Dédommagement des victimes de Démoudoula: les citoyens parlent d’une opération de séduction de la part de l’État

24 juillet 2017 21:21:33
0

Les citoyens déguerpis du site de Démoudoula et qui détiennent des titres fonciers, seront dédommagés. L’annonce a été faite le weekend dernier. Sur le terrain, les victimes sont sceptiques. Ils estiment que c’est une opération de séduction qui vise à calmer les esprits, a constaté sur place Guinéenews.

 

Sur le site, la désolation se lit sur tous les visages. Des tas de gravats et de ferrailles, des meubles entassés sur des ruines. On remarque facilement les traces des bulldozers qui ont démoli tous ceux qui se tenaient débout dans le secteur.

Oumar Keita, ingénieur a perdu deux maisons dans cette opération. Dépassé, il s’interroge sur les raisons qui ont poussé le gouvernement à démolir leurs concessions.

« Je me demande qu’elle importance la rivière a, jusqu’à pousser l’État à déguerpir les êtres humains. Des pauvres gens qui ont occupé ce site pendant plusieurs années », s’interroge Oumar Keita.

Une autre victime qui s’est exprimée sous le couvert de l’anonymat ne cache pas sa frustration. Elle dénonce un vice de procédure de la part de  l’État.

«Vraiment nous déplorons cet acte. Ce n’est pas le moment de déguerpir les citoyens. Normalement, la loi dit qu’à partir du 15 juillet jusqu’au 15 octobre, il est interdit  de déloger un citoyen», a-t-il rappelé.

L’État annonce que les victimes qui ont des papiers légaux seront dédommagées. Mais M. Keita n’y croit pas. Il estime que le gouvernement joue au médecin après la mort.

«Peut importe cette annonce. Il fallait nous laisser avec nos maisons, c’est mieux que de parler de dédommagement. D’ailleurs, le gouvernement ne peut pas mettre les charrues avant les bœufs et revenir parler de remboursement alors qu’il ne connait pas le montant investi sur le terrain. C’est du tape-à-l’œil. Qui a vu d’ailleurs quelqu’un qui est dédommagé en Guinée ? C’est juste un effet d’annonce», fustige une autre victime.

Les documents exigés ne sont pas à la disposition de toutes les victimes. D’où l’impossibilité de tenir cette promesse, poursuit notre interlocutrice.

« Nous attendons de voir. Parce que je ne pense pas que les victimes détiennent les titres fonciers que l’État a exigés. Donc si on tient compte de cette situation, je ne pense pas qu’il pourra tenir sa promesse de rembourser les victimes. On a vu la même chose à Kaporo Rail», renchérit-elle.

Des citoyens qui se sont exprimés hors micro ne cachent pas leur scepticisme quant à cette annonce. D’ailleurs pour eux, cette déclaration est juste un effet d’annonce. Sinon l’Etat devait commencer par dédommager avant de démolir.