Faranah: le mariage précoce au cœur d’une réflexion entre religieux et professionnels de la Santé

31 août 2017 18:18:34
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Dans le cadre de l’appui aux structures de dialogue entre la communauté et le système de santé pour améliorer la santé sexuelle reproductive des adolescents et des jeunes, le Programme Santé de Reproduction de la GIZ et ses partenaires ont entrepris d’impulser le dialogue entre les leaders religieux et les professionnels de la santé.

C’est dans cette perspective que s’est tenu le Forum régional de dialogue entre leaders religieux et professionnels de la santé sur le mariage précoce, le lundi 28 août 2017, dans la salle de conférence de l’ENI de Faranah.

 

L’objectif principal de ce forum est de créer et de maintenir un espace ou cadre périodique de discussions et d’échanges d’idées entre les professionnels de la santé et les leaders religieux dans le but de connaître leurs points de vue et d’apporter des solutions sur la santé reproductive des jeunes et adolescents.

Présidée par le préfet de Faranah, représentant le Gouverneur de la région, cette importante rencontre régionale a connu la présence des autorités régionales et préfectorales, des leaders religieux et professionnels de santé mais également des cadres de l’administration publique et des acteurs de la société civile.

Dans son discours de circonstance, le conseiller technique du programme Santé de la reproduction de la GIZ basé à Mamou, Adama Camara, a précisé : « la GIZ, en partenariat avec le ministère de la Santé, développe un programme de santé sexuelle et reproductive axé principalement sur la jeunesse. Ce forum fait partie des stratégies que nous avons mises en place pour pouvoir mieux sensibiliser la population par rapport à la problématique de la santé sexuelle et reproductive. Nous avons mis ensemble ces leaders religieux, les magistrats, les professionnels de la santé et les représentants de la société civile afin qu’ils puissent, concrètement, discuter pour harmoniser les points de vue et faire des recommandations par rapport à cette problématique qui est un véritable fléau en Guinée ». Et d’ajouter : « ce programme intervient dans 4 régions : Mamou, Labé, Kindia et Faranah, soit un total de 17 préfectures dont 3 préfectures de Mamou, 4 de Faranah, 5 de Labé et 5 de Kindia ». Il a par ailleurs rappelé ceci : « par rapport à la santé sexuelle reproductive, il y a plusieurs indicateurs que nous suivons. Mais si nous prenons le cas spécifique du mariage précoce, disons que les 4 régions s’équivalent, les différences ne sont pas significatives. Le mariage précoce est beaucoup plus accentué dans la région de Faranah et de Labé que dans les régions de Kindia et Mamou. Quant à la sexualité précoce, Faranah se porte bien par rapport aux autres régions avec 8% de jeunes qui ont commencé la sexualité avant d’atteindre l’âge de 15 ans. Par contre, Labé et Kindia sont autour de 25% et Mamou 26% ».

De son côté, le préfet de Faranah, Alpha Oumar Keita, a rassuré que les autorités à tous les niveaux des administrations déconcentrée et décentralisée ne ménageront aucun effort pour soutenir ce forum visant à instaurer un dialogue entre les leaders religieux et les professionnels de la santé de manière pérenne. Poursuivant, il a précisé : « ce processus doit nous permettre de déclencher un changement de comportement et d’acquérir des attitudes favorables dans nos communautés…Le président de la République œuvrera auprès de tous les partenaires sociaux pour réduire la fréquence, la gravité des conséquences sanitaires économiques du mariage précoce dans notre pays qui se veut émergent. L’engagement pris au plus haut sommet de l’Etat doit amener à une plus grande prise de conscience pour le bien-être de chacun et de tous». Il a pris aussi l’engagement que les conclusions auxquelles ces acteurs vont aboutir seront prises en compte par l’ensemble des administrations territoriales et l’ensemble des élus des collectivités locales relevant de sa juridiction pour le bonheur de la population.

La cérémonie d’ouverture a été suivie par la présentation de quelques données statistiques de deux études (EDS-MICS 2012 et CAP/GIZ 2017) portant sur la santé reproductive en lien avec le mariage précoce. Les travaux du Forum se sont poursuivis par les travaux de groupes traitant  des relations entre : mariage précoce et santé ; mariage précoce et éducation ; mariage précoce et droits des femmes ; mariage précoce et conditions socioéconomiques des femmes. Par la suite, une discussion sur podium a été engagée entre  leaders religieux, professionnels de la santé, magistrats et un représentant de l’Action sociale. A l’issue de ces travaux, les différents acteurs concernés ont fait des propositions concrètes pour lutter contre le mariage précoce parmi lesquelles, la sensibilisation des populations sur les conséquences du mariage précoce, l’interdiction de célébrer les mariages des filles n’atteignant pas les 18 ans, l’application de la loi réprimant le mariage précoce…

A noter que parmi les problèmes de santé qui affectent dangereusement la santé sexuelle des adolescents et jeunes, il y a le mariage précoce. De par sa gravité, sa fréquence et surtout ses conséquences sanitaires (fistules, transmissions IST/VIH, avortement, etc), sociales (divorces, déscolarisation…) et économiques sur les adolescents et jeunes, le mariage précoce constitue un réel problème de santé et un fait de société de grande ampleur.