Desserte en électricité à Kankan : La fin des délestages n’est pas pour demain !

28 mai 2017 13:13:47
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La fin de la distribution alternée de l’électricité promis en janvier dernier par le ministre Cheick Taliby Sylla aux populations de Kankan, après l’installation de 6 ‘’nouveaux’’ groupes électrogènes est loin d’être une réalité sur place. Les abonnés aux services de l’Electricité de Guinée (EDG) à Kankan, n’ont le courant qu’un jour sur deux pour les uns, un jour sur trois voire quatre pour les autres et pendant 6 heures (de 18 heures à minuit GMT).

C’est pour expliquer les raisons de cet échec et les dispositions envisagées pour répondre à la demande des populations que le coordinateur de la cellule de communication de l’EDG en mission dans la région, a rencontré le week-end dernier, les journalistes de Kankan à travers un point presse.

D’entrée de jeu, Madiou Diallo sans pour autant être précis dans le délai, a annoncé l’achat très prochain d’une nouvelle centrale thermique de 12 mégawatts pour Kankan. Selon M. Diallo, le processus de commande par la Direction Générale de l’EDG serait en cours.

Revenant sur la situation persistante du délestage du courant à Kankan, malgré l’envoi des 6 groupes de 6 mégawatts, le coordinateur de la cellule de communication de l’EDG a pointé du doigt à l’incompatibilité du don chinois à l’environnement d’une centrale. « Les moteurs chinois d’une capacité d’un mégawatt chacun, ne pouvaient pas alimenter les départs de plus d’un mégawatt. Et malheureusement, il fut impossible pour les techniciens de les synchroniser », a-t-il expliqué.

Aussi, les producteurs privés d’électricité à Kankan qui utiliseraient le réseau d’EDG sont accusés à tort ou à raison d’être à l’origine de graves pannes enregistrées sur les groupes électrogènes chinois.

Donc, après la non tenue de cette nième promesse du gouvernement Condé avec pour porte-voix, le ministre de l’Energie Cheick Taliby Sylla de sortir la ville de Kankan dans l’obscurité, les populations de Nabaya semblent être médusée. Elles attendent désormais de voir avant d’y croire, nous dit-on.

En tout cas, l’annonce de l’achat prochain d’une nouvelle centrale pour la ville de Kankan ne semble faire ni chaud ni froid les populations.

  • CONDẺ ABOU

    C’est inadmissible pour la deuxième ville du pays, de parler d’un colmatage de brèche avec un projet d’électrification de 12 Mégawatts pour une agglomération de plus de 450 mille habitants comme Kankan.

    Faites la comparaison avec une ville comme Bouaké, qui faisait au recensement de 2014, une population de 536.000 habitants en Côte D’Ivoire. C’est ahurissant d’entendre parler d’achat de groupe thermique de 12 Mégawatts pour Kankan, alors que la fourniture régulière du combustible est un autre problème pour l’entreprise. Un projet de 12 Mégawatts à Kankan, cela s’appelle, faire de la fuite en avant, parce que:

    (1)EDG après sa dernière restructuration, n’a aucune capacité de fournir l’électricité en quantité suffisante pour Kankan, encore moins pour les villes moyennes et secondaires du pays. Sans parler de l’approvisionnement en combustible.

    Dans les conditions normales, ce n’est pas à la Ville de Kankan de courir après EDG pour avoir du courant électrique. Mais plutôt à EDG de courir après les consommateurs de Kankan pour annoncer ses projets d’investissements, soit en partenariat avec d’autres privés, soit avec l’Etat.

    EDG ne dispose actuellement, d’aucune capacité de financement, pour répondre à la demande des consommateurs, et le pire, c’est que ses conseils à l’Etat ne sont d’aucune utilité, en dehors de la propagande, alors que les populations vont continuer de souffrir inutilement à Kankan.

    Sinon , à quoi, aura servi l’acquisition des groupes électrogènes Chinois que EDG a été incapable de lancer sur le réseau, et qui parle maintenant d’achat de groupe de 12 MW par l’Etat ?

    (2)La politique de l’électrification des villes de l’arrière pays est un échec complet, particulièrement en Haute Guinée et en Guinée Forestière. Et il faudrait que le Gouvernement le reconnaisse et change de stratégie au plus vite.

    La pénurie d’électricité ne freine pas seulement la productivité économique de l’ensemble de la région de Kankan. Elle fait aussi baisser la qualité de vie des gens et entrave la réalisation de nombreux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

    Selon Vijay Modi, Chercheur sur les combustibles alternatifs à l’Université de Columbia à New York, sans électricité, “les cliniques ne peuvent pas assurer les accouchements en toute sécurité la nuit, les enfants ne peuvent pas étudier tard, les commerces doivent fermer au coucher du soleil et les vaccins ne peuvent pas être conservés au froid de manière fiable”. Quid de la PME/PMI, et de toutes les activités agro-industrielles ou de service, génératrices de revenus dans la région.

    Voilà pourquoi, pour faire face à la pénurie d’électricité à Kankan, un sursaut national est indispensable afin d’investir dans le cadre d’un partenariat public et privé sur une échelle minimale de 75 Mégawatts à Kankan au lieu des 12 MW annoncées.

    Si la production de l’électricité sur place est plus coûteuse, surtout avec le mazout comme combustible, pourquoi, ne pas l’acheter en urgence, en Côte D’Ivoire voisine pour en finir avec la situation misérable actuelle de la fourniture de l’électricité à Kankan, ainsi qu’avec les promesses intenables.
    Non, Guineenews, 12 MW pour Kankan, c’est une fuite en avant spectaculaire.