Grève des enseignants : Les quatre syndicalistes libérés, la levée de la grève attendue

20 novembre 2017 22:22:07
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Grâce à la médiation du Conseil Economique et Social, les leaders syndicaux arrêtés samedi par des gendarmes ont été libérés ce lundi soir par un procureur du tribunal de première instance de Kaloum. Ils doivent se retourner au parquet du tribunal de Kaloum mercredi. Pendant ce temps, espérée par les médiateurs et les parents d’élèves, la levée du mot d’ordre de la grève reste attendue.

« Seul le secrétaire général Aboubacar Soumah est habilité à déclarer la levée du mot d’ordre de la grève », nous a indiqués au téléphone, Mohamed Bangoura, le porte-parole du mouvement. Sauf qu’Aboubacar Soumah est dit être en cachette depuis quelques jours.

En attendant la levée du mot d’ordre de la grève, le Conseil Economique et Social, tout comme les centrales syndicales qui se sont désolidarisées des syndicalistes dissidents, condamne l’arrestation des leaders syndicaux. Cette arrestation, Me Salif Béavogui, l’avocat des quatre syndicalistes, la qualifie d’arbitraire. « Ce qui s’est passé le samedi ne doit plus se reproduire dans notre pays…En droit, ça s’appelle abus d’autorité, attentat à la liberté et arrestation arbitraire », dénonce l’avocat.

Au siège du Conseil Economique et Social où la présidente Hadja Rabiatou Serah Diallo a appelé tous les acteurs, Me Salif Béavogui a été constitué d’office pour une plainte annoncée contre la gendarmerie.

Quelques heures avant la libération des syndicalistes, quatre ministres du gouvernement dont celui en charge de la Justice, ont fustigé la grève déclenchée depuis lundi 13 novembre. Le ministre de la Justice, Me Cheik Sako parle d’une grève sauvage, puisque déclenchée par des syndicalistes suspendus. « On ne peut pas accepter que des gens qui ont été suspendus par leurs structures syndicales appellent d’autres personnes à la grève », a condamné le ministre le Justice, Me Cheik Sako, et d’appeler au respect de la loi.

Environ 19 syndicalistes sont visés par une poursuite judiciaire et ils seraient recherchés à Conakry.

La grève déclenchée lundi a entrainé un soulèvement des élèves dans différents quartiers de la capitales. Les mouvements de réclamation d’enseignants ont fait des blessés, un mort et des dégâts matériels importants. Lundi, presque toute la banlieue de Conakry a été paralysée.