Education: jour de grève à Conakry comme sans, Aboubacar Soumah, le dissident justifie

13 novembre 2017 15:15:35
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Le mot d’ordre de grève appelé par le Secrétaire général adjoint suspendu du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheur de Guinée (SLECG), Aboubacar Soumah, a été royalement ignoré à Conakry ce lundi 13 novembre, a-t-on constaté sur place.

Du Lycée Yimbaya au Collège Saïfoulaye Diallo de Gbessia en passant par le Lycée Ahmed Sékou Touré, au quartier Aviation, les cours ont été bien dispensés. «Ici, tout se passe bien, les élèves et les enseignants sont en classe», a déclaré un responsable de la direction du Lycée Aviation.

Par contre et très curieusement, Aboubacar Soumah se dit fier de cette première journée de sa grève générale illimitée. «Le mot d’ordre de grève a été largement suivi à Conakry jusqu’à Yomou à l’exception de certaines préfectures qui n’ont pas réussi l’information à temps. Il faut aussi dire que certains de nos camarades se sont faits intimider par les responsables locaux», a-t-il déploré.

Face à cette situation, M. Soumah interpelle ses collègues : « il faut que nos camardes sachent que le droit ne se donne pas, mais il s’arrache. Le pouvoir est en train de jouer à la désinformation, à l’intimidation et à toute sorte d’exactions. Il faut  que nous prenions conscience  de notre état de misère pour qu’on se lève comme un seul homme pour obtenir gain de cause afin que notre condition de vie soit améliorée».

Parlant de sa suspension de toute activité syndicale par son secrétaire général, Dr Souleymane Sy Savané, M. Soumah proteste contre cette décision et insiste que c’est ce dernier qui est plutôt suspendu par la base.

«Ma suspension par mon secrétaire général Dr. Souleymane Sy Savané ne me dit  absolument rien. Je me demande comment un secrétaire général peut suspendre son adjoint. Nous sommes tous élus par base, c’est elle qui peut nous suspendre, ce n’est pas un responsable syndical qui peut suspendre un autre responsable. D’ailleurs, cette suspension est nulle et de nul effet. Par contre, c’est lui qui est aujourd’hui suspendu par la base. Le syndicat, c’est la représentativité, le responsable syndical, c’est le porte-parole de la base. Ils sont du côté du pouvoir, c’est pourquoi il est suspendu par la base. La base ne le reconnait plus comme Secrétaire Général».

Accusé d’abandon de poste, Aboubacar Soumah parle plutôt d’un piège. «Le ministre de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation, Ibrahima Kalil Konaté a été syndicaliste. Mais depuis qu’il est au pouvoir, il fait outrage au droit et à la liberté syndicale. Sinon comment un ministre peut intimider un syndicaliste, cela n’est pas dans le règlement. C’est une aberration, le droit de grève est reconnu par la constitution. La nomination est un cadeau ou une récompense qu’on fait à un travailleur. Il peut l’accepter tout comme il peut aussi la rejeter. Il y a beaucoup d’exemples de ce genre. Dans les conditions normales, quand on veut nommer quelqu’un, on le consulte et on mène des enquêtes de moralité autour de lui. Cela, c’est dans les règles de l’art. Nous avons des collègues qui ont été mutés pour des faits de grève et non pour les récompenser. C’est tout simplement le fait que nous avons été très durs lors de la précédente grève qu’on nous a tous muté vers les frontières. C’est une nomination piège en nous envoyant dans les préfectures  afin que nous nous soyons loin de la base pour affecter toujours nos activités syndicales. Je ne peux pas accepter cette nomination parce que je n’ai pas été consulté ni de près ni de loin. Pire, je n’ai jamais demandé de me nommer.  Je ne pense pas s’il y a un cadeau forcé.  Il y a des ministres qui ont refusé les nominations, il y a des leaders syndicaux qui ont refusé les nominations, ils n’ont pas été sanctionnés. Alors comment vous pouvez sanctionner quelqu’un parce qu’il a rejeté votre cadeau».