Forum National sur la vaccination en Guinée : les participants témoignent

13 octobre 2017 14:14:36
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À l’issue des deux jours consacrés au Forum national sur la vaccination, tenu à Conakry les 4 & 5 octobre, où il a été beaucoup question de partage d’expériences, nous avons rencontré les participants venus de divers horizons. Le constat est unanime, le Forum fut un succès !

Alexis Mourou, Congo

 

« Nous sommes particulièrement heureux d’être à Conakry, c’est donc l’occasion de remercier le gouvernement guinéen d’avoir associé le Congo à travers le ministère de la Santé et de la Population à ce grand forum. Vous savez que Lors du 28e somment de l’UA les chefs d’Etat africains ont mis un accent particulier sur la vaccination à travers la déclaration d’Addis-Abeba. Aujourd’hui La Guinée montre l’exemple au reste de l’Afrique en ce sens que ce grand forum montre que tous les secteurs doivent être mobilisés pour la vaccination. Donc c’est l’occasion pour nous de nous inspirer de cet exemple de la Guinée pour mobiliser dans tous nos pays les secteurs qui peuvent appuyer la vaccination qui ne doit pas seulement être l’affaire du Ministère de la Santé. Au reste de l’Afrique. S’inspirer de cet exemple pour appuyer tous les secteurs.

Le Congo a bénéficié jusque-là du soutien de GAVI. Nous arrivons à la fin de notre transition en décembre et nous avons réussi à introduire tous les vaccins qui font partie du PEV de routine classique en Afrique. Nous sommes en phase de maintenir ces acquis pour les pérenniser. »

Mlle Bangoura représentant le parlement des enfants de Guinée

 

« Durant ces deux jours de forum. J’ai constaté que toutes les personnes sont venues avec un engagement qui est de poursuivre le renforcement de la vaccination en Guinée. Nous comptons faire un plaidoyer auprès de l’Etat afin de faire voter une loi qui rend la vaccination obligatoire et de mettre les moyens possibles pour faciliter le travail des gens, et nous allons dire à chaque personne que c’est un devoir envers les enfants chaque enfant a droit à la vaccination. »

Docteur Alphonse Toko, expert en santé publique retraité de l’UNICEF après 30 ans de service

« Je suis de cette génération de jeunes experts en santé publique qui ont mis en place le PEV qui n’existait pas avant les années 70. Ma présence ici est en tant qu’expert et pour partager mon expérience. Ce forum est une occasion exceptionnelle de voir combien de pays depuis Addis-Abeba se sont engagés à renforcer la vaccination de routine. Il est important d’améliorer la responsabilité individuelle collective en particulier dans la vaccination. Ce forum, c’est du concret et on voit l’implication de toutes les parties prenantes. C’est une expérience qu’on va essayer d’exporter un peu partout et en RDC. On attend beaucoup de l’extérieur alors que sur place, on peut mobiliser les ressources locales humaines. Je pense qu’ici avec la présence de tout le monde, la Guinée est bien partie. »

Kanté Bachir, conseiller au ministère de la santé de la Guinée

 

« L’on a jugé utile de faire ce forum et faire un plaidoyer a un niveau très haut afin d’avoir des composantes stratégiques et opérationnelles pour la relance de la vaccination. Si les enfants étaient normalement immunisés cette question d’épidémies ou d’immunisation non-convenable n’aurait pas sa raison d’être. On doit donner l’exemple au niveau national et à toute l’Afrique. Je remercie tous ceux qui sont venus participer à ce Forum, nous estimons la participation à près de 500 personnes avec ceux venus de l’intérieur du pays pour un contact direct avec les communautés. »

Dr Isaie Merdah, Directeur de la prévention par la vaccination au Burkina-Faso

 

« Nous sommes très contents d’avoir été associés à ce forum en Guinée. Le Burkina-Faso est un pays à très haute performance en matière de PEV, donc nous sommes là pour partager notre expérience avec le peuple de Guinée afin de pouvoir les aider à aussi relever leurs indicateurs tels que nous les avons au Burkina. Au Burkina, le défi est de maintenir ces belles performances. La question du financement endogène de la vaccination est très importante. Au Burkina, la vaccination traditionnelle est financée par l’Etat. »

Docteur Moustapha DABO, coordonnateur national du Programme Elargie de Vaccination, Guinée

 

« Le but de l’organisation de ce forum est simple. La Guinée est un pays phare dans la mise en œuvre de santé primaire. Depuis quelques années, les couvertures vaccinales ont régressé et sont devenues stagnantes. Il est important qu’on élabore un partenariat multisectoriel afin que tous les acteurs se mettent ensemble pour voir ce qui va et ce qui ne va pas. À l’issue de ces deux jours, nous avons un sentiment de satisfaction, d’autant que c’est la première fois que l’on organise un forum d’une telle envergure nationale sur la vaccination en Guinée. Maintenant, nous allons mettre en place une équipe de suivi à travers une feuille de route. »

Docteur René Ekpini, conseiller régional pour la santé au bureau régional de l’UNICEF,

 

« Je suis impressionné par ce que j’ai vu ici. L’engagement, le dévouement que j’ai vus ici témoignent de la prise de conscience des acteurs et du gouvernement guinéen, de la nécessité d’apporter une solution au problème que nous observons par rapport à la vaccination particulièrement des enfants dans ce pays. La Guinée a servi d’exemple en matière de soins de santé primaire dans le cadre de l’initiative de Bamako. Nous avons observé que les taux de couverture ont baissé avec le temps particulièrement avec la survenue de l’épidémie d’Ébola. Il s’avère nécessaire d’apporter des solutions. Il y a nécessité urgente d’avoir un changement de paradigmes, nous ne pouvons pas continuer à faire les choses telles que nous le faisons depuis des années. Nous allons nous atteler nous partenaires, UNICEF en particulier, à accompagner le gouvernement comme nous l’avons toujours fait, pour que les recommandations qui vont sortir d’ici soient traduites en action. »

Honorable député Grégoire Lussengue kakoule, RDC

 

« Au niveau du parlement de mon pays, je dirige une structure que nous appelons réseau des parlementaires pour l’appui à la vaccination. Nous accompagnons la vaccination de routine à plusieurs niveaux. Nous nous sommes dit qu’en dépit de l’accompagnement des partenaires, il est important de commencer à réfléchir à un financement durable. Nous avons initié le vote d’une ligne de crédit alloué à la vaccination par l’Assemblée nationale et veillons à avoir une appropriation de la vaccination par les communautés locales. Nous sommes donc venus sur invitation du ministre de la santé, pour partager cette expérience avec nos collègues du parlement Guinéen pour que demain le même travail du Congo soit fait en Guinée. »

Kadi Fofana présidente de MEDIAVAC (media pour la promotion de la vaccination,) Côte d’Ivoire

 

« En Côte d’Ivoire, les journalistes ont décidé de contribuer à leur manière à l’amélioration de la couverture vaccinale. Nous les medias, nous avons la possibilité de véhiculer les vrais messages sur différents canaux, donc il faut associer les medias à a la sensibilisation. Nous sommes conscients que nous avons un très grand rôle à jouer, donc que chacun comprenne qu’il est important de le faire avec nous. Que les PEV en élaborant leurs plans de communication nous associent, nous irons là où il faut adresser le vrai message, pour une population en bonne santé. »

Mahamat Said FARAT, Conseiller du Premier Ministre, Tchad

 

« D’abord, je voudrais remercier le gouvernement de la Guinée et je suis heureux de me retrouver parmi eux pour partager mon expérience et acquérir des informations, des expériences de tous les participants de ce Forum. Au Tchad, le 08 de chaque mois est consacré à une réunion sur la santé présidée par le Chef de l’Etat, en présence de presque tous les ministres. C’est pourquoi, je suis heureux de noter la présence du pouvoir décentralisé, notamment les gouverneurs. C’est un aspect très important qui a été pris en compte pour la participation à ce Forum. »

Hadja CONDE venant de Kouroussa Guinée, (en Malinké)

« On devrait faire vacciner tous les enfants sinon on va à la gendarmerie avec les maris pour obliger les femmes à vacciner les enfants. Il faudrait aussi une prise en charge rapide de la part des médecins qui permettrait aux femmes de pouvoir après la vaccination de leurs enfants d’aller aux champs. »

Namory DOMBOUYA, Sous-préfet de DOKO, Guinée

« À Doko, la couverture vaccinale est totale. Doko a bénéficié de 8 chaînes de froid, donc la vaccination de routine est journalière. Le forum m’a permis de comprendre qu’il faut faire une adéquation entre l’enregistrement des naissances et la vaccination de routine. Je veux renverser une tendance, c’est de faire en sorte que l’enfant soit vacciné avant l’enregistrement des naissances et que cela soit une condition sine qua non»

Propos recueillis par Roukiat Guissé, @UNICEFGuinée