Guéckédou: des Femmes députés en sensibilisation pour le respect de leur quota lors des élections

13 juillet 2017 16:16:03
0

Le mardi 11 juillet 2017, dans la salle de réunion de la préfecture, s’est tenue la rencontre entre la délégation des Femmes Parlementaires de Guinée et les femmes de Gueckédou. Devant les femmes issues de partis politiques et de la société civile, Honorable Fatoumata Binta Diallo a dit : «  Nous sommes dans la préfecture de Gueckédou pour un objectif bien déterminé. Nous sommes réparties en 4 groupes : un groupe est déjà parti en Basse Guinée, un en Moyenne Guinée, un en Haute Guinée et nous, on fait la Guinée Forestière. Nous sommes ici pour mobiliser les femmes à la base pour les informer sur leurs droits. Sur 114 députés de l’Assemblée nationale, il y a seulement 25 femmes.
Nous tendons vers les élections locales. Vous savez que depuis l’indépendance en 1958, nous avons toujours accompagné les hommes.  Nous nous battons non seulement pour la cause du peuple mais aussi
pour la cause des femmes. Il n’y a que 6 femmes sous-préfets sur 305, 2 femmes préfets sur 33, une seule femme gouverneur sur 8 ; 10 femmes ministres sur 35  membres du gouvernement. Dans vos quartiers et
districts, donnez-moi une seule femme présidente de district ou chef de quartier ? ». Les femmes présentes à la réunion  ont répondu par la négative. Et l’honorable Fatoumata Binta Diallo de poursuivre : « Voilà pourquoi nous venons vous rencontrer à la base pour vous demander de vous  intéresser  à la politique, être dans les structures pour occuper les postes de prise de décisions.  Il faudrait qu’on s’aime, qu’on mette la jalousie de côté. Si nous voulons, on s’engage, franchement, nous allons gagner. Je vous prie de
vous donner la main et de vous engager en politique. Nous demandons au Président de la CEPI qui est là, de rejeter toute liste qui ne respecte pas les 30%  des femmes aux élections locales. Il ne s’agit pas
de mettre seulement les 30% de femmes, il faut qu’on les positionne bien (un homme, une femme) sur la liste. Que ça soit la liste de candidatures des partis politiques ou celle de candidatures indépendantes, il faut que le quota soit respecté conformément au code électoral. Nous visons plus haut. Une fois que les 30% seront respectés, nous pensons aller à l’égalité (un homme, une femme) parce que nous naissons tous égaux. Il faut que les hommes apprennent à nous respecter. On n’est pas là seulement pour la cuisine, pour aller au champ
labourer ou chercher le bois de cuisine, alors que les hommes sont assis gaillardement », a-t-elle insisté.
Selon l’honorable Ramatoulaye Laho Diallo, la Constitution guinéenne stipule que l’homme et la femme sont tous égaux. Mais dans certaines
coutumes, la jeune fille ne part pas à l’école, elle n’apprend pas le Coran. Pourtant, quand une femme est instruite, elle s’occupe bien des enfants. L’honorable Mariame Tata BAH a ajouté : «   Nous ne sommes pas là pour une révolte, mais nous sommes là pour que vous vous réveilliez. Ayons, nous la gent féminine de ce pays, le courage de réclamer nos droits. Une fois à l’assemblée, j’avais posé une question au ministre de la
Fonction Publique. J’ai dit : ‘’Monsieur  le Ministre, en voyant le nombre de femmes qui vous accompagnent ici, on dirait qu’il n’existe pas de femmes
cadres en République de Guinée. Vous avez dit ici qu’il y avait plus de 7000 femmes cadres supérieures à la Fonction Publique. Et pourtant, il n’y a que trois seulement qui vous accompagnent ici. Alors, que faites-vous  de l’équité dans ce pays ?’’ La réponse qu’il nous a donnée, c’est ‘’oui, on verra ça’’ », déplore-t-elle. Réveillons-nous, parce qu’un Président de la République ne peut nous nommer que lorsqu’il nous voit dans l’arène politique. Nous ne vous demandons pas de désobéir à vos maris, mais nous ne
sommes plus des objets. On peut tuer tous les hommes d’aujourd’hui et la vie va continuer. Pourquoi ? Parce qu’en tuant tous les hommes, il se peut qu’une femme
soit en grossesse. Mais lorsqu’on tue toutes les femmes, est-ce qu’il aura la vie ? », a-t-elle demandé à l’assistance. La réponse fut ‘’non’’,  sous un tonnerre d’applaudissements.

Quant à l’honorable Anne Marie Mansaré, elle a fait comprendre que ce n’est pas une façon de dresser les femmes contre  les hommes.

L’honneur est revenu au préfet de Guéckédou de conclure en ces termes : «  c’est vous le baromètre de la
société. Vous êtes la colonne vertébrale de la société. Les femmes s’engagent difficilement à cause des charges familiales.»

De l’avis général, les jeunes députés devraient vraiment emboîter le pas à ces braves femmes parce qu’ils sont eux aussi marginalisés quand il s’agit de nommer à des  postes de décision.