Election présidentielle de 2020 : « Nous n’accepterons plus la fraude », prévient Cellou Dalein

12 novembre 2017 10:10:54
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Le siège de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée a vibré ce samedi d’une ambiance festive toute particulière.  Ceci, en prélude à la célébration le 15 novembre prochain,  des  10 ans de Cellou Dalein à la tête de l’UFDG.  Des représentants de toutes les fédérations de l’intérieur du pays étaient présents à cette assemblée générale hebdomadaire.  Des artistes des 4 régions naturelles du pays se sont relayés pour égayer les militants massivement mobilisés.

En prenant la parole devant une masse de militants tous de blanc vêtus, le leader de l’UFDG accompagné de son épouse Hadja Halimatou,  a rendu un hommage à feu Bah Mamadou qui l’a confié les rênes du parti, il  y a dix ans. «  C’est une grande marque de confiance » entame le leader de l’UFDG qui considère cela  comme un défi.

Il s’est en outre félicité pour avoir fait de l’UFDG, grâce aux militants, la première force politique du pays.  Mais le combat ne se limite pas là, dira-t-il, « parce qu’il faut réussir la mission  que Feu Bah Mamadou m’a confié et cette mission ne sera atteinte que lorsque je serais à Sékoutouréya » annonce Cellou Dalein.

« Il faut qu’on ait une élection transparente en 2020. Il n’y a pas d’autres alternatives.  Je  pense qu’on a suffisamment donné la preuve de notre attachement à la paix, à l’unité de la nation. On a renoncé à nos droits pour que la Guinée vive en paix. Il faut que les fraudeurs comprennent  que nous n’accepterons plus la fraude. Nous allons veiller à ce que les élections soient transparentes », prévient cellouDalein.

Mais, souligne Cellou Dalein, il y a une autre étape très importante à franchir avant l’élection présidentielle de 2020.

« Vous devez faire en sorte que lors des élections locales, l’UFDG gagne partout.  Il ne s’agit pas de dire simplement qu’on sera à la présidence de la République. La première étape la plus importante ce sont les élections locales. Il faut vous mobiliser pour qu’on gagne parce que, dira cellou Dalein, il n’y a pas de raison qui pourrait nous empêcher de les gagner. Il suffit juste de vous organiser  »

Poursuivant, il présage que la corruption ainsi que la fraude seront là, mais il faut les refuser. Il faut  qu’on se prépare pour montrer qu’en 2020, on n’acceptera pas la fraude et commençons par 2018 avec les élections locales.  Si vous voulez porter Cellou à la présidence en 2020, il faut commencer par gagner les quartiers et les communes», conseille le président de l’UFDG.

  • CONDÉ ABOU

    LETTRE CONFIDENTIELLE ADRESSÉE À MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE L’UFDG

    Monsieur le Président de l’UFDG,

    Permettez-moi, Monsieur le President de l’UFDG que je vous adresse la présente narration sur le projet d’alternance politique de 2020 en Guinée et sur quelques pages d’histoires troublantes du parcours des principaux Leaders de premier plan de l’Opposition en Afrique au Sud du Sahara.

    Je m’empresse de vous réaffirmer que vous avez parfaitement raison de défendre vos légitimes ambitions, et vaille que vaille pour que vous accédiez à la magistrature suprême du pays. Ceci dit, les résultats de la présidentielle, que dis-je, votre arrivée au fauteuil présidentiel se joue sur un registre politique extrêmement compliqué.

    (1)Si nous étions dans une logique cartésienne, il n’y aurait même pas de quoi souffrir pour projeter votre succès électoral en 2020. J’en ai l’intime conviction. Et c’est pour cette logique cartésienne, que personnellement j’ai choisi de défendre le principe de l’alternance politique sous votre drapeau.

    Mais où en sommes-nous sur le terrain, à moins de trois ans de la prochaine présidentielle en Guinée ? Votre challenger, ne sera même pas à proprement parler, visible ou derrière la machine électorale du pays. Il y a des hommes et femmes “plus royalistes que le Roi lui-même” pour faire fonctionner cette machine. C’est pourquoi la question de la lutte contre la fraude électorale relève de la croix et de la bannière dans ce pays.

    (2)L’histoire récente des élections présidentielles en Afrique, montre qu’en réalité, et aussi bizarre que cela soit, sauf cas exceptionnel, les Commissions Électorales sont toujours plus fortes que les Cours Suprêmes en Afrique. C’est toujours leurs résultats qui ont le dernier mot, partout où il y a eu contentieux électoraux.

    Les cas du Kenya, de l’Ouganda, du Congo Brazzaville, de l’Ethiopie, du Gabon, et même de la Côte D’Ivoire en 2010 le démontrent clairement.

    Si le Gouvernement de Mr. Sarkozi n’était pas intervenu militairement en Côte D’Ivoire en 2011, certainement que l’actuel Président Ivoirien ne serait jamais arrivé au pouvoir dans ce pays.

    (3)Sur quel soutien politique clair, réel et efficace pouviez-vous compter, Monsieur le President de l’UFDG en dehors de celui de l’électorat populaire ?

    Sur celui de ceux qui gouvernent actuellement la démocratie Africaine sur télécommande à partir de l’Europe ? Ce serait une erreur monumentale de se fier au discours politique clair-obscur qui nous vient de l’Europe avant et après les élections. Pourquoi ?

    Pour la simple raison que toute la planète entière, sait d’avance dans le cas actuel de la Guinée, la position officielle exprimée par les Etats Unis en ce qui concerne la question d’une éventuelle modification Constitutionnelle en Guinée. Les Américains sont, on ne peut plus clairs, à propos de l’éventualité d’une modification de la Constitution en Guinée !

    Par contre, personne ne sait à ce jour, la position réelle de ceux qui nous gouvernent en Europe, concernant le même sujet. En fait, peut-on savoir, qui en Europe, veut d’une démocratie véritablement débarrassée de tous les réseaux obscurs en Afrique ? Allez savoir.

    (4)Peut-on compter avec le bruyant soutien politique de ceux qui sont avec le Président de l’UFDG le jour, et la nuit avec le Pouvoir ? Je n’y crois pas en réalité.
    Le temps nous en dira davantage et chacun jugera la suite, comme il le voudra.

    (5)En Guinée, celui qui détient tout le fromage et le beurre, et surtout le nerf de la bagarre électorale, est connu d’avance. Il connait parfaitement comment s’en servir, et nous nous connaissons tous dans ce pays pour deviner ce qui se passe de ce côté.

    Qui, voyez-vous reculer devant le fromage et le beurre dans ce pays ?

    Peut-on compter avec tous les alliés politiques de circonstance et qui parlent dans les médias ? Je n’en suis pas certain.

    QUELLE SOLUTION POUR DONNER DE MEILLEURES CHANCES DE SUCCÈS AU LEADER ACTUEL DE L’OPPOSITION DURANT LES PROCHAINES ÉCHEANCES ÉLECTORALES (LÉGISLATIVES, COMMUNALES ET PRÉSIDENTIELLES) ?

    Pour moi, il faudrait changer de stratégie politique en direction de votre challenger numéro 1 et actuel Chef de l’Exécutif. Plus de 90% des problèmes se trouvent là.

    Bien entendu, un tel deal paraîtrait absurde au niveau de l’électorat populaire qui commande la base. Mais il y a de quoi, réfléchir et faire attention au regard du rapport des forces sur le terrain et par rapport à toutes les options politiquement ouvertes.

    À analyser de très près, vous trouverez que la démocratie Africaine d’aujourd’hui, est toujours plus proche du contexte politique de l’Europe du 17ème siècle que de celui du 21ème siècle. Et c’est Jean De la Fontaine qui l’illustre le mieux, notamment dans l’une de ses fables emblèmatiques: Le Corbeau et le Renard.

    Tant qu’un Opposant politique est dans le viseur d’un Chef d’Etat en Afrique, il devient automatiquement l’ennemi à anéantir ouvertement ou non et sur tous les plans.

    Regardez sans être exhaustif, comment a-t-on fait payer aux Leaders politiques historiques de l’Opposition en Afrique:

    En Côte D’Ivoire, où se trouve en ce moment le principal Opposant historique du Président Félix Houphouet décédé pourtant depuis 1993 ?

    Vous avez entendu parler de Mr. John Fru Ndi au Cameroun en dépit du courage retentissant avec lequel il avait affronté le Président Paul Biya pendant plus de 20 ans, et comment son parcours politique s’est terminé ?

    Ou alors de Mr. Gilchrist Olympio au Togo et qui après 40 ans de lutte, a choisi carrément de signer un accord politique avec le Pouvoir pour que son Parti entre au Gouvernement.

    Le parcours politique de Mr. Laurent Désiré Kabila, opposant devenu Président au Congo Kinshasa, celui des différents Opposants qui ont dirigé la République Centrafricaine, ou celui du leader de l’Opposition en Mauritanie devenu Président Sidi Ould Cheick Abdallahi avant de tomber lamentablement après quelques mois, etc…

    Les cas pathétiques des leaders de l’Opposition en Zambie, au Malawi, et au Zimbabwé, sont aussi révélateurs de la complexité de la situation, et c’est à se demander si l’Afrique en dehors de cas très isolés (Sénégal, Botswana, Namibie, Cap Vert, Afrique du Sud) est vraiment prète pour faire changer sa sociologie politique. L’Afrique veut-elle du progrès démocratique, politique et social ?

    Au Tchad, le plus grand leader historique de l’Opposition Tchadienne, Ibni Oumar Mahamat Saleh a été enlevé par les Forces de Sécurité Tchadiennes à l’issue de l’attaque rebelle sur Ndjamena en Février 2008.

    Depuis, sa famille est sans nouvelles de lui. L’opposant était-il concernée par ladite incursion rebelle qui a failli emporter le Président Idriss Deby ? Pas du tout. Il n’a jamais fait partie de la rebellion en question, qui était plutôt dirigée par le neveu même du President Idriss Deby Itno, le chef de guerre bien connu Timan Erdimi et qui était entré en force avec ses milliers de soldats à N’Djaména avant d’en être délogés par les Forces Françaises.

    Tout le monde se souvient du fait que le Rapport final qui a sanctionné les enquêtes est sans appel. Il établit que la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh est bien le fait de l’Armée Tchadienne et que cet enlèvement, comme ceux d’autres opposants le même jour, est le résultat d’une opération coordonnée et ordonnée par « les plus hautes autorités de l’Etat ».

    Toutefois, la Commission d’enquête appuyée par des Experts internationaux ne parvient pas à situer avec certitude le lieu de détention d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, ni même à établir les circonstances de sa mort.

    Dans les recommandations de cette Commission, il est stipulé qu’un comité de suivi doit être mis en place pour s’assurer que des progrès soient accomplis à la fois dans les réformes proposées et dans les poursuites judiciaires.

    Mais depuis, il n’y a pas eu d’avancées au Tchad, malgré la création d’un pool judiciaire chargé de coordonner l’enquête. Plus d’un million d’Euros avaient pourtant été alloués et des observateurs étrangers désignés pour suivre le processus. Rien côté Tchadien, et c’est ce qui a conduit deux des fils de l’opposant disparu à porter plainte en France en Février 2012. Avec quel résultat ?

    Je laisse tomber toutes les histoires qui ressemblent à celle-ci, pour ne pas oublier aussi ce qui se passe au sommet du pouvoir dans les pays du Maghreb, ou en Egypte, en Libye, ou encore au Burundi et au Rwanda.

    Pour sortir de ces pages politiques sombres du continent, et pour revenir en Guinée, je trouve que le Président de l’UFDG dont le Président de la République connait parfaitement la contribution indiscutable à la lutte politique et à l’avènement de la démocratie, pourrait être un interlocuteur valable pour dessiner ensemble les grands contours politiques de l’alternance politique en 2020. Un vrai deal !

    À quoi un tel deal pourrait-il ressembler ?

    (1)Une modification négociée de la Constitution pour créer un Poste de Vice Président à côté du prochain ou de l’actuel Président de la République.
    (2)La création d’une alliance politique stratégique Alpha Condé – Cellou Dalein Diallo et la mise sur pied d’un double ticket politique comme suit en 2020:

    Président de la Republique: Cellou Dalein Diallo
    Vice Président: Alpha Mohamed Condé, le fils de l’actuel Président de la Republique.
    Pourquoi pas ?

    (3)Les deux dirigeants politiques Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, se mettent d’accord sur les conditions d’une non violation des termes de l’Accord stratégique pendant les 10 années qui suivront les élections présidentielles de 2020.

    Exactement comme l’ont fait en Angola le Président Edouardo Dos Santos et le Général de Division Joao Lourenço ou en Côte D’Ivoire, Dr. Alhassane Dramane Ouattara et Mr. Henri Konan Bédié.

    (4)En 2030, Alpha Mohamed Condé passe Président de la République dans la cadre de la même alliance politique et selon une formule tournante qui arrange tout le monde.

    Politiquement et techniquement parlant, personne ne pourrait remettre en cause le sérieux, la respectabilité et les compétences du jeune Alpha Mohamed Condé pour diriger la Guinée. En tout cas selon moi, il pourrait très bien tenir cette responsabilité à la tête du pays, le moment venu, et sous l’encadrement d’El Hadj Cellou Dalein Diallo, de loin son ainé.

    Cellou Dalein Diallo et Alpha Mohamed Condé, pourraient former les prochains Gouvernements avec leurs propres alliés politiques qu’ils auront choisi eux-mêmes.

    Ceux qui n’en veulent pas, seront libres de créer à leur tour, leur Opposition Républicaine, cinq étoiles.

    De toutes façons, j’ai l’intime conviction qu’El Hadj Cellou Dalen Diallo suit comme tout le monde son propre destin tracé par Dieu. Mais, je vous garantis que s’il y a un homme politique qui souffre plus que tous les autres de l’adversité humaine aujourd’hui dans ce pays, c’est bien lui.

    Qu’est-ce que le Président de la République a, à perdre après deux mandats à la tête de la magistrature supreme du pays ? J’ai envie de dire absolument rien du tout ou quasiment epsilon. C’est pourquoi, je crois dur comme fer, qu’il faudrait trouver un deal gagnant avec lui, en tant que Président sortant et qui dispose de tous les leviers actuels de la gouvernance. Je vous remercie.

    Merci pour la confidentialité de Guineenews et bonne soirée chez Monsieur le Président de l’UFDG.