lundi, 27 février 2017, 20:24 GMT

Invité de la radio Djigui FM dans l’émission « Club de la presse », conjointement animée avec Guinéenews, l’ancien argentier du pays, Dr Ousmane Kaba, qui vient de lancer son nouveau parti politique, le PADES, a abordé les sujets brûlants de l’heure.

De sa nomination au poste de ministre de l’économie et des finances en 1996. « J’ai construit mon école, avant d’entrer dans le gouvernement. Le premier ministre d’alors, Sidya Touré, était venu à plusieurs fois au chantier pour les négociations. J’avais refusé au départ. Mais après trois semaines de négociations, j’ai dû accepter. Je ne le regrette pas. Une expérience, on en tire toujours un profit ».

 

Pourquoi avez-vous lancé le PADES de manière brusque, après la fusion du PLUS au sein du RPG. « Le PADES n’est pas un parti de revanchard, ni un parti des aigris.

 

Pourquoi avez-vous quitté le RPG-Arc-en-ciel. « Je n’ai pas quitté, mais j’ai été expulsé. Sans aucune explication. Je n’étais même pas là. Personne ne m’a posé une question. J’ai quitté pour plusieurs raisons. Premièrement, il y avait des divergences d’opinion. Lorsque le président a tenu un discours dirigé contre une ethnie. Et je serais prêt à reprendre à n’importe quel moment, quelle que soit le parti. Quand on stigmatise une ethnie, je vais m’y désolidariser, quel que soit le parti ».

 

Une deuxième divergence, c’est niveau de la politique économique, de l’énergie particulièrement. Dans les discussions, j’ai dit qu’il est inopportun de financer des gros barrages pour vendre l’électricité aux pays voisins. Au contraire, il vaut mieux de financer des micros-barrages par région de booster l’économie et d’installer des unités agro-alimentaires. J’ai donné un avis d’expert. Mais ils se sont agités ».

 

La troisième raison, dans un pays libéral, je pense qu’il faut encourager le secteur privé. « Je ne suis pas d’accord avec le ministère de l’enseignement supérieur, qui tire sur les universités privées sans rien faire pour les universités publiques non plus. En Guinée, il y a de l’amalgame. Or, c’est à l’État de faire la part des choses pour encourager les bonnes universités.

 

Pour toutes ces raisons, j’ai estimé maintenant qu’il est temps de participer au débat. Ce n’est pas un débat dirigé contre le gouvernement, ni un débat dirigé contre le Chef de l’État. Ma ligne est très claire : nous supporterons tout ce qui ira dans l’intérêt de la Guinée. Tout ce qui sera contre, nous ferons entendre nos réserves ».

 

« Les sages ont fait leur mieux, mais les divergences politiques sont demeurées. Et les pressions sur le monde universitaire se sont accentuées davantage. C’est lors de la rentrée universitaire, que le ministre a décrété la suppression de la médecine, de l’ingénierie et de l’arabe. Ce ne sont pas des réformes mais de l’autocratie.  Rien n’a été fait pendant les vacances. On refait en pleine année scolaire. Il y a beaucoup d’amateurisme et d’improvisation au niveau du gouvernement ».

 

De la création de l’alliance présidentielle à la disparition du RPG originel. « Au second tour, j’ai initié l’alliance RPG Arc-en-ciel. J’ai essayé de convaincre le professeur Alpha Condé et tous les autres candidats. Cela a donné ce que ça donné. De 18%, on est venu à 52%. En 2012, je confirme que M. Makanéra, c’est lui qui a eu l’idée d’avoir un grand parti politique pour assurer la stabilité du régime. Il est venu me voir comme tous les autres pour créer une coalition de partis politiques ».

 

Peut-on s’attendre demain à un retour au sein du RPG, par la force des choses ? « Je ne le referais pas. J’ai eu beaucoup d’expérience. Je me suis rendu compte que la fusion n’a pas marché. Les conditions devaient être réunies mais c’est comme ça ».

 

Abdoulaye Bah

Conakry, Guinée 224-622-14-15-09

Abdoulaye Bah