jeudi, 30 mars 2017, 02:47 GMT

De Sassé à Thiallakoun en passant par Pounthioun, Gadha Pounthioun, Hoggo M'Bouro, Pépé, Donghora et Domby (tous des secteurs et quartiers traversés par les quelques cours d’eau existant à Labé), pour ceux qui connaissent cette ville, ceux-ci n’existent désormais que de nom ; car de nos jours, ils servent de lieux d’habitation ou de dépotoir d’ordures au su et au vu de tout le monde, a constaté sur place Guinéenews©.

 

Ces cours d’eau qui jadis servaient fièrement les habitants de la capitale du Foutah Djallon douze mois sur douze ne sont dorénavant opérationnels qu’en saison des grandes pluies ; et ils servent de caniveaux d’évacuation des eaux de ruissellement. Une situation qui attire l’attention des spécialistes environnementaux basés à Labé qui ont voulu procéder à un rappel à l’ordre.

 

img_9687Aissatou Ousmane Baldé, ingénieure en eaux et forêts aborde le sujet à l’aune de sa perception. « Ce sont des choses qui sont causées par la coupe abusive du bois parce que si vous remarquez bien, auparavant, il y avait beaucoup d’arbres au bord de ces marigots. Tout cela a été coupé et remplacé par des habitations. Donc, c’est quelque chose qui est aussi dû à l’explosion démographique de la population, l’agrandissement des villes. C’est ce qui fait qu’on coupe le bois jusque dans les marigots pour en faire des habitations », entame-t-elle.

 

Responsable suivi et évaluation d’une ONG environnementale de la place, Mamadou Aliou Diari Diallo, renchérit : « C’est tout simplement occasionné par les activités c’est-à-dire le quotient de l’homme. Quand vous prenez les cours d’eau des centres urbains ou les ruisseaux qui existaient avant, pour la plupart, il y a eu des occupations anarchiques. Que ce soit des constructions, des dépotoirs d’ordures. En plus, les eaux de ruissèlement drainent les ordures au niveau des lits de ces cours d’eau. Donc c’est ce qui a causé tout ça. »

 

Pourtant, les conséquences de cette situation causée et occasionnée par l’homme sont néfastes et inestimables soutient Aissatou Ousmane qui revient en ces termes : « Les rivières peuvent déborder et créer des dommages à ces personnes qui y habitent. Les conséquences, c’est le réchauffement climatique global de la planète. Regardez, l’harmattan, ce n’est plus comme avant au Foutah, ce n’est plus la même chose. Il fait excessivement chaud. Donc, c’est dû à cette coupe abusive du bois. »

 

« Je dirais aux autorités locales chargées des eaux, forêts et en environnement ou bien chargées de l’assainissement, c’est de décentraliser. Il faut décentraliser jusque dans les secteurs, jusque dans les quartiers pour que vraiment les chefs de secteurs, les chefs de quartiers prennent en charge l’assainissement de leur quartier. On doit essayer d’aménager les bords des marigots, les bords des rivières et en faire des lieux d’attractions, des parcs, des réserves au lieu d’y habiter », insiste Aissatou Ousmane Baldé, ingénieure en eaux et forêts.

 

img_9686Pour Aliou Diari Diallo, les pistes de solutions ne manquent pas. « D’abord, il faut sensibiliser les gens sur la citoyenneté ; en seconde phase, on peut envisager des activités d’assainissement autour de ces cours d’eau, c’est-à-dire on peut curer les cours d’eau comme on peut les nettoyer et ne plus déposer les ordures le long des cours d’eau. Mais aussi éviter de couper les arbres qui sont autour de ces cours d’eau parce que c’est l’un des plus grands problèmes », reconnaît-il.

 

À la section préfectorale de l’environnement de Labé, Mamadou Kobera Diallo, le responsable du service lève un coin du voile sur les initiatives de son service quant à la sauvegarde de ces cours d’eau. « Par rapport à l’environnement, voilà ce que nous envisageons pour sauver les cours d’eau. La première des choses, c’est de protéger le reliquat de forêt qui reste le long des cours d’eau. La deuxième des choses c’est de reboiser pour augmenter la couverture forestière qui empêche l’évaporation de l’eau. La troisième, c’est d’essayer de faire moins de dégât par rapport à tout ce qui est formation forestière le long des cours d’eau et au niveau des berges », affirme-t-il.

 

Pour ce qui est des habitations, Mamadou Kobera Diallo soutient que son service envisage cette année de marquer les limites actuelles au niveau des berges des cours d’eau pour réduire la poussée des bâtiments sur les lits de ceux-ci. 

Alaidhy Sow

Labé, Moyenne Guinée

Alaidhy Sow