Emeutes de Boké : « Les autorités doivent faire face à leur responsabilité », dit Eli Kamano

18 septembre 2017 12:12:49
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“La musique adoucit les moeurs”, disait l’autre. Et cet adage trouve tout son sens à en juger le geste que le reggae man Marechal Eli Kamano, a posé le vendredi 15 septembre dernier dans la préfecture de Boké. Une ville qui est depuis cinq jours, est le théâtre de violents affrontements entre forces de l’ordre et la population qui réclame le retour à la normale de la desserte électrique.

Joint au téléphone par Guinéenews© le dimanche 17 septembre, Eli Kamano est revenu sur les raisons de sa présence à Boké .  » Je suis venu en tant que citoyen et aussi, parce que je suis mandaté par ma conscience. J’ai entendu les cris de coeur des enfants de Boké et je suis venu assister cette population, cette jeunesse, m’enquérir des réalités. Lorsque j’ai compris les revendications, je me suis dirigé à la radio avec toute la jeunesse de Boké où j’ai passé des messages de sensibilisation pour que la cité ne soit pas brûlée. Car après tout, Boké appartient aux Guinéens et aux natifs de Boké”, s’est expliqué l’activiste.

Poursuivant, Eli Kamano a remercié l’esprit patriotique qui anime les jeunes malgré leur déception et leur frustration.  » C’est après avoir entendu ce message que la jeunesse a accepté de se calmer et de passer aux négociations « , ajoutera-t-il.

Satisfait d’avoir contribué à l’accalmie dans la préfecture de Boké, le reggae man notifié :  » Aujourd’hui, Dieu merci car les groupes sont arrivés et la ville a accusé la réception d’un transformateur. L’EDG (l‘électricité de Guinée) est en train de travailler d’arrache-pied pour redonner le courant à la ville de Boké.

Revenant sur ses échanges avec les jeunes, Eli Kamano a peint le tableau des revendications qui tournent au tour du manque d’électricité et d’eau, le chômage accru des jeunes de Boké ainsi que le départ du préfet et du gouverneur.

Sur la question de savoir s’il a rencontré les autorités en place, le reggae man a souligné :  » Je n’ai pas voulu rencontrer les autorités de Boké pour ne pas que je sois assimilié à elles. « 

“Les autorités doivent faire face à leur responsabilité et diligenter vite fait, une délégation car jusqu’à présent, le gouvernement ne s’est pas fait représenter pour satisfaire les attentes de cette population frustrée. Dans un premier temps, ma mission est accomplie”, a conclu Eli Kamano.

Depuis presqu’une semaine, la préfecture de Boké érigée en zone économique spéciale, traverse des tumultes qui ont causé des cas de morts, des blessés graves parmi les militaires et les manifestants, des cas de vandalisme et aussi de la perturbation des activités industrielles de certaines usines évoluant dans les périphéries.