Gestion des cabines téléphoniques: l’ultime espoir des jeunes désœuvrés de N’Zérékoré (Reportage)

24 novembre 2017 13:13:23
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Jeunes déscolarisés, diplômés sans emplois, chômeurs, tous se débrouillent désormais derrière les cabines téléphoniques. Vendre les cartes de recharge est devenu l’activité principale et la première source de revenues pour les jeunes, après celle des taxi-moto. Dans les carrefours, aux abords des grandes artères, dans les gares routières, dans les marchés et même à l’intérieur des quartiers, les cabines téléphoniques foisonnent partout dans la ville de N’Zérékoré. Pour ne pas dire, à chaque concession sa cabine téléphonique.

Dans la journée comme tard la nuit, les jeunes sont debout derrière les tables attendre. Ils rivalisent d’ardeur. D’autres se promènent avec les portables en main à la recherche des clients. Ils sont partout dans la ville. C’est le moyen sûr pour gagner leur vie en attendant un boulot.

 Lah Alexis Nanamou est assis devant la maison du paysan (ancienne mairie) il fait le transfert de crédit et vend des cartes de recharge et des puces. Il dit s’être lancé dans ce métier pour pouvoir subvenir à ses besoins et aider ses parents.

« Je suis là comme gérant de télé-centre pour ne pas juste rester à la maison. J’ai fini l’université l’année dernière et j’ai fait le département génie de l’environnement à l’université de N’Zérékoré. Depuis que j’ai a fini, j’ai déposé des papiers de stage un peu partout mais jusqu’à présent je n’ai pas encore eu de suite favorable. Après toutes ces années passées sur le banc , on ne peut pas rester à la maison et continuer à tendre la main. Les parents ne peuvent pas supporter toutes ces charges, c’est pourquoi on vient se débrouiller ici tous les jours. Sur chaque transfert on a un petit intérêt. C’est ce qui nous permet de subvenir à certains de nos besoins »

Par jour, ce jeune dit gagner au moins cinquante mille francs guinéens. Une somme qui lui permet dit-il, de contribuer la dépense de la maison et aussi pour certaines charges personnelles.

Il espère un jour être recruté par une société de téléphonie mobile comme agent promoteur. « Avant nous, il y avait nos grands frères qui étaient là. Certains d’entre eux ont eu la chance d’être recrutés comme agents promoteurs. Nous aussi, nous espérons avoir la même chance un jour », espère-t-il.

Mais avec la multiplication des fournisseurs privés d’électricité, et l’abondance des téléphones cellulaires, les gérants de télé-centre ne font plus assez de recettes comme par le passé

« Avant, on avait plusieurs sources de recette. On recevait des clients pour des appels. On pouvait aussi recevoir plusieurs centaines de téléphones chargeables par jours. Mais tel n’est pas le cas aujourd’hui. Avec l’arrivée sur le terrain des distributeurs privés de courant électrique et l’abondance des téléphones, nos recettes ont diminué considérablement. C’est à travers seulement les transferts de crédit que nous gagnons un peu », nous a expliqué Abou Condé, lui aussi, gérant de télé-centre.