Extension de l’aéroport de Kankan: un projet qui oppose les autorités locales aux populations de Foussén

11 juillet 2017 12:12:25
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Les populations ou tout au moins des jeunes du district de Foussén, dans la sous-préfecture de Karifamoriah, préfecture de Kankan, sont, depuis quelques jours, à couteaux tirés avec les autorités de Kankan. Et pour cause, le projet d’extension de l’aéroport de Djankana est perçu par les populations du Foussen comme une menace qui risquerait les exproprier de leurs terres agricoles et d’élevage, a-t-on appris.

Dans les  faits, les autorités de Kankan, en l’occurrence le gouverneur de région et le préfet, auraient entrepris sur instruction du gouvernement guinéen, des démarches pour l’extension de l’aéroport de Djankana. A cet effet, elles auraient procédé à une première délimitation acceptée de   1 200 mètres sur les deux côtés Nord et Sud avant d’exiger un nouveau rajout de 1 500 autres mètres, refusés par les riverains  de Foussen.

Selon le président du district de Foussen, Sira Kaba Sidibé, cette prétention des autorités de Kankan avec ce nouveau rajout de 1 500 mètres, les amènerait tout simplement à quitter le village. «Nous vivons de l’agriculture et de l’élevage. Mais si avec ce prétendu projet d’extension de l’aéroport, on nous retire plus de 95% de nos terres, il va s’en dire que le village va disparaitre », se lamente Sira Kaba Sidibé.

Moussa Sangaré, représentant la jeunesse locale qui ne croit même pas à ce projet d’extension de l’aéroport de Djankana, voit plutôt des velléités d’accaparement de leurs terres pour d’autres fins. «Après qu’on ait accepté une première délimitation de 1 200 mètres, soit 600 mètres au Nord (côté Djankana) et 600 mètres au Sud (côté Foussen). On nous exige un rajout de 1 500 mètres, soit 600 mètres du côté de Djankana et 900 autres mètres du côté de Foussen », a-t-il expliqué.

Devant cette situation, les villageois auraient formulé des doléances auprès de la première autorité de la région de Kankan afin qu’elle s’en tienne à la première délimitation. Mais le gouverneur Mohamed Gharé aurait opposé un refus catégorique et cela avec des propos qui auraient frustré les habitants de Foussen, nous dit-on.

Selon Moussa Sangaré, le général Gharé aurait affirmé qu’il connait l’histoire de l’occupation de Foussen. Ce qui sous-entendrait que ces villageois ne seraient pas des autochtones, affirme-t-il. Et ses propos ont ravivé la colère du doyennat de Foussen qui exigerait, apprend-on, du gouverneur de Kankan le récit de cette histoire avant tout projet d’extension de l’aéroport de Djankana.

Une rencontre entre les autorités locales de Kankan et les représentants du district de Foussen afin de trouver un terrain d’entente, serait en vue. Mais en attendant cette rencontre et surtout la version du gouverneur et de son préfet, c’est la délimitation du vieil aérodrome envahi par les herbes en cette période hivernale qui est mis en veilleuse, nous rapporte une autre source qui a requis l’anonymat.

Par ailleurs, il faut souligner que toutes nos tentatives de joindre le Général Mohamed Gharé, le gouverneur de région, sont restées vaines jusqu’au moment où nous mettons en ligne cette dépêche.

Amadou Timbo Barry, correspondant à Kankan

  • CONDÉ ABOU

    Bon Dieu, quel pays bizarre et incompréhensible, sommes-nous ! L´Aéroport international Leopold Sédar Senghor de Dakar, a été construit par les Français avant l´ indépendance du Sénégal et fut plusieurs fois réfectionné. Il compte deux pistes une de 1500 m et une autre de 3490 m.

    En 2017, il est toujours viable et continue d’être exploité par les tous les longs et moyens courriers internationaux, en dépit du projet actuel de la nouvelle Ville de Diamnadio, un peu loin de Dakar, (Aéroport International Blaise Diagne) et dont l’inauguration est prévue à coup sûr selon les Officiels en Décembre 2017 !

    La preuve, depuis une dizaine d’années, on observe une croissance moyenne régulière de 7 % par an du chiffre d’affaires.
    C’est 35.000 mouvements d’avions qui y ont été enregistrés au cours de l’année 2005, avec un trafic passagers de 1,7 million de personnes (en 2012).

    L’Aéroport de Saint Louis du Sénégal, tout au Nord du pays, a une seule piste d’atterissage qui ne dépasse même pas les 1.900 mètres.

    Ceci dit, l’Aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar construit, il y a plus 60 ans par les Français, est l’un des aéroports les plus dynamiques du continent Africain : il se classe en termes de nombre de passagers au premier rang des aéroports de l’espace UEMOA, au deuxième rang (après Johannesburg) des aéroports d’Afrique subsaharienne (autrement dit hors Maghreb).

    Son aérogare est établie sur la commune de Yoff et ses pistes occupent une grande partie nord de la presqu’île du Cap-Vert entre les localités de Ouakam, Ngor, Mermoz et les SICAP.
    Comment un projet d’extension de l’Aéroport de Kankan au delà de 1200 m peut-il se justifier en ce moment précis où il n’existe aucun résultat de développement du projet ou d’exploitation financière disponible ?

    Ce projet d’extension de la piste de Kankan, que vous venez de décrire, est une aberration complete et qui cache très mal d’ailleurs, des plans obscurs inutiles sur toute la ligne pour les communautés locales.

    Toute la Société civile, les jeunes et Femmes et les citoyens de tous les bords politiques de Kankan, devraient dénoncer et combattre ce projet d’extension anti-économique. Une charrue ne se met jamais avant les boeufs dit-on. Triste.

    Rien que de la dictature de la part de la puissance publique contre une communaute locale sans force.

    Merci pour la courtoisie de Guineenews.