jeudi, 30 mars 2017, 02:39 GMT

femme-au-volantLa conduite automobile en Guinée fait partie des domaines d’activité dans lesquels la conquête de la parité ne fait objet d’aucun débat, ni d’aucune réclamation. Et pour cause : pour la gent féminine, il s’agit d’un acquis fondamental, d’une réalité tangible, d’une certitude acceptée de tous.

 

jeannette-3-500x297Depuis les premières années de notre indépendance, la guinéenne est largement représentée dans le domaine. On a pris l’habitude de la voir, d’abord à vélo, puis progressivement, sur les cyclomoteurs, les motocyclettes, jusqu’à atteindre le niveau le plus élevé qui soit dans la pratique de la conduite. C'est-à-dire les engins lourds de levage au port autonome, les camions remorques et les grosses machines des mines ou des travaux publics.

 

 

L’ancienne société de transport, SOGETRAG a eu aussi ses conductrices  qui ont impressionné et séduit plus d’un, au volant des bus circulant dans la ville de Conakry. Une guinéenne a même été pilote émérite et lauréate aux divers gymkhanas organisés dans notre pays avant de diriger la fédération nationale des sports mécaniques.

voiture-femmeLes femmes se retrouvent également parmi les agents motocyclistes, tant à la police qu’à la gendarmerie. Au sein de ces brigades mobiles motorisées, elles assurent avec prestance et qualité diverses missions de sécurité, dont l’escorte de personnalités et la prévention routière. L’énumération ne s’arrête pas là. Dans le secteur des transports, les femmes se sont également distinguées. Elles sont plusieurs à occuper le poste de cheffe  de division traitant de gestion de la circulation à la direction nationale des transports terrestres.  On notera également que les auto-écoles sont assez bien fréquentées par les femmes, en même temps qu’il y a eu une monitrice certifiée dans l’enseignement de la conduite automobile.

 

 Des femmes commissaires spéciales de sécurité routière, commandants de brigade ou de peloton, agents ou officiers de constat, cheffe de bureau régional de transports terrestres, il en existe également.

Toutes concourent à rendre la circulation plus sûre.

C’est aussi dans la pratique de la conduite automobile de tous les jours que la guinéenne exprime mieux ses aptitudes et bat les records.  Bien des années peuvent se suivre, sans qu’on enregistre un cas d’accident impliquant une femme à Conakry, dans les centres urbains de l’intérieur du pays, ou en rase campagne. Cela est largement confirmé par les statistiques annuelles des services de sécurité routière (police et gendarmerie).

Pour de nombreux usagers, ce phénomène tient au fait que les femmes sont en général plus prudentes au volant que les hommes. Pour autant, elles ne semblent pas être les plus épargnées qui soient par les aléas de la circulation, loin de là ! Elles se retrouvent nombreuses parmi les victimes d’accident. Célèbres comme anonymes, beaucoup de femmes sont mortes sur nos routes. Cela tient en partie à leur grande mobilité. Pour des raisons économiques évidentes, elles sont souvent les pourvoyeuses dans maintes familles. Ainsi, leur présence sur le réseau routier urbain et inter urbain les expose davantage aux multiples risques que génère tout déplacement.

Cependant, il existe des secteurs de la conduite automobile qui n’ont jamais suscité l’intérêt ou même la simple curiosité des guinéennes.  C’est le cas du transport de type professionnel. Pas encore de conductrices de taxi auto, (sinon une seule qu’on rencontre quelque fois sur l’autoroute) pas de conductrices de taxi-moto, pas de conductrices de poids lourd (en dehors de celles qui évoluent dans l’enceinte du port autonome).

Sans vouloir jouer au macho misogyne et sans idée de défi ou d’ironie quelconque… elles y sont attendues !

Il n’y a pas de doute qu’elles y parviennent…elles qui ont déjà piloté un hélicoptère. Ce que femme veut, Dieu le veut !

 

 

 

Diao Diallo

Diao Diallo