dimanche, 26 mars 2017, 05:21 GMT

Depuis le 6 février dernier, les cours sont suspendus dans les écoles, instituts et universités de Guinée à cause d’un mot d’ordre de grève déclenché par l’intersyndicale de l’éducation. La rencontre entre le chef de l’Etat et les responsables de l’inter centrale  de l’éducation mercredi, n’a accouché que d’une souris puisque le mot d’ordre reste toujours maintenu.

 

 Aujourd’hui, cette situation ne laisse pas indifférente l’opinion nationale notamment les acteurs politiques. Pour le président du parti Bloc Libéral, Dr Faya Millimono, cette grève est la preuve de l’échec du régime du président Condé.

«Ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui, entre le syndicat et le gouvernement, est la preuve éloquente de l’échec du régime d’Alpha Condé. Cette négociation entre gouvernement et syndicats s’apparente étrangement aux comédies de dialogue entre ce même gouvernement et son opposition. Ceux qui, en réalité, ont toujours été des genres de foire où le plus malin réussi à tromper l’autre », a indiqué Dr Faya au cours d’une émission sur une radio basée à N’Zérékoré.

Selon lui, c’est l’avenir de la Guinée qui est en ce moment en jeu. Car, dit-il, c’est la jeunesse qui est en train d’être sacrifiée tous les jours.

«Aujourd’hui, les écoles sont fermées. Cela veut dire que la porte est fermée à l’avenir pour la génération future de notre pays. C’est un crime et nous devons en tant que guinéens prendre nos responsabilités pour y mettre fin », ajoute t-il.

Plus loin, Dr Faya Millimono dénonce ce qu’il appelle le manque de responsabilité et de souci pour l’avenir de ce pays et qui « apparait dans le comportement des gouvernants d’aujourd’hui. »

Sur la question du départ ou non des ministres Ibrahima Kourouma de l’Enseignement Pré-universitaire et Sékou Kourouma de la Fonction Publique, le leader du BL précise : « il est vrai que les deux Kourouma ont une responsabilité dans ce que nous sommes en train de vivre mais c’est l’échec de tout un système. Il ne faut pas mettre l’anathème sur des personnes, c’est la gouvernance du professeur Alpha Condé qui a montré éloquemment son échec. Ce n’est donc pas le départ des deux ministres Kourouma qui pourra résoudre le problème. »

Et pour mettre fin à cette crise et permettre aux élèves et étudiants de retrouver le chemin de l’école, il propose à ce que: « la valeur indiciaire soit respectée parce que c’est cela la revendication principale des grévistes aujourd’hui. On a diminué la valeur du point indiciaire de 1030 à 751, ce qui bien entendu a des conséquences très fâcheuses. Deuxième chose, il faut tenir compte des avancements déjà accumulés par les fonctionnaires dans la transformation de l’ancienne grille. Troisième chose, il est important que le gouvernement délivre par rapport à l’augmentation des salaires tel que conclu dans les accords passés. Il s’agit de reprendre de manière responsable, l’embauche automatique des diplômés de nos établissements de formations de maîtres et enseignants pour faire face au déficit qui se creuse tous les jours. Enfin, il faut engager immédiatement dans la fonction publique, les nombreux contractuels qui ont déjà servi consécutivement au moins deux ans. Cela va à court terme remettre les enseignants dans les classes et satisfaire à la demande la plus importante, à mon avis et la justifier qu’un élève ou un étudiant peut avoir  vis-à-vis de son gouvernement. »

Facely Konaté

Correspondant à N'zérékoré, Guinée Forestière.

Facely Konaté