mercredi, 29 mars 2017, 01:28 GMT

Le Dr Dansa Kourouma, président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSC-G), a participé à la rencontre du comité de suivi de l’accord politique du 12 octobre, tenue jeudi 3 novembre au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.

Bien qu’ayant signé les conclusions du dialogue où elle était partie prenante, la société civile a émis des réserves sur certains points de l'accord entre la mouvance présidentielle et l’opposition. C’est le cas notamment du mode d’élection des chefs de quartier et district.

«La société civile se retrouvera samedi 5 novembre en commission technique pour élaborer des propositions  pratiques par rapport au projet de reforme en perspective pour que la liberté des citoyens soit respectée mais pour que nos décisions n’effritent pas le niveau d’implication des populations à la base. La dernière chose qui me semble importante, c’est le débat national. C’est une question qui engage l’ensemble des composantes de notre pays. Mais, ces acteurs doivent être responsables pour défendre les citoyens, cette responsabilité  qui consiste à tirer toutes les conséquences. Quand nous voulons nous inscrire dans une logique de paix, il y a le prix à payer. Et quand nous voulons renforcer nos institutions, il y a le prix à payer. Quand nous voulons être au centre des préoccupations des citoyens, il y a aussi le prix à payer », a-t-il expliqué.

Poursuivant son intervention, le président du CNOSC annonce que la société civile va saisir l’Assemblée nationale pour se faire entendre et qu’elle fera des propositions au gouvernement : «Au lieu d’aller crier dans les médias, nous allons faire des propositions concrètes. Parce que la loi nous permet de saisir les institutions compétentes pour que les préoccupations des citoyens soient prises en compte nonobstant tout intérêt politique parce que ce n’est pas ce qui nous intéresse. Nous défendons l’intérêt général de la population. C’est l’Assemblée nationale qui est souveraine pour adopter tout projet légal de reforme. Alors cette Assemblée sera saisie par la société civile selon les voies de recours qui sont prévues en la matière. Et la deuxième chose, quand il s’agit des propositions faites de la part du gouvernement, la société civile transmettra officiellement les siennes pour garantir l’intérêt général

Le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation n’a pas tardé à réagir à cette position des acteurs de la société civile. «Le jour où tout le monde se mettra d’accord sur quelque chose ce sera la fin du monde », a-t-il déclaré avant d’ajouter qu’il y a toujours des gens qui n’aimeront pas que le soleil brille.

«Quand on a fait la signature des accords, la société civile était présente, a-t-il rappelé. Elle est partie prenante, tout le long du dialogue mais aussi signataire des accords du dialogue. Bon, si entre temps certains pensent que ce que mouvance et opposition ont considéré être la voie pour la paix en Guinée, la voie pour l’unité nationale que l’on renonce désormais à ces pneus qu’on ne cesse de brûler, à ces marchés que l’on saccage à tout bout de champ et que les Guinéens se retrouvent main dans la main vers leur destin commun, je crois que cela devrait amener l’adhésion de tous les Guinéens quand il est vrai que nous sommes tous portés sur la paix dans le pays, sur la coexistence pacifique et sur la complémentarité entre les Guinéens. »

Il a conclu en disant société civile, mouvance, opposition, gouvernement ont tous un élément qui leur est cher, c’est la Guinée. C’est pourquoi il a invité tous les Guinéens à regarder dans la même direction pour la paix, l’unité nationale.

 

https://www.youtube.com/watch?v=2a63CF9iGkc

Alhassane Bah