Education : L’avenir de l’enseignement technique en débat à Mamou

30 juin 2017 23:23:18
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Présidée par le ministre Albert Damantan Camara, ministre de l’enseignement technique, de la formation professionnel et de l’emploi jeune, la troisième convention des chefs d’établissement d’enseignement techniques s’est ouverte ce vendredi 30 juin à l’ENATEF (Ecole nationale technique des eaux et forêts) de Mamou.

À l’ouverture de la cérémonie, le ministre appelé les participants à s’approprier des outils existants. « Lorsque je parcours les archives de notre département, je vois très peu de choses qu’on a réinventées peut être des choses qu’on doit adapter, mais des outils nécessaires existaient. La plupart des questions que nous nous posons trouvent leurs solutions dans les documents qui existent déjà. Avant de me proposer une nouvelle structure, aidez-moi à faire de telle sorte que ce qui existe déjà et qui n’a jamais marché, marche enfin. Quand on n’aura pas de résultats souhaités, on songera à envisager autres choses », sollicite-t-il.

« Est-ce que le manuel de procédure qui est à votre disposition est respecté ? Est-ce que le règlement intérieur est respecté ? Est-ce que la hiérarchie telle qu’elle est prévue dans notre cadre organique est respectée ? Est-ce que les mécanismes qui existent sont mis en œuvre correctement avant d’en envisager d’autres ? C’est à cet exercice que j’aimeras que nous participions tous ensemble », souhaite le ministre Damatang.

Pendant ces deux jours, les 99 participants venus de tous les coins du pays vont se pencher sur les normes de fonctionnement de l’enseignement technique et de la formation professionnelle en vue d’une assurance qualité de service.

  • CONDÉ ABOU

    C’est une très bonne nouvelle, et ce serait un grand progrès, si les Experts nationaux et les autres participants pouvaient prendre le taureau par ses cornes en matière de réorientation de l’enseignement technique et de formation en Guinée, car une bonne partie de l’avenir de l’employabilité des Jeunes se joue au niveau de la politique que le pays sera capable de mettre en oeuvre dans ce secteur.

    Quelle vision commune devraient définir les Experts nationaux et les participants en vue de transformer le système d’enseignement technique et professionnel nécessaire au pays pour mieux répondre aux besoins du marché aujourd’hui et demain ?

    S’il faut reconnaitre les efforts déjà accomplis au cours des 5 dernières années dans ce secteur en Guinée, il me semble que beaucoup reste à reste faire au moins sur deux grands plans pour pouvoir avancer:

    (1)L’Etat ne peut pas tout faire pour renverser la tendance actuelle sur la qualité et les performances de l’enseignement technique en Guinée. Il faudrait approfondir les réflexions sur l’ouverture et la pleine participation du secteur privé national et étranger au développement de l’enseignement technique et professionnel en Guinée.

    Ce chapitre devrait être au coeur du débat, parce qu’il conditionne largement, tout le succès envisageable au niveau de la formation d’une main d’oeuvre nationale hautement qualifiée.

    Le Kenya profite énormément et depuis 4 ou 5 ans de la coopération Allemande et du secteur privé Allemand notamment les entreprises Volks Wagen et Siemens, tout comme l’Afrique du Sud, le Rwanda et l’Ouganda qui sont sur ce créneau.

    Le Directeur du bureau Est-africain de Siemens, expliquait dernièrement que la mise à contribution de la main-d’œuvre locale est nécessaire au développement de son entreprise en Afrique de l’Est. « La formation de la main-d’œuvre est un défi pour toute entreprise. Nous essayons d’embaucher de la main-d’œuvre locale, de la former… Ils ont une connaissance du marché africain, reconnait-il.>>

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    Les Chinois également qui mènent la course aux investissements en Afrique, ont décidé d’octroyer un total de 60 milliards de Dollars US d’aide financière au continent, incluant 5 milliards de prêts à taux zéro et 35 milliards de prêts à taux préférentiels, avait annoncé le Président Xi Jinping dans son discours de Johannesburg de Décembre 2015.

    Pourquoi le système de l’enseignement technique et professionnel de la Guinée, ne devrait-il pas profiter de cette belle fenêtre de tir ?
    Le nouveau « plan Afrique » de la Chine s’articule autour:

    (1)D’un projet déclaré dit des « trois réseaux d’infrastructure et industrialisation », plan de grands travaux qui mêle réseau ferroviaire à grande vitesse, réseau autoroutier et réseau d’aviation régional. Le projet de voie ferrée transcontinentale Tanzanie – Zambie – Angola en est l’emblème.

    (2)D’une aide financière et technique à la formation des élites locales par la création de centres régionaux d’éducation pour 200.000 étudiants et de cinq universités à vocation technologique, scientifique et d’ingénierie.

    (3)De la poursuite du programme officieux de délocalisation des industries chinoises, préférentiellement lourdes et polluantes, dans les pays à bas coût de main-d’oeuvre, pour ne garder en Chine que la production de gamme moyenne-haute. C’est le cas actuellement avec les industries Éthiopiennes qui en profitent sur les marchés tournés vers l’exportation.

    (4)D’une orientation géographique plus ciblée, avec comme pivot de présence et d’entrée la République d’Afrique du Sud, actuellement jugée comme fiable et membre stratégique des BRICS.

    Et puis, il y a la coopération technique et financière avec d’autres puissances régionales d’un niveau technologique très avancé et qui disposent de fortes capacités de soutien pour le développement rapide du système éducatif et scientifique Guinéen. Il s’agit de la Corée du Sud, de l’Inde et d’Israel.

    Au total, trois pistes stratégiques partent du principe que pour être efficaces, les réformes du système éducatif doivent s’attaquer aux principales catégories de dépenses de l’État, c’est-à-dire aux salaires des enseignants, aux subventions versées aux écoles privées, et aux frais administratifs et d’équipements.

    Prises ensemble, ces trois catégories représentent plus de 95% des dépenses publiques dans le secteur de l’éducation et déterminent très largement la performance d’un système éducatif, aussi bien en Afrique que dans pratiquement tous les pays au monde.

    C’est pourquoi, il serait souhaitable que les autorités de l’enseignement technique et professionnel du pays, soient plus offensives sur ces différents tableaux pour inverser la tendance négative au niveau de la qualité et des performances des écoles professionnelles et techniques en Guinée.