Exclusif : L’administration Trump confirme son opposition à un 3ème mandat en Guinée

26 novembre 2017 13:13:00
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« Nous nous opposons à des révisions de constitution pour se maintenir au pouvoir… »

L’administration Trump n’est pas favorable à un 3ème mandat en Guinée, tout comme, partout ailleurs et n’encourage pas d’une modification de la constitution, à cet effet.

Elle considère que la modification de la Constitution a été, à la source de nombreux conflits, de par le passé.

Comme jusqu’à ce jour, l’intéressé lui-même, le président Alpha Condé, n’a pas  dit, si oui ou non, il comptait briguer un troisième mandat, alors c’est à une réponse ‘’ très prudente et très diplomatique ‘’, que  nous avons eu droit,  quand nous avons contacté, le bureau du Sous-secrétaire d’Etat américain, chargé des affaires Africaines,  par intérim, Donald  Y. Yamamoto.

Ce n’était pas la première fois que le gouvernement américain se prononçait sur le sujet.

L’on se rappelle, que l’ambassadeur des États Unis en Guinée, Dennis B. Hankins, – nommé par l’administration Démocrate, du président Barack Obama, avait été le premier à se déclarer contre une éventuelle révision de la Constitution, en la matière.

L’interview a été réalisée à la faveur de la rencontre à Washington entre le secrétaire d’État, Rex Tillerson et les ministres des affaires étrangères de 37 pays africains.

Qu’arrivera-t-il donc quand le président Alpha Condé qui teste le terrain actuellement, décidera de se porter candidat ?

En attendant d’avoir une réponse à cela, le bureau du secrétaire Don Yamamoto, a répondu, à certaines de nos questions. Lisez plutôt :

Guinéenews© : L’Afrique n’a pas du tout été une priorité pour cette nouvelle administration. Le président Trump a rencontré et parlé au téléphone à des dirigeants du monde entier à la Maison Blanche, à l’exception de quelques dirigeants africains, lors de l’Assemblée générale de l’ONU). Pendant ce temps, la Chine poursuit, son expansion et solidifie ses liens avec le continent ? Votre point de vue sur cela ?

L’Afrique est une priorité pour cette administration comme en témoigne la réunion du président (Trump) avec un groupe de dirigeants africains en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies et la réunion ministérielle du Secrétaire avec 37 pays africains et l’Union africaine, le 17 novembre. Nous prévoyons une visite de plusieurs dirigeants du Département d’Etat au cours des six prochains mois.

Guinéenews© : L’administration Trump réduit le financement de l’USAID et du Département d’Etat. Cela va-t-il affecter différentes initiatives ou programmes pour lutter contre l’épidémie Ebola ?

Nous continuons à soutenir le programme de sécurité sanitaire mondiale (Global Health Security) en utilisant les 72,5 millions de dollars restants des fonds «Ebola Supplemental» , de l’exercice fiscal 2015, ce qui va en ligne droite du programme de soutien pour la sécurité sanitaire mondiale, dans les programmes de développement, à partir des niveaux de 2016. Le solde restant du programme de riposte à l »épidémie du virus Ebola, constitue une source de financement appropriée pour les programmes dont l’objectif est de prévenir et de contenir les flambées futures de maladies existantes ou nouvelles.

La programmation de ces fonds , permettra au gouvernement américain, en partenariat avec d’autres nations, organisations internationales, et partenaires publics et privés, de prévenir les épidémies  prevenables , qui pourraient se propager aux États-Unis, détecter les menaces très tôt, et réagir rapidement et efficacement aux épidémies. afin de les empêcher de devenir des pandémies mondiales.

Le budget vise à accroître l’efficacité du programme et faire un effet de levier des ressources existantes. Le financement permettra de soutenir durablement la sécurité sanitaire mondiale et de mettre en place des systèmes nationaux pour prévenir, détecter et répondre aux menaces émergentes qui pèsent sur les populations américaines.

Guinéenews© : Soutenez-vous des changements dans la Constitution en Guinée pour permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat ?

Les États-Unis sont convaincus que des transitions pacifiques du pouvoir à la suite de véritables élections garantissant la libre expression de la volonté du peuple sont essentielles pour des démocraties fortes.

Les efforts déployés par les  présidents sortants, pour  se maintenir au pouvoir au-delà des limites légales, ne font qu’affaiblir les institutions démocratiques. Les pays d’Afrique, y compris la Guinée, ont établi des constitutions, qui créent des limites de mandats. Nous soutenons le respect de ces constitutions.

La position américaine est cohérente. Nous nous opposons à des changements de constitution, destinés à favoriser le leader politique en place. Cela a été notre position dans toute l’Afrique, y compris au Rwanda.

En Guinée spécifiquement, le président Condé a moins de deux ans dans son deuxième mandat quinquennal. Bien que certaines personnes liées à la présidence, aient parlé de la question, le président n’a jamais parlé d’un troisième mandat.

Interview réalisée par Mouctar Baldé membre du Foreign Press Association.

  • CONDÉ ABOU

    Chacun peut dire ce qu’il veut à propos de ce sujet inutilement compliqué en Guinée. De toutes façons comme on dit en Côte D’Ivoire, cabri mort n’a pas peur du couteau.

    Un troisième mandat en Guinée, est impossible et calamiteux pour le pays.
    Ni en interne, ni à l’externe au niveau de la sous région, le Président de la République ne trouvera le soutien politique et la force nécessaire pour faire aboutir un tel projet.

    Ce que je salue chez les Américains, c’est tout simplement la clarté de leur discours politique et la logique qui la sous-tend aussi bien au Rwanda, en Guinée comme ailleurs à propos de changement de Constitution et de nombre de mandats présidentiels .

    De mon point de vue, l’on pourrait faire une double lecture des conséquences de la décision de l’Administration Trump que vous venez de présenter:

    I – LA MODIFICATION DE LA CONSTITUTION EN GUINÉE SE SOLDERA PAR UNE CATASTROPHE POLITIQUE SANS PRÉCÉDENT

    Qui peut croire un seul instant que Paul Kagamé ressemble à Alpha Condé ? Personne, et je ne vois pas comment peut-on comparer un guérillero qui a trouvé son fauteuil présidentiel après un génocide de près d’un million de ses compatriotes majoritairement Tutsis d’une part, et de l’autre, un Professeur d’Université qui est arrivé au pouvoir suite à une transition militaire et à une Constitution qui a rendu possible son élection par voie d’élections démocratiques et selon des termes de mandats tellement clairs et précis.

    Quiconque rève d’un 3ème mandat sur la base de la modification de la Constitution actuelle en Guinée, échouera lamentablement et avec les conséquences les plus désastreuses qui s’en suivront.

    Quand on a vu dans quelles conditions le tout récent coup d’État de l’Armée au Zimbabwe vient d’être déclaré par un Tribunal d’Harare comme légal et non contraire à la Constitution, il y a de quoi réfléchir avant de se créer inutilement des problèmes désastreux en Guinée.

    L’intervention militaire qui a conduit à la démission du Président Zimbabwéen, Robert Mugabe n’est pas contraire à la constitution. C’est en tout cas ce que pense un Tribunal d’Harare qui estime que cette intervention est “légale“. Le Tribunal va plus loin en justifiant ce coup de force par la volonté d’”empêcher des proches de Robert Mugabe d’occuper des fonctions électives“.

    Pour rappel, le Président Mugabe a été contraint à démissionner après l’interveniton de l’Armée qui a pris le contrôle du pays suite au limogeage du Vice-Président Emmerson Mnangagwa. Celui-ci a été investi, Vendredi 24 Novembre 2017, en attendant les prochaines joutes électorales prévues en Août 20128.

    Question. Pourquoi l’Union Africaine et la SADEC n’ont-elles pas trouvé à redire après le coup de force de l’Armée Zimbabwéenne ? Allez savoir et dites-le nous.
    Qui n’a pas suivi la cérémonie d’investiture dans le grand stade d’Harare pris d’assaut par une marée humaine de plus de 60 mille personnes ?

    Tous les principaux leaders de la SADEC étaient là: les Présidents Edgar Lungu (Zambie), Ian Khama (Botswana), Felipe Nyusi (Mozambique), le Vice-Président Namibien Nickey Iyambo et les anciens Présidents Kenneth Kaunda et Rupiah Banda (Zambie), Sam Nujoma et Hifikepunye Pohamba (Namibie). L’Afrique du Sud était représentée par le Ministre des Postes et Télécommunications, Siyabonga Cwele. C’est tout dire !

    Les journalistes du monde entier ont été marqués par l’arrivée du nouveau Président Emmerson Mnangagwa, en capturant les premières images du deuxième Président exécutif du Zimbabwe.

    Le nouveau Président Emmerson Mnangagwa a reçu les félicitations incroyables du leader de l’Opposition, le Président du MDC T, Morgan Tsvangirai, après son investiture au stade national d’Harare ce Vendredi 24 Novembre 2017 !

    II – LE RPG ET L’ENSEMBLE DE LA CLASSE POLITIQUE GUINEENNE DEVRAIENT S’AVISER DE RÉFLÉCHIR AUX AVANTAGES ET BÉNÉFICES À ACCORDER EN VUE D’ASSURER UNE RETRAITE DORÉE AU PRÉSIDENT DE LA REPUBLIQUE AU TERME DU SECOND MANDAT EN 2020.

    L’exemple du Zimbabwe donnera forcément des idées à beaucoup de politologues et représentants de l’élite militaire en Afrique. Qu’on le veuille ou non.
    Voici ce que la Presse d’Harare vient de publier en rapport aux conditions proposées par l’Armée pour obtenir le départ en douceur de Robert Mugabe et de son épouse Grace Mugabe.

    The Standard, journal privé qui cite son entourage, affirme que Robert Mugabe avait « les larmes aux yeux » quand il a accepté de céder le pouvoir. Il se serait aussi lamenté de « la trahison de ses lieutenants ». « Les gens sont des caméléons », aurait alors déclaré le vieil homme de 93 ans.

    Fidelis Mukonori, son ami Prêtre catholique qui a servi de médiateur lors des discussions avec les Généraux de l’Armée Zimbabwéenne, affirme de son côté que plusieurs jours déjà avant sa démission, Robert Mugabe « savait que c’était la fin de la route », et qu’il est apparu « soulagé » au moment de signer sa lettre de démission.

    Avec quels avantages le farouche panafricaniste et fervent socialiste Robert Mugabe partira à la retraite ?

    Selon la Presse, Robert Mugabe partirait à la retraite avec un « package » de près de 10 millions d’Euros. C’est ce que révèle la presse Zimbabwéenne, ce Dimanche 26 Novembre, citant des hauts responsables de la Zanu-PF, le parti au pouvoir.

    Selon un haut responsable de la Zanu-PF, 5 millions de Dollars US vont être versés immédiatement à l’ex-Président Robert Mugabe, en plus d’un salaire de 150 000 Dollars US, chaque année, jusqu’à sa mort. Après son décès, Grace, sa femme, touchera la moitié de ce salaire pour le reste de sa vie.

    En plus de cette allocation, le Gouvernement s’engage à payer les frais médicaux de l’ex-Président, âgé de 93 ans, ainsi que ses frais de voyage à l’étranger.

    Robert Mugabe se rend à Singapour plusieurs fois par an pour se faire soigner. Enfin, seront ajoutés à cela, les coûts liés à sa sécurité, ce qui représente, en tout, un « package » évalué à 10 millions de Dollars US.

    Le couple peut également continuer à résider dans leur Maison Blue Roof, dans le quartier de Borrowdale, à Harare, une résidence de 25 chambres évaluée à 10 millions de Dollars US.

    Le Secrétaire Général du MDC, principal parti d’opposition, a réagi. Pour Douglas Monzora, l’ex-Président a droit à un salaire comme tout ex-chef de l’Etat mais « le payement de 5 millions d’Euros supplémentaires est inutile et ressemble fortement à un pot-de-vin ».
    Robert Mugabe «savait que c’était la fin de la route»

    Plusieurs jours après sa démission forcée, Robert Mugabe est toujours au pays et les témoignages commencent à sortir dans la Presse Zimbabwéenne sur son état d’esprit actuel, ainsi qu’au moment de son départ du pouvoir.

    Cinq jours plus tard, l’ex-Président semble aller bien selon ses proches. « Il est plutôt jovial. Il se réjouit de sa nouvelle vie, de s’occuper d’agriculture et de rester dans sa maison de campagne. Il a bien pris les choses » commente son neveu Leo Mugabe, cité par l’AFP.

    Selon lui, Grace Mugabe se consacre maintenant à son projet d’Université en l’honneur de son ex-Président de mari. Un projet estimé à 1 milliard de Dollars US et qui a fait grincer des dents lorsqu’il a été dévoilé en Août dernier.

    Robert Mugabe a de quoi être serein. Ses affaires et celles de sa famille ne seront pas inquiétées.

    Voilà le parachute doré que l’Armée Zimbabwéenne vient d’accorder à Robert Mugabe pour obtenir de lui un départ sans effusion de sang. Et puis la vie continue.

    CONCLUSION:

    Par rapport à la question de la modification constitutionnelle en Guinée et à la limitation du nombre de mandats présidentiels, vous verrez que les Américains ont vu très juste et comment ils seront très conséquents dans leurs décisions. L’hypocrisie de certaines chapelles diplomatiques ne reglera pas du tout cette question.
    Wait and see.

  • Aly Kamara

    En respectant la constitution guinéenne, le professeur ne pourra se présenter pour un troisième mandat, cela se voit facilement dans tous les discours, il n’aura ni la force ni le soutient mais que cela ne tienne, La Guinée est un pays indépendant nous n’avons pas besoin d’une ingérence étrangère dans nos politiques, les états unis peuvent demander à Vladimir ne pas se présenter la prochaine fois, la voix des Guinéens est la plus importante. Que Dieu bénisse la Guinée.