Grève des enseignants : point de la situation dans les régions

30 novembre 2017 20:20:22
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Depuis trois semaines, une grève frappe de plein fouet le système éducatif guinéen. Et déjà, on enregistre trois (3) morts, de nombreux dégâts et la perturbation ou l’arrêt même des cours dans certains établissements de Conakry ainsi que dans certaines villes de l’intérieur.

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La ville de Lélouma n’a pas été épargnée par la grève qui secoue la vie scolaire en Guinée. Malgré la rencontre des autorités préfectorales, de la coordination des APEAE et la DPE qui a abouti à une invitation faite aux enseignants et les élèves pour la reprise des cours le mardi 28 novembre, les cours n’ont pas effectivement repris. On notait la présence de quelques élèves mais les activités scolaires sont restées paralysées dans les établissements scolaires.

A Kankan, l’appel du syndicaliste Aboubacar Soumah n’a pas été suivi. Les activités pédagogiques et scolaires se déroulent normalement aussi bien dans le public que dans le privé et à tous les cycles confondus comme si de rien n’était.

Le même constat a été fait à Kouroussa. Et pour cause, « l’intervention de notre syndicaliste nous a découragés, il a dit au ministre qui lui promet que n’ira en grève et il a même créé un mouvement appelé Mouvement Alpha le Vainqueur (MAV). Une situation qui nous fatigue », nous a signalés un enseignant dans l’anonymat.

A l’image des villes voisines, Kérouané n’a pas ressenti les secousses de la grève scolaire. Tout de même, il est à signaler que la troisième journée a été marquée par une interruption des cours à 11 heures au secondaire par crainte de pagaille mais l’élémentaire a n’a pas été affecté. Sur le calendrier scolaire, Mory Gnama Kaba directeur de l’école primaire Koya Amara CAMARA, nous a confié que cette grève n’aura pas de conséquences sur les programmes et que les autorités de l’éducation scolaire s’apprêtent pour l’élaboration du calendrier des évaluations.

Une campagne menée par Bachir Diallo Directeur préfectoral de l’éducation a permis de dissuader les enseignants car « elle est illégale », selon ses termes.

Le mot d’ordre de grève lancé depuis le 13 novembre dernier par certains responsables du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), n’a pas été du tout suivi à N’Zérékoré. Toutes les écoles ont ouvert et les cours se déroulent normalement comme d’habitude avec la présence effective des élèves et enseignants.

Au micro de Guineenews, le représentant du SLECG a indiqué ne pas avoir reçu de consigne de la part de la hiérarchie. Quant aux enseignants, la plupart d’entre eux ont confié à notre correspondant ne pas comprendre la démarche de leurs collègues grévistes.

Le mot d’ordre de la grève a été partiellement suivi en fin de semaine dernière mais dès le lundi 27 novembre dernier, les professeurs des collèges et lycées de Tougué ont boudé les salles de classe et les élèves qui effectuent le déplacement, repartent dans le calme chez eux. Au niveau élémentaire, les enseignants répondent présents mais les bancs restent inoccupés.
La préfecture de Boké, récemment troublée par des crises socio-politiques, a suivi à la lettre le mot d’ordre. Depuis deux semaines, les cours sont paralysés et les enseignants ont suivi Aboubacar Soumah dans sa lutte. Une situation qui inquiète le Directeur préfectoral par intérim Ahmad Soumah : « nous sommes inquiets pour nos élèves car Boké en plus d’un mois de cours perdu suite aux remous sociaux, est perturbée par cette grève.
A Beyla, un circulaire traitant la grève d’illégale, a circulé au lendemain de son déclenchement et cet acte administratif a affaibli la motivation des enseignants malgré leur solidarité à la cause syndicale.  Les cours se tiennent sans perturbation dans tous les cycles du système de l’enseignement.

Nous reviendrons dans une autre dépêche sur la situation dans d’autres villes guinéennes pour vous faire vivre la crise scolaire.