Décharge de Dar-es-Salam : Ibrahima Kourouma au charbon pour une solution urgente

07 septembre 2017 6:06:04
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A peine nommé, le nouveau ministre de la ville et de l’aménagement du territoire, Dr Ibrahima Kourouma, s’est rendu, hier mercredi, sur les sites de concasseur et de Kagbelen. Il était en compagnie de ses cadres et ceux de l’environnement.

L’objectif principal était de voir comment sécuriser la santé et préserver la vie des populations vivant aux alentours de la décharge d’ordures de la carrière.

« On est venu à Comboss pour s’enquérir de la situation et discuter avec vous  afin que le gouvernement puisse trouver une solution rapide à cette situation. Vous voyez le cadre de vie n’est pas reluisant, la situation est extrêmement dangereuse. Les citoyens sont rentrés dans la zone interdite c’est-à-dire dans les 25 hectares qui étaient prévus pour abriter la décharge. Et on ne peut pas s’asseoir et regarder sans rien faire et le pire encore les gens sont installés sans aucune autorisation. J’ai même vu des maisons dans le ravin », a lancé le ministre, qui a aussi fustigé l’agression du domaine réservé pour abriter les ordures à Dar-es-Salam.

Sur le site de la décharge, le constat est alarmant. Des maisons d’habitation sont construites jusque dans les montagnes d’ordures. Ici, il est difficile de respirer, les immondices dégagent une odeur nauséabonde. Pourtant on aperçoit des enfants qui jouent dans les ordures en plus des personnes qui sont entrain de faire des tris des objets.

Conscient du danger, le chef du secteur Rue 14 de Dar-es Salam affirme sa disponibilité à accompagner l’Etat  pour trouver une solution à cette difficulté.

 « Nous souffrons, nos enfants sont tout le temps malades. Nos puits sont pollués. Donc, nous sommes à la disposition du gouvernement pour trouver une solution. On ne va pas croiser le fer avec lui » affirme Facély Mara.

Pilier incontournable dans le cadre de l’assainissement de la ville, le ministère de l’environnement mesure l’ampleur de la catastrophe qui existe à la décharge de Concasseur. Seydou Barry Sidibé secrétaire général du département explique les dangers aux quels les citoyens du secteur sont confrontés et souhaite une solution urgente.

« Vous avez vu tout ce qu’il y a comme effet négatif que  supporte la population de la carrière en terme de nuisance olfactive, de l’air ambiant qui se dégage qui n’est pas approprié, aussi la proximité des maisons d’habitation et des montagnes d’ordures, et cette eau polluée qui se dégage de cette montagne d’ordures qui vient constituer un lac très dangereux pour la vie et la santé des population. Donc, si rien n’est fait il faudrait s’attendre à d’autres événements malheureux » prévient Seydou Barri Sidibé.

« Nous allons faire en sorte que cette population que nous avons ici ne continue pas de vivre ce désastre. C’est extrêmement grave nous ne pouvons pas garder la population sur ce site. La chose la plus simple que chacun de nous doit comprendre est que cette population présente ici doit avoir à l’esprit qu’il faut qu’elle déménage ». Une façon pour Ibrahima Kourouma de montrer que son département n’exclut pas de faire déguerpir les occupants de Comboss à Concasseur.

Prévue comme zone de réserve pour la délocalisation de la décharge de concasseur, le site de Kagbelen d’une superficie de 60 hectares est morcelé et occupé par des particuliers. Sur ce, le ministre de la ville est catégorique. « Toutes les dispositions nécessaires vont être prises pour récupérer et sécuriser le domaine, tout cela à partir de ce jeudi » a-t-il indiqué.

La fermeture de la décharge de concasseur qui était prévue normalement en 2005, va être prolongée jusqu’en 2020,  annonce Sory Camara  le directeur général de l’agence nationale de l’assainissement et de la salubrité publique.