Grève des enseignants: suspendu, Aboubacar Soumah proteste et maintient le mot d’ordre

11 novembre 2017 19:19:46
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Rien ne va au sein du Syndicat Libre des Enseignants Chercheurs de Guinée (SLECG). Suspendu par son Secrétaire Général, Souleymane Sy Savané et la suspension entérinée par l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG), Aboubacar Soumah, le Secrétaire Général adjoint du SLECG n’entend pas se laisser faire.

Requinqué par la mobilisation de ses camarades au cours de l’assemblée extraordinaire du SLECG, Aboubacar Soumah a lancé un appel à la mobilisation pour le mot d’ordre de grève. « Qu’on ne se prête pas à la désinformation, à la pression du pouvoir ni à l’intimidation et à toutes sortes d’exactions qu’ils sont en train de mener. Une fois la grève engagée, ils font multiplier ces exactions, passer de porte en porte pour nous faire fléchir. Donc tenons bien, c’est seulement au bout cela que nous allons réussir», a lancé Aboubacar Soumah.

Dans son intervention, l’enseignant Aboubacar Soumah a invité ses collègues à ne pas «suivre la désinformation orchestrée par le Gouvernement et ses acolytes qui sont par ailleurs, membres du Bureau Exécutif du SLECG ».  Ces dissidents, affirme-t-il, ont pris l’autre côté et ils se sont permis de tenir des déclarations et écrire des messages de suspension contre nous autres responsables du Bureau Exécutif du SLECG  qui sommes en train de servir  la base.

« Le syndicat, c’est la base  et la représentativité. Le Bureau Exécutif n’est que le représentant de la base  qui n’exécute que les ordres venant de celle-ci», a-t-il indiqué.

Poursuivant, il déclare : « étant fidèles à cette ligne, c’est pourquoi nous nous sommes inscrits dans ce combat en prenant toute la responsabilité de signer cet avis de grève. Ceux qui luttent, ce sont ce sont eux qui vivent.»

Pour le syndicaliste Soumah, c’est un manque de volonté de la part du Gouvernement en ne voulant pas respecter un des points de leurs revendications, celui relatif au point d’indice 1030 qui constitue, dit-il, un acquis depuis 2007.

«Aujourd’hui, on nous fait comprendre que le Budget ne peut pas supporter ceci ou cela. Ce n’est pas vrai. Lorsque l’expert international était venu et après avoir recueilli tous les différents points de vue des différentes entités, c’est-à-dire le Syndicat, le Patronat, la Société Civile et le Gouvernement, après son analyse, il nous a été présenté que la valeur monétaire du point d’indice 1030  avait une charge de 51 milliards par mois pour l’ensemble des travailleurs. Est-ce que cela n’est supportable par notre Budget.  Donc au lieu de nous payer ceci, ils font l’étalage du paiement sur deux ans, ce qui fait que nos camarades qui iront à la retraite au mois de décembre, ne le bénéficieront pas alors que c’est un acquis qu’on a eu depuis 2007 », a-t-il déploré avant d’enfoncer le clou : «ils nous ont fait croire qu’en élaborant une nouvelle grille salariale que l’ensemble des travailleurs de la République de Guinée sera satisfait. C’est la montagne n’a accouché d’une sourie… Il n’y a pas eu d’augmentation parce que quand ils ont appliqué la nouvelle grille salariale, nous avons constaté une rétrogradation, c’est-à-dire une baisse de salaire. Nous avons constaté que ceux qui viennent d’être recrutés, ont un salaire qui dépasse les anciens. Donc, l’ancienneté n’a pas été prise en compte. Il y a eu tellement de manquements et de frustrations que si on ne se lève pas pour se battre, nous serons à la merci de la société comme tel est le cas aujourd’hui. Quand vous rencontrez un enseignant, vous avez le cœur brisé ».

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