Décès du présumé meurtrier de l’érudit de Sagalé : les citoyens crient au scandale à Labé

08 novembre 2017 13:13:15
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Déféré à Conakry le week-end dernier afin de faire toute la lumière sur l’assassinat de l’érudit de Sagalé, Chérif Ibrahima, le présumé meurtrier a été déclaré mort mardi 7 novembre dans des conditions jugées par certains citoyens de ‘’confuses’’. Un décès qui relance de plus belle les débats dans le Fouta.

Face au tollé suscité dans la cité, la rédaction locale de Guinéenews a promené son micro dans la ville de Labé où unanimement les gens s’accordent à dire qu’il y a des zones d’ombre dans cette affaire.

Madiou Drame se dit n’être pas surpris. «Dès qu’ils ont déféré le présumé assassin à Conakr,y j’étais sûr et certain que cet assassinat n’allait jamais être élucidé. Sinon pourquoi l’amener jusqu’à Conakry alors que son jugement pouvait bien se tenir ici au tribunal de première instance de Labé », s’interroge-t-il.

«Même s’il fallait envoyer un pool de juges à Labé pour le juger sur place, c’était mieux que de le déférer à Conakry et maintenant voilà le résultat. C’est grave !, » fustige Lamarana Barry.

Quant à Mamadou Alpha Diallo, l’annonce de la mort du présumé assassin relève d’une diversion : « je ne pense pas qu’il soit mort. Ils annoncent sa mort, juste pour faire diversion. Qu’ils arrêtent de jouer avec nous car, annoncer comme sa mort (Mouctar Diallo, présumé assassin, ndlr), c’est inadmissible et inacceptable. C’est un monsieur en bonne santé qui a quitté Labé donc, qu’on arrête de se jouer avec la population. »

« C’est un acte prémédité et bien ciblé. Les gens qui sont derrière cela font tout pour effacer toutes traces et l’État ne fait rien pour les démasquer. C’est très dommage. Quelqu’un assassine un sage comme Elhadj Ibrahima Chérif et l’État ne peut rien faire pour soulager la population …»,  renchérit cet autre qui a requis l’anonymat.

Pour Diallo Mamoudou, un des talibés du défunt érudit, la mort du présumé assassin de son maître est une déception.  Malgré la haine et la colère qu’on avait ici au Fouta après la mort de notre bien-aimé le cheick de Sagalé, on s’est réservé de se rendre justice et on a cru en notre justice et aux autorités qui, une fois de plus, nous ont déçus », a-t-il déploré.

À signaler que Chérif Ibrahima, assassiné dans la nuit du dimanche 29 à lundi 30 octobre dernier a été inhumé le 3 novembre dans son village natal, à Sagalé en présence d’une foule immense et d’innombrables personnalités politiques et morales. Le chef de l’État s’est fait représenter par le ministre de l’Administration, le général Bouréma Condé. C’est de là, que le transfert du présumé assassin pour Conakry a été décidé.

Affaire à suivre !