Elimination CAN 2019 : le Syli National affirme son désir d’être au rendez-vous de Yaoundé

12 juin 2017 9:09:33
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Le plus difficile a-t-il été fait à Bouaké ? On ne le croit pas. Même si un des innombrables signes indiens a été vaincu, l’appréhension de la suite existe, et pour cause, le Syli  est plus excellent en pire qu’en meilleur.

 En attendant, en tirant les leçons, il faut savourer avec modération cette nette victoire sur les Eléphants qui continuent la descente aux Enfers depuis leur sortie catastrophique en matches de poule de la dernière CAN au Gabon et leur naufrage devant les Hollandais. Le départ massif des anciens et l’arrivée des nouveaux avec un coach tout neuf, qui ne connaît pas son effectif et qui apprend à connaître le football africain, sont des facteurs négatifs. Le Syli a saisi la balle au bond pour se revancher de toutes les fessées reçues pendant cette décennie.

Sur la rencontre : le Syli a su rendre coup pour coup à deux reprises avant de prendre la belle. La défense ivoirienne a des choses à se reprocher. Sa défense aussi ne rassure pas trop. Lappé Bangoura a eu deux ou trois  frayeurs. Parlant du coach guinéen, il ne doit pas vite chanter sur les critiques malveillantes. Il lui reste la Centrafrique, qu’on donnait pour être le « tam-tam » de cette poule a surpris le Rwanda, qui était plus craint. Cela signifie qu’il doit faire gaffe et ne pas se faire mousser préventivement le bourrichon. Les Guinéens ont raison d’en attendre davantage. Il sera sur la sellette jusqu’àààà ! Dans son cas, le silence est d’or, la parole est à ceux qui tirent sur lui. Eux peuvent se dédire et chanter la palinodie, pas lui. Il n’a aucune alternative que gagner. A bon entendeur…

Ce qui est admirable et qui est à souligner, c’est que pour la première fois, le onze national est vraiment national, c’est-à-dire authentiquement guinéen, sans coiffure de singe, de rasta ou d’indien, en restant eux-mêmes et disciplinés, ils ont joué leur jeu librement et calmement, naturellement, sans emportement et sans fantaisie. Laisser le Guinéen faire ce qu’il sait faire sur un terrain de foot, il peut montrer de bonnes choses, cela est vu à travers le résultat. Cet effectif n’est pas terrible, mais il a montré une cohésion et une solidarité admirable. Ces joueurs doivent comprendre qu’ils ne sont pas des stars et que rien ne sert de jouer aux stars si l’équipe ne gagne pas, mais si l’équipe gagne, ils sont tous stars. Il faut continuer sur la lancée.

Aussi, l’assurance et la sérénité chez Lappé, qu’on a rarement vu sortir de ses gonds au cours de cette rencontre, il n’en a pas été de même chez son vis-à-vis, cela a permis à ses poulains de s’exprimer librement, comme à l’entrainement, leurs adversaires ont été sous pression et n’ont pas pu se produire librement. Il faut ajouter que dans de telle atmosphère, le soutien du public ressemble à une pression supplémentaire. Tout le monde sait que si le coach s’emporte, il embrouille ceux qui jouent, mais s’il les encourage et les félicite de façon gaie et détendue, chacun montrera ce qu’il sait faire.

Ce qui reste à faire pour la continuation est dans le camp des autorités sportives, c’est d’accorder plus d’autorité morale à Lappé, même s’il est conscient qu’en cas de qualification, c’est lui qui ira à Yaoundé, à moins que les autorités ne fassent comme d’autres dirigeants.

Après les Lions indomptables, voilà les Eléphants dans l’escarcelle de Lappé. Le défi est de mettre les Lions de la Téranga, les Aigles du Mali et surtout les Black Stars du Ghana dans le même panier. Avec cette victoire sur les Eléphants, le Syli National sera la cible des autres du gotha africain. Pourra-t-il garder la tête froide et la cohésion jusqu’à Yaoundé ?