mardi, 28 mars 2017, 11:54 GMT

Lors de son passage devant les députés, la ministre de l’Environnement s’est emmêlé les pinceaux. On ne sait pas si le budget du ministère de l’Environnement ne s’élève qu’à 82 milliards ou à 92 milliards, mais elle a dit que le salaire (des employés du ministère, on suppose) est de 92 milliards et que si on enlevait 92 de 82 milliards…que va-t-il rester ? se demande-t-elle.

Si on la dédouane de ce galimatias, on pourrait supposer que le budget de fonctionnement de l’Environnement n’est que de 10 milliards de nos francs, ce qui veut dire que son champ d’action est bien réduit. Voilà pourquoi le gaz butane Orys qui se vendait avant la COP-21 à 105000fg. Il se vend actuellement à 120 000fg. C’est-à-dire après la COP-22 à 120000 fg, soit une augmentation de 15000fg. Et le ministère de l’Environnement laisse monter les enchères.

 

Quel est son dessein véritable ? Bonjour au charbon de bois ? Les campagnes de reboisement ne pourront jamais compenser les coupes mêmes réglementées. Les essences reboisées ne pourront jamais remplacer les essences coupées. Une forêt reboisée est une forêt sans vie et sans âme, sans éco-système, sans biodiversité. Quant aux foyers améliorés, elle ne dit mot, alors que ces foyers restent inaccessibles à la plupart des ménagères. Il n’y a aucune avancée dans la protection de l’environnement !

Sur les mesures palliatives apportées pour soulager les populations situées entre les usines de ciment et de farine, elle s’est assise dessus, mais on l’informe qu’une usine de savon située à Kagbélén-rail pollue à son tour les populations environnantes, on commence à entendre leurs pleurnichements au sujet de la poudre de soude ou quoi-là que dégage cette usine, qui blanchit tous les feuillages, les tôles, les arbres de tous les environs. Grave, grave !

 

 Sur les matières plastiques et les sacs en papier, également rien. La ministre n’a pas encore de solution, comme le gouverneur de Conakry.

Aussi, elle n’a pas répondu à l’apostrophe de Ousmane Gaoual, qui lui a suggéré de ne pas se promener avec une caisse (une sébile) partout dans les ambassades et institutions internationales pour demander des contributions. C’est vrai que cela ne fait pas honneur, mais que veut ce Ousmane Gaoual, quand son budget n’est que ce qu’il est, elle est obligée de faire la manche, si elle met tout dans l’environnement. Si le démuni n’a que peu d’orgueil, il ne doit surtout pas avoir de prétention.

 

Il faut se dire une vérité dans le blanc de l’œil : les problèmes de l’environnement ne préoccupent les Guinéens qu’à l’approche d’une COP. D’ici à 2018, Christine Sagno aura oublié son latin environnemental, parce que la zone de Dubreka sera complètement polluée par les usines en construction sans aucune norme.

 

Moise Sidibé