jeudi, 30 mars 2017, 02:43 GMT

 

A l’occasion de l’assemblée générale de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) du 18 mars 2017, le vice-président du parti, le Dr Fodé Oussou Fofana, a rappelé à ses militants que Cellou Dalein Diallo a nommé Elhadj Ibrahima Chérif Bah comme vice-président de l’UFDG chargé des relations extérieures et de la communication, poste jusque-là vacant depuis l’exclusion de Bah Oury le 4 février 2016. Selon Fodé Oussou, cette décision du président du parti a été entérinée par le conseil politique et la direction nationale. Puis il a cité les noms de tous les cinq vice-présidents du parti.

 

« Nous voudrons que le débat soit clos », a-t-il indiqué, avant dire que les journalistes qui vont désormais présenter Bah Oury comme vice-président, ce sera le leur : « Les journalistes qui vont présenter dorénavant un vice-président en dehors des cinq, c’est leur vice-président à eux-mêmes. »

 

Tout comme Bah Oury, Ibrahima Chérif Bah est Peul de Pita. Mais Fodé Oussou explique que ce choix n’est pas basé sur l’ethnie, mais de la compétence du promu : « Nous avons entendu les gens dire qu’on veut amener le débat sur le plan ethnique. Chérif Bah est un homme compétent. Il a été gouverneur de la Banque centrale. Je sais qu’il va apporter beaucoup de choses.  A l’UFDG nous choisissons les gens par leurs compétences. Je suis convaincu que même si on choisissait un Indien comme vice-président les gens allaient dire que certainement l’Indien là a des relations avec le Fouta et que c’est un Peul. »

 

Dès après le verdict du tribunal de première instance de Dixinn réintégrant Bah Oury au sein de l’UFDG, les avocats du parti ont interjeté appel. Ce qui empêche l’exécution de la décision du tribunal, puisque l’affaire doit être rejugée par la Cour d’appel de Conakry. Ce qui amène Fodé Oussou à dire qu’ils n’ont pas ignoré la décision de la justice : « Les gens ont voulu dire en place que nous ne respectons pas la justice. Mais si. Nous respectons la justice. Même si on n’est pas d’accord de sa décision, nous la respectons parce que nous voulons gérer ce pays. Et quand on veut gérer le pays on est obligé de se soumettre à la justice. C’est pourquoi nous avons interjeté appel. Nous avons dit à la justice que si elle pense qu’en excluant l’ancien vice-président nous n’avons pas respecté les statuts et règlement, elle n’a qu’à nous dire ce qu’on n’a pas respecté. Nous allons respecter et nous allons l’exclure. Si elle veut d’un congrès, nous allons l’organiser et nous allons l’exclure. »

 

Sans jamais prononcer son prénom, Fodé Oussou affirme que la décision du parti est irrévocable : « Ce monsieur, il est exclu aujourd’hui, il est exclu demain. Chacun est libre d’interpréter comme il veut, mais ce que je sais, c’est que dans un aucun pays du monde la justice ne peut prendre un décret nommant un vice-président d’un parti politique. Le président de la République non plus ne peut prendre un décret pour le faire, à moins qu'on change la Constitution en disant que désormais il peut le faire. »

Alhassane Bah