jeudi, 30 mars 2017, 02:42 GMT

friaSitué au centre-ville de la sous-préfecture, le centre de santé de Baguinet est une structure sanitaire flambant neuve. Ce bâtiment renouvelé tout récemment reçoit  en moyenne une cinquantaine de  patients par jour, notamment les femmes en état de famille, les personnes âgées, les victimes d’accidents et autres malades de parasitose, d’IST, de paludisme, ainsi que  les enfants atteints  de malnutrition. Ce centre de santé  est géré par un chef de centre épaulé par deux agents   contractuels d’Etat travaillant dans des situations pénibles et qui doivent attendre un trimestre voire deux pour percevoir le maigre salaire de 60.000 FG par mois qui leur est destiné.

 

 

« Depuis 1991, je suis ici au centre de santé de Baguinet comme une contractuelle non engagée. Je travaille comme si je suis une ATS (Agent Technique de la Santé), matrone, je fais l’accouchement, la consultation CPN, la consultation PF, la consultation CPC. J’ai été recrutée par la CRD. De 1991 à 1996 j’étais payée à 40.000 fg par mois, salaire que nous recevons par trimestre voire par semestre. Ce n’est que ces derniers temps que notre salaire a été revu à la hausse à 60.000 fg, toujours payé par trimestre. Qu’est-ce qu’on peut faire avec ce maigre salaire ? Je suis une veuve, mère de sept enfants. Quand mes enfants me voient aller tous les jours au travail, même les dimanches, ils croient que je gagne bien ma vie. Je demande à l’Etat de nous venir en aide et voir notre situation. Nous sommes très engagés »,  a déclaré Adama Dia Barry, en pleine consultation.

Même son de cloche chez Camara Mohamed, contractuel chargé de la CPN / PF et du point de vente des produits pharmaceutiques.

« Après la formation en 2010, la DPS (Direction Préfectorale de la Santé), nous a instruit de venir au centre de santé de Baguinet épauler le chef de centre en tant que contractuel. On ne peut pas dire que c’est une prise en charge. On comptait sur l’Etat qui nous a promis, nous qui sommes sur le terrain, que nous  serons prioritaires au recrutement des agents de santé. Mais malheureusement. La CRD, sensible à notre cas, me donnait 50.000 fg par mois. Et après un temps, ils ont un peu amélioré, en nous donnant maintenant 60.000 FG par mois. Un montant qui tarde à être payé. Cela ne nous empêche pas de faire notre travail car nous avons opté d’être au service de la population. Je suis marié et père de deux enfants. Qu’est-ce que je peux faire avec 60.000 FG ? Cela ne peut même pas payer le transport. C’est par amour que nous sommes là pour aider la population. Nous sommes quelquefois  soutenus par le chef du centre, quand nous sommes coincés. Quelques citoyens, de passage, nous donnent un peu de tubercules, des légumes, mais pas tout le temps. Nous sommes en parfaite harmonie avec cette population. On demande à l’État de revoir notre situation de contractuels non engagés. »

La problématique des contractuels surtout communautaires en République de Guinée demeure à tous les niveaux. Il est encore temps pour l’Etat de se pencher sur le cas des contractuels d’Etat et surtout de veiller qu’au moins ces personnes au service des populations puissent se frotter les mains avec le SMIG, en attendant des solutions à leurs cas.

 

Mamadou Guèye