Faranah: des films et débats pour lutter contre les mutilations génitales féminines et le mariage précoce

19 août 2017 16:16:28
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Comment faire émerger une émotion à partir d’un film qui interpelle afin de favoriser le débat et l’échange pour éveiller l’esprit critique, est l’un des objectifs du Centre International de Recherche et de Documentation (CIRD).

 

C’est dans cette perspective que ce centre, en partenariat avec la GIZ, a initié un projet dénommé « Ciné-débat », ouvert au grand public dans les villes de Faranah, Labé et de Mamou pour la phase pilote afin d’éradiquer les mutilations génitales féminines dans ces préfectures.

Un projet qui vise, à travers la projection d’un film adapté au public ciblé, à faire un dialogue inter générations pour éradiquer les mutilations génitales féminines et les mariages précoces à l’issue duquel naîtra un projet appelé « Seconde chance ».

 

C’est pour quoi après Mamou, ce projet a été officiellement lancé à Faranah le vendredi 18 août en présence des autorités régionales, préfectorales, des organisations de jeunesse, des groupes socioprofessionnels.

Plein comme un œuf, c’est le CECOJE qui a abrité les travaux. Un film de Sembène Ousmane sur les mutilations génitales féminines qui parle de MOOLAADE a été projeté, suivi d’un débat de fond.

Pour sa part, le chargé des projets du Centre International de Recherche et de Documentation, Laurent Zogbélémou, rassure que c’est un centre qui est basée en France et qui a une filière à Kipé, à Conakry. Il œuvre, a-t-il indiqué, pour la promotion de la recherche et qui développe aussi des stratégies pour accompagner les projets du scientifique dans tous les domaines.

«Nous avons une banque de recherche avec plusieurs axes qui sont dans les recherches, la science, la culture et le tourisme aussi. Nous avons aujourd’hui plus de 4 000 ouvrages, une bibliothèque numérique et physique, une salle de projection de documentation et une plate-forme de formation de tous les chercheurs et scientifiques de Guinée. Et nous travaillons avec une équipe professionnelle composée de chercheurs guinéens et étrangers », a-t-il  expliqué.

Très touchée par les conséquences des mutilations génitales féminines pendant la projection, Makouta Diawara, une couturière de 13 ans, larmes aux yeux, apprécie la qualité et le contenu du film.  « Si on continue à exciser les enfants, on va les faire souffrir. Je me battrai pour sensibiliser mes amis afin qu’elles puissent régulièrement suivre ces pareils films très ludiques», a-t-il promis.

Quant à la Conseillère technique régionale de la GIZ pour le programme santé de la reproduction et de la famille basée à Faranah, Dr Aïssatou Diallo souligne: «j’apprécie l’engouement de la population surtout les filles qui sont la cible et tout le monde a donné son point de vu. Tout le monde doit s’impliquer pour dire stop aux mutilations génitales féminines. J’exhorte toutes les mères de Faranah à la lutte contre les mutilations génitales des femmes. »

De son coté, le Directeur régional de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, Alhassane Sampil, a pour sa part, rappelé que l’excision est un phénomène culturel, une pratique ancestrale qui relève du domaine des normes sociales.

D’après lui, il y a deux niveaux d’interventions pour éradiquer ce fléau:

En amont, il faut continuer à faire des causeries éducatives, à engager le dialogue communautaire et faire des visites à domicile, c’est-à-dire continuer à sensibiliser les communautés, les leaders religieux, les leaders féminins pour que tout le monde comprenne en même moment que l’excision n’a aucun avantage sinon que des inconvénients;

En aval, il faut mettre la machine de répression en mouvement parce que la République de Guinée a pris des engagements internationaux à travers sa souscription aux conventions et traités internationaux, a-t-il fait remarquer.

Selon des informations, la Guinée occupe la deuxième place dans cette pratique néfaste sur le plan mondial et première place en Afrique occidentale avec un taux de prévalence de plus de 97%.