapporté que lors des échanges avec le chef de l’Etat, ce dernier leur dit qu’il était prêt à engager tous les contractuels qui ont fait huit ans de service. « Il nous a demandés qu’en ce qui concerne les contractuels, ceux qui ont huit ans de service seront engagés immédiatement. Ceux qui sont en dessous de ça, seront pris au cas par cas. Il a demandé voir dans quelles mesures on va engager les autres, mais à conditions qu’ils fassent une année de formation avec leur salaire à l’appui », précise M. Camara.

 

L’autre point sur lequel le président Alpha Condé a opposé son refus catégorique, c’est la valeur monétaire du point d’indice qui est de 1030. 

 

« Il a dit qu’à l’heure qu’il fait, il ne peut pas augmenter. Il a demandé à ce qu’on revienne négocier avec les techniciens, mais que pour l’instant il n’augmente pasIl a dit que toute négociation qui amènerait à une augmentation de salaire qu'il n’est pas favorable », a-t-il ajouté.

 

L’autre point acquis il y a près de dix ans, mais qui n’est toujours pas appliqué, c’est la prime de documentation qui est de 300 mille GNF.

 

« Il y a un autre point sur lequel le président n’est pas informé. C’est sur le point des 300 mille de la prime de documentation. Depuis 2008, l’enseignant guinéen devait récupérer ces 300 mille. Mais aucun n’en a bénéficié. La réponse du président de la République, c’est de demander qui se documente. On lui a dit que tous les enseignants se documentent pour préparer la leçon. Sur la question, il a été quelque peu évasif », a expliqué Aboubacar Soumah, secrétaire général adjoint du syndicat des enseignants, avant de dire que le président Alpha Condé les a ridiculisés au niveau de certains points, notamment celui des homologués. « Concernant les homologues, il a essayé de nous ridiculiser. Il a dit qu’il ne comprend pas. On lui a dit qu’un homologue, c’est l’assistant de l’enseignant. C’est finalement qu’il a compris », affirme M. Soumah.

 

syndicatsS’agissant de la rétrogradation des fonctionnaires, le président de la République n’aurait pas bien compris le sujet. « Quand il demande à ce qu’on dresse une liste de ceux qui sont concernés par cette rétrogradation, je crois qu’il n’a pas compris. Etant entendu que tous ceux qui ont migré de l’ancienne grille indiciaire à la nouvelle, tous ceux qui ont subi l’éclatement des différentes hiérarchies, ont subi des rétrogradations. Donc cela concerne l’ensemble des fonctionnaires. Ce qu’il n’a pas compris parce qu’il demande de dresser une liste », martèle le syndicaliste.

 

Dans leurs revendications, les syndicalistes ont demandé à ce que le salaire des anciens dans le secteur soit revalorisé.  « En ce qui concerne l’ancienneté, il a dit de mettre en place une commission qui va travailler sur ça », a-t-il poursuivi.

 

Pour terminer, Abdoulaye Camara a fait savoir que le syndicat de l’Education tient beaucoup au point de l’indice salarial. Si le président de la République n’est pas favorable à ce point, il a tout de même demandé à ce qu’une commission soit mise en place. Mais pour l’heure, «l’inter syndicale  n’a pas réagi par rapport à cette proposition.» Et la grève se poursuit.

Alhassane Bah