jeudi, 30 mars 2017, 02:42 GMT

police-copieLa formation de la police routière, reste à coup sûr, l’un des résultats les plus éloquents que le ministère d’Etat à la Sécurité et à la Protection Civile a enregistrés durant l’année 2016.

 

 

 

 

police3Elle reste d’abord un fait historique et cela avait été bien décrit par le chef de la section permis de conduire du BRTT (Bureau Régional des Transports Terrestres de Conakry, ex-CADAC).

Recevant la centaine de policiers venus passer leur examen le 28 septembre dernier, Aboubacar Max Diallo (aujourd’hui disparu) avait dit vivre un évènement historique. «Depuis l’accession de notre pays à l’indépendance, c’est la première fois que mon service reçoit à la fois, autant de policiers postulants au permis de conduire.

 

Le symbole, à mes yeux, est grand et j’en suis ému, fier et heureux. Cela valorise les services de sécurité et accroît la confiance entre eux et les citoyens. Je souhaite que cette activité louable et salutaire soit menée à son terme et permette le renforcement de la sécurité routière dans notre pays», a-t-il déclaré.

 

police1-copieIl est certain que ce sentiment de Max Diallo était  partagé par l’ensemble des témoins de cet évènement.

La police routière à l’examen du permis de conduire ? C’est plus qu’une surprise, c’est un bel exemple qui construit le civisme chez les usagers et inspire au respect des règles établies.

Dès lors, par mimétisme ou effet induit, les citoyens en déduisent qu’ils n’ont pas le droit de conduire sans permis et que pour l’obtenir, il faut qu’ils passent à leur tour par la voie normale et légale: l’examen, précédé d’une formation adéquate. La prévention routière en sort raffermie.

 

 

 

 

commissaire-sarr-copieC’est pendant sa tournée de prise de contact avec les services de police de la capitale que le Ministre, fraîchement nommé, avait décidé  du renforcement des capacités des agents de la sécurité routière. Me Abdoul Kabélé Camara, après des évaluations faites sur le terrain, s’était rendu compte de certaines faiblesses qu’il fallait nécessairement corriger. Pour motiver cette décision, il avait souligné le caractère spécifique de la police routière qui constitue une vitrine exposée au regard et à l’appréciation de tous.

 Il fallait donc prendre les mesures nécessaires pour rendre les agents plus performants sur le terrain.

 

policiers-en-classeLe 15 mars 2016, le Directeur Général de la Police Nationale assisté du Directeur Central de la Sécurité Routière, a lancé la première phase de la formation, au siège de la CMIS à Cameroun.

La cérémonie a connu la présence de nombreux invités parmi lesquels le Procureur Général de la République et le représentant de la Direction nationale des Transports Terrestres.

Cette activité s’est déroulée en deux tranches, jusqu’en fin septembre 2016. Elle a permis de former une centaine d’agents (brigadiers-chefs, lieutenants et capitaines confondus) en provenance des sept commissariats spéciaux de sécurité routière de la capitale, de la Direction Centrale de la Sécurité Routière et de la Brigade Mobile.

police2Une expertise interne à la police a été sélectionnée pour outiller les agents en éthique et déontologie et organiser à leur intention des exercices pratiques sur le terrain. Le recours extérieur a été également sollicité et mis à contribution. Des cadres spécialisés dans des domaines spécifiques ont dispensé des cours sur la règlementation en matière de transports terrestres, la conduite défensive, le code de la route, la technique automobile, les maladies incapacitantes à la délivrance du permis, l’assurance automobile, l’identification des faux documents (permis, carte grise) et le secourisme.

 

 

sarrCette phase théorique, sanctionnée par une évaluation, a débouché sur la formation à la conduite automobile au terme de laquelle tous  ont été présentés à l’examen du permis de conduire. A ce jour, ils sont 101 agents et officiers dont 25 femmes, à être titulaires de permis de conduire de la catégorie B (poids léger).

Cette formation aura eu un effet très positif sur leur comportement et leur rendement. Tous affirment aujourd’hui, sans orgueil ni forfanterie, être capables de discuter et convaincre tout conducteur, si nécessaire, tant en code de la route qu’en conduite automobile. Ce qui est déjà très remarquable.

 

Avant leur formation et pour la plupart d’entre eux, cela n’était pas envisageable. Ils éprouvaient même de la gêne lorsque, mis en face de certaines situations dans la circulation, ils étaient littéralement embarrassés face à des usagers mieux avertis.

La duplication de cette  activité est une nécessité impérieuse. En attendant que tout cela soit formalisé et introduit comme cursus dans les programmes de l’école nationale de police, cette formation ne doit pas s’arrêter. C’est une condition essentielle pour qu’elle ait un effet bien marqué, bien tangible.

Les autorités de la sécurité l’ont sans doute bien compris qui parlent déjà de la relance de cet important programme de formation devant  toucher tous les effectifs de la sécurité routière.

Par ce biais, la prévention et la sécurité routière se renforcent indubitablement et…c’est la Guinée qui gagne.

Pour un tel objectif, aucun sacrifice n’est énorme ou superflu !

Diao Diallo

Diao Diallo