Education : Le ministre Konaté s’attaque aux reformes de son prédécesseur

27 juin 2017 14:14:23
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« J’ai éliminé ce que quelqu’un a mis à notre disposition quand il rêvait au profil de ce que la loi propose…»

En visite de travail à Mamou, le ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation devant les enseignants, responsables locaux du système éducatif et parents d’élèves s’est expliqué longuement sur la suppression des notes de cours dans le calcul de la moyenne du baccalauréat. Mais aussi sur la suppression des évaluations mensuelles au profil des compositions trimestrielles.

Le ministre a fustigé le système éducatif. « Regardez ce que notre système de l’enseignement a fait de notre pays. Regardez au tour de nous. Visitez toutes les institutions internationales, vous ne trouverez aucun Guinéen. Quand je suis avec ces institutions en train de discuter le problème d’argent pour le financement de l’école, j’ai honte intérieurement parce que je ne vois devant moi que des Burkinabés, des Ivoiriens, des Burundais, des Sénégalais…On est absent sur tous les plans. On n’a pas doté notre système d’enseignement de vraies reformes et aucun gouvernement n’a revalorisé la carrière des cadres », indique-il.

Parlant des évaluations mensuelles, le ministre de l’enseignement pré-universitaire dégage la lourdeur du système. « Le directeur préfectoral de l’éducation a reçu des instructions de Monsieur ministre de donner 18h de cours à tous les professeurs. A supposer qu’un professeur à 2h par semaine dans une classe. Pour qu’il y ait ses 18h, il lui faut 9 classes. S’il est professeur de Terminale, il se peut qu’on ne puisse pas retrouver ces 9 classes en Terminale, on va lui donner les 11ème, les 12ème et même les 10ème. L’enseignant va se retrouver avec quatre préparations différentes. A supposer que dans ces classes, il y a 100 élèves, cela lui fait 900 élèves à évaluer mensuellement avec deux moyennes. Alors l’enseignant a deux contraintes : il doit rendre deux moyennes à la direction des études par mois et il est assujetti à finir son programme dans l’année. L’enseignant choisit le volet formation pour ne pas que ses candidats disent qu’ils n’ont pas vu cette leçon. Il se débrouille chaque mois à trouver de notes. Il n’y pas de vraies évaluations », regrette le ministre Konaté.

Poursuivant, le ministre K au carré justifie sa décision sur la suppression des notes de cours.  » J’ai fouillé le document des régalements généraux des examens, dans son article 40 qui donne la formule pour calculer la moyenne des candidats au Bac. C’est l’ensemble des matières coefficiées divisé par le nombre de coefficient. J’ai éliminé ce que quelqu’un a mis à notre disposition quand il rêvait au profit de ce que la loi propose. Les évaluations mensuelles sont supprimées au profit des compositions trimestrielles « , dit le ministre sous une vive ovation dans la salle a accompagné cette annonce du ministre.

  • CONDÉ ABOU

    Incroyable et indicible. Combien de fois, plusieurs bonnes volontés ont dénoncé sur cette tribune de Guineenews, le système éducatif calamiteux en place et dont le pays ne se relèvera pas dans le meilleur des cas, avant 10 ans ?

    Vous dénoncez un système aux antipodes de la rationalité, que dis-je de l’universalité, l’on vous traite d’anti RPG alors qu’il s’agit de l’avenir de la Nation qui était hypothèqué inutilement au moment où l’on pouvait s’inspirer des exemples réussis dans la Sous région, au Burkina Faso, au Bénin, au Sénégal, et même en Côte D’Ivoire pour conduire des réformes performantes.

    Demandez à tous les Experts de l’UNESCO, ils vous diront que le système éducatif du Burkina Faso, est actuellement plus performant que celui de la Côte D’Ivoire et du Sénégal, en dépit de ses ressources budgétaires tellement limitées dans un pays pauvre qui n’a même pas accès à la mer !

    Comment l’élite politique Guinéenne, y compris celle du RPG, n’a jamais été capable de s’entendre sur un minimum de consensus scientifique et technique, en dépit de leurs Assemblées générales interminables les Samedis, au moins pour le bien des centaines de milliers d’enfants ?

    Cet échec du système éducatif, le pays le payera cher et très cher, et malheureusement pour la génération actuelle qui a tout perdu pour rien, par rapport aux pays voisins.
    Voilà le danger de faire de l’instrumentalisation politique un mode de gouvernance dans la planification du développement économqiue et social, surtout dans un secteur stratégique comme celui de l’Education nationale.

    Félicitations Monsieur le Ministre Konaté, pour le courage académique et pour le language clair et sans aucun complexe culturel inutile. Merci de vous faire assister par l’expertise Burkinabè, et celles de l’UNESCO, de la Francophonie, et de l’USAID qui avait fait l’analyse intégrale et l’évaluation du système éducatif au Sénégal.

    Dieu bénisse votre programme de réforme du système éducatif en Guinée, Monsieur le Ministre Konaté, pour qu’il sorte de ténèbres de la lutte des classes érigée en système de gouvernance de l’Ecole Guinéenne.

    Qu’il vous plaise aussi Monsieur le Ministre, dans vos projets de réforme structurelle et institutionnelle, de penser au financement de la construction de logemenst sociaux en faveur des Enseignants aussi bien à Conakry, qu’en province, pour rendre le système éducatif plus attractif et plus compétitif par rapport aux autres catégories professionnelles du pays.

    Dommage pour nos enfants et pour nous-mêmes.

  • Sériyanké Diangolo

    c’est ça le problème de ce pays au lieu de s’atteler au travail il lance des piques moi je pense que tout n’est pas dans la gestion des départements il suffit d’avoir une bonne politique et accepter la cohabitation entre les collaborateurs pour que ça marche.