Espagne : les conséquences de l’indépendance de la Catalogne seront amères

06 octobre 2017 13:13:37
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Par orgueil et par intérêts, Madrid et Barcelone se sont tournés le dos alors que chaque côté est bien conscient que la sécession sera amère, surtout du côté de la Catalogne, qui sera riche mais orpheline et vulnérable hors de l’Union avec  l’Espagne. Ce qu’elle demande à Madrid, elle ne l’obtiendra avec aucun autre en Europe et elle sera surtout l’objet d’une méfiance générale.

 Du statut économique : elle a un tas de frustrations, mais on ne retiendra seulement qu’elle veut obtenir un statut économique semblable à celui du pays Basque espagnole, qui, après avoir longtemps tenu tête à Madrid, a obtenu un statut privilégié de gérer et de jouir entièrement de sa richesse. Cela a-t-il donné envie aux Catalans de faire autant pour obtenir autant ?

Pourquoi la Catalogne veut son indépendance ?

De loin on pourrait les condamner, mais si les voisins d’Europe de l’Espagne ne mettent pas trop l’accent sur cette tentative de défection et demandent plutôt une négociation, c’est que les Catalans ont une part de légitimité. Le silence pesant de l’Europe renforce la volonté et la détermination des séparatistes, qui se voient un peu dans une oppression que personne ne soutient et ne condamne ouvertement.

 Ainsi, les Catalans produiraient 20% du PIB de l’Espagne et doivent verser 50% à Madrid comme contribution au développement national. Ce régime fiscal serait la seule cause de cette insurrection, on ne peut le dire, mais pour organiser vaille que vaille le référendum du 1er octobre que Madrid a tenté advienne que pourra d’empêcher sans que l’Europe ne prenne parti, c’est qu’il y a légitimité de part et d’autre.

Si l’Europe ne dit rien, il y a de quoi. Avec le Brexit, il est plus qu’impérieux de renforcer l’union, en dépit d’autres raisons mineures dangereuses pour l’UE, tout le reste se comprend, c’est ce que les séparatistes catalans ne comprennent pas, à leurs dépens, la démocratie, tout le monde s’assoit dessus.

On dit que Felipe VI a été maladroit d’adopter la position radicale en voyant la Garde nationale empêcher la tenue du référendum, le roi devait laisser couler et ne pas tenir compte du résultat du référendum, mais le référendum illégal était déjà la volonté manifeste au plus haut niveau de la désobéissance civile et civique, passé ce stade de référendum, ce serait le refus de payer l’impôt et tout ce qui s’en suit pour s’isoler de Madrid. Que devrait-il faire pour éviter que d’autres ne suivent le mauvais exemple catalan ? Déjà, des banques et d’autres institutions montrent leur désir de quitter la Catalogne, elle sera bien orpheline et ne pourra pas vivre en autarcie

Au cas où le Barça était exclu de la Liga 

Le président de la Liga espagnole de football a menacé d’exclure le Barça du championnat, au cas où l’indépendance était proclamée. Un autre grand coup de bluff. Car, il sait consciencieusement que sans le Barça, le championnat espagnol est incolore, inodore et sans saveur. Mais le faisant ainsi, il sait qu’il tient les indépendantistes par la bride, le licou et la laisse. Le Barça est tout pour les Catalans et aussi pour les Espagnols. Sans le Barça dans la Liga, on ne sait pas dans quel autre championnat le Barça pourra s’exprimer, tous les autres pays étant solidaires du gouvernement central d’Espagne, en plus quel championnat d’Europe accepterait d’accueillir un épouvantail comme le FC Barcelone ?

 En dehors de l’Europe, la Catalogne vaut toujours quelque chose, mais quoi ? Même les séparatistes ne sauront où donner de la tête. Quel sera le nouveau quota  de taxe et les ristournes que Madrid acceptera de lâcher et combien consentirait la Catalogne de donner à Madrid  comme caution pour vivre normalement ?

Après avoir commis presque l’irréparable, le chef des séparatistes ne veut pas faire comme Theresa May, mais c’est tout comme. Il demande une médiation tout en restant sur sa position pour ne pas perde la face, mais quoi qu’il adviendra, il sait qu’il a tout perdu dans une affaire où, normalement, Madrid a raison de tenir l’os, Barcelone n’a pas tort de le réclamer.

 Désormais en Espagne, les Catalans, après avoir fait une pique dans la baudruche, devront s’attendre à bien des choses,  la raison du plus fort ?

La question reste posée.