vendredi, 20 janvier 2017, 21:57 GMT

Depuis le début de la crise politique en Gambie, on remarque un retour massif des ressortissants guinéens au bercail. Des personnes qui fuient les conséquences d'un éventuel conflit depuis l'ultimatum lancé par la CEDEAO au président gambien, Yahya Jammeh, sommé de rendre le pouvoir au président élu Adama Barrow d’ici le 19 janvier prochain.

D’après des témoignages recueillis par Guinéennews auprès des chauffeurs, responsables syndicaux et de Guinéens rentrés de la Gambie, ils sont plusieurs  centaines de compatriotes de tous âges qui quittent, tous les jours, la Gambie pour rejoindre le bercail. L’affluence des candidats guinéens au retour est si importante qu’il y a, de plus en plus, de véhicules vides qui quittent actuellement la Guinée pour aller les y embarquer.

 

D’après les témoignages de Lamarana Kanso, ce chauffeur qui pratique l’axe Labé-Bassé, tous les étrangers et même des Guinéens sont en train d’évacuer actuellement la Gambie. ‘’Quand on arrive dans les gares routières du pays, on a du mal à marcher tellement que les candidats au départ de la Gambie sont nombreux. Le casse-tête, c’est qu’il y a moins de véhicules. Donc, on prend nos véhicules vides au départ de la Guinée pour aller prendre des passagers et les ramener. Parfois, ce sont les locataires qui nous appellent pour qu'on vienne. Arrivés, ils nous remboursent le prix du carburant et nous embarquons les passagers. Depuis la crise, le trafic entre la Guinée et la Gambie est devenu quotidien", nous a confiés notre interlocuteur automobiliste.

 

Dans le même sillage, Tanou Nadhel, un membre du syndicat des transporteurs  explique : "les gens ont appris que la CEDEAO a donné un ultimatum à Yahya Jammeh de céder le pouvoir au président démocratiquement élu avant le 19 janvier. Donc, c’est cette peur qui hante tous les ressortissants guinéens et les pousse à quitter au plus vite la Gambie. Du coup, les véhicules de transport en commun font la navette, chaque jour, entre les deux pays."

 

Quant à Abdourahamane Diallo, un des compatriotes revenants, il précise que  la tension qui existe entre les présidents sortant et entrant, n’affecte pas, pour le moment, la population. Jusque-là, a-t-il déclaré, les activités vont bon train en Gambie et chacun vaque à ses occupations.

Pour sa part, Alpha Oumar, un résident guinéen en Gambie qu’on a rencontré à la garde routière de Labé, dénonce ce qu’il qualifie de ‘’campagne d’intoxication’’ entretenue par des médias étrangers. Tout est normal pour le moment en Gambie, rétorque-t-il. 

Faut-il enfin rappeler qu’en dépit de cette affluence record de passagers fuyant la Gambie pour la  Guinée, le prix du transport reste inchangé, précise le syndicat des transports et mécanique générale de Labé.

Fatoumata Dalanda Bah

Labé, Moyenne Guinée

Fatoumata Dalanda Bah