vendredi, 20 janvier 2017, 22:00 GMT

Le problème des enseignants contractuels, une fuite en avant incroyable rattrapée au plus mauvais moment, en ce sens qu’elle tombe à pic sur les revendications politiques. Cette fuite en avant a montré un pan des malversations des plus nocives pour le devenir de ce pays et ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

 

Le Premier-ministre Mamadi Youla y pouvait-il quelque chose dans cet embrouillamini? Employer des contractuels et des stagiaires à durée indéterminée, l’administration guinéenne en est championne. On voit des stagiaires partout et dans tous les domaines pour de petits pécules. Ce qui les enclin inévitablement à la corruption et à la malversation. Habitués à ces magouilles en tant que stagiaires, pourraient-il s’en débarrasser, une fois titularisés ? Dans les domaines de la Santé, de la Police, de l’Environnement, on en passe, ils y en pullulent….

On se souvient encore que des journalistes-stagiaires qui ont rendu des services de titulaires à notre chère RTG pendant des années, avaient trouvé la mort en même temps que les syndicalistes dans un accident sur la route de Fria.

Actuellement, ce sont des enseignants contractuels qui font l’actualité pour se faire entendre à Bonfi, à Kipé, à Faranah et on ne sait où encore.

Il ressort que le manque de coordination et la cacophonie teintée de malversations au niveau de la Fonction Publique et de l’Education nationale, ont mis au jour le pot aux roses.

Fonction publique : Sékou Kourouma s’est d’abord, pendant des semaines, empêtré et emmêlé les pinceaux sur la « nouvelle grille salariale » qui n’était qu’un réajustement, selon ses explications après coup. Mais, le boomerang est revenu au moment où il a organisé le concours d’intégration pour des milliers de contractuels qui ont servi dans l’Education pendant des années. Ce qui est aberrant dans cette histoire, c’est que personne ne s’était, à aucun moment, enquis du niveau de ces contractuels.

On les a utilisés et on les a laissés ‘’bonnir’’ n’importe quoi aux élèves. Et quand il a été question de les engager, vu leur nombre pléthorique pour faire la décantation, l’on a organisé un concours. Seulement, l’on aurait encore profité de l’aubaine pour introduire des écoliers sur la liste des admis dont le nombre était bien limité.

Et comme tous les échoués et admis d’une contrée se connaissent bien, ils auraient détecté une fille de la 9ème Année sur la liste des admis, à Faranah ; à Conakry, c’est le nom d’une autre personne qui est porté devant le PV du titulaire. Si cela est vérifié, c’est tout le système qui doit s’effondrer.

 Au-delà de cette magouille, peut-on dire que tous les résultats des examens scolaires sont dans la même situation ? Où est « Tolérance zéro » ?

Pis encore, l’Education Nationale, après les avoir usés pendant des années, leur aurait promis de les engager tous, on met tout au conditionnel, parce que les insurgés peuvent parfois affabuler. Non seulement ils n’ont pas été tous engagés, comme promis, mais pour les amadouer davantage, l’on a dit que l’affaire est entre les mains de l’Intersyndicale le SLEG et la FSPE. Alors qu’il n’en serait rien. Puisque sur les antennes de la RTG, ce mercredi 11 janvier, leur représentant, un certain Raymond Bangoura, s’est clairement très bien exprimé pour dire qu’ils ne sont pas du tout au courant d’une telle démarche. Le SLEG et la FSPE  pourront régler cette affaire pour ramener le calme dans les établissements ? Toute la question est là.

Il faut régler cette brûlante question au plus vite. Les élèves semblent bien solidaires de leurs enseignants. Personne ne peut dire aujourd’hui qu’ils n’ont pas le niveau parce qu’il manque en Guinée d’inspecteurs de niveau pour les détecter et pour les extirper des salles de classe pendant l’année scolaire. Quant à la Commission de réflexion sur les problèmes de l’Education, on attend qu’elle pousse son premier cri de naissance.

Entre la Fonction Publique, l’Education Nationale et les Services Examens et Concours scolaires et Professionnels, le Premier ministre Mamadi Youla doit chercher l’idole.

Moise Sidibé