dimanche, 26 mars 2017, 05:20 GMT

Un des points faibles désespérants de la démocratie occidentale est, sans conteste, son laxisme dans l’évolution des lois pénales surannées par rapport à l’évolution tous azimuts de la société de plus en plus cosmopolite où chaque composante apporte ses mœurs et coutumes sociétales crissantes et clivantes. 

 

On a entendu le débat sur le mariage pour tous contre la polygamie, on a entendu la laïcité avec interdiction du burkini, de la prière dans la rue. Mais là, il faut dire que les musulmans en font un peu trop, si ce n’est de la provocation. Les rues ne sont pas appropriées pour la prière surtout pour celle du vendredi. Parce qu’elles ne sont pas sanctifiées ni purifiées, on y rencontre de la pisse et de la crotte d’animaux de compagnie, des crachats et autres. Les oulémas devraient s’y pencher.

Parlant des sociétés occidentales qui se font un peu trop souvent violence, elles sont promptes à condamner leurs forces de l’ordre et de sécurité dont les agents risquent non seulement leur sécurité, leur emploi mais encore la prison. Alors que les semeurs de trouble ou des tueurs intentionnés sont présumés innocents et s’en sortent souvent avec des peines insignifiantes. La recrudescence de la délinquance dans ces sociétés n’est pas à chercher ailleurs. 

 

En France, les images des malfrats en train de mettre le feu aux voitures de police, brûlant grièvement des agents sont inquiétantes et édifiantes et l‘on trouvera à dire que ce sont des mineurs ou des malades mentaux pour commuer les peines. Certains quartiers des banlieues sont sous la loi de mineurs, sans que la police n’ose s’y aventurer et sans que l’administration ne trouve la solution. 

 

C’est sur une de ces plaies que Marine le Pen, la candidate du FN, a mis le doigt pour dénoncer la mauvaise gouvernance Droite-Gauche. Il faut cependant reconnaître que les agents de l’ordre sont plus portés à des exactions « au faciès » qu’autre chose pour mettre le feu aux poudres. Mais comment contrôler l’immigration clandestine sans ce contrôle au faciès ?

Après avoir demandé aux autres pays européens d’accueillir les migrants, la France et l’Allemagne viennent de se rendre compte de leurs bévues. La France vient d’inventer une loi sur le délit de solidarité. On attend le sort réservé à cet agriculteur français Cédric Herroux qui a reçu et aidé des désespérés d’Erythrée et qui risque la prison au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité… 

Le ministère de la Sécurité français vient d’annoncer que des attentats terroristes viennent d’être déjoués in extremis avec l’arrestation de trois ou quatre terroristes dont une fille mineure de 16 ans.

Saisissant la balle au bond comme une planche de salut, François Fillon, empêtré dans des affaires d’emplois fictifs de son épouse, trouve un sujet consensuel, celui de proposer le rabaissement de la majorité pénale à 16 ans. Même si on n’aime pas le chien, il reconnaître qu’il a les dents blanches. Et si demain, même quand il ne sera pas candidat, cette loi doit porter son nom pour atténuer les maux de la société française. Cette proposition est lucide. Les mineurs de 14 ans commettent des crimes d’adultes et en toute connaissance de cause. Faut-il passer cela encore longtemps sous le signe des crimes mineurs ?

 

A Conakry, quand les bérets rouges du général Lansana Conté avaient commencé à donner des cous de matraque aux chauffeurs indisciplinés, la circulation s’était normalisée d’elle-même et les défenseurs des droits de l’homme avaient jasé. Actuellement, ces mêmes défenseurs des droits de l’homme sont muets dans des embouteillages, où les chauffeurs de taxi stationnent pour prendre ou débarquer un passager en plein chaussée.

 

Les forces de l’ordre et de sécurité guinéennes confrontées aux difficultés spécifiques, à force d’être lapidées, ne sachant à quel Saint se vouer, répondent aux manifestants par l’intifada. En cas de blessés dans leur rang, cela passerait inaperçu mais qu’en serait-il si des manifestants étaient atteints par les mêmes pierres ?

On a trop condamné les exactions de forces de l’ordre quand elles sévissent mais comment ne pas sévir quand les populations inciviques insurgées prennent d’assaut les commissariats et les prisons pour se faire justice ?

 

Qu’ont dit les défenseurs des droits de l’homme quand les populations étaient allées sortir des présumés malfrats et assassins pour les lyncher et brûler ? Quand sur une personne on prétend se calquer, c’est par les beaux côtés qu’il lui faut ressembler… (Molière dans les femmes savantes). La démocratie telle qu’elle est en Occident ne peut pas être imitée et calquée servilement en Afrique.

La ministre des Droits de l’Homme de la RD Congo vient de donner le ton dans ce sens. La démocratie et les droits de l’homme ont besoin de se remettre en question et non verser dans le snobisme. 

Moise Sidibé