Décès de bébés prématurés à L’INSE de Donka: des parents victimes accusent et le DG du centre assène ses vérités

28 septembre 2017 13:13:59
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«On vous parle de morts. Mais dans la plupart des cas, des enfants meurent avant d’arriver chez nous. On prend les  corps et on nous les dépose. Nous sommes parfois victimes de dépotoir de corps. Mais, on n’est pas là quand même pour ressusciter les morts», dixit le DG de l’INSE

Le 20 septembre dernier plusieurs bébés prématurés sont décédés à l’Institut de Nutrition et de Santé de Donka (INSE). Selon certains parents,  ces enfants sont morts suite à des coupures de courant électrique. Des accusations que les  responsables de l’institut  nient en bloc. Dans un élément de reportage réalisé par nos confrères de la radio espace Fm et que Guinéenews a repris et approfondi tout en prenant soin de recueillir cette fois les avis des deux camps, accusateurs et accusé.

Ces derniers cas de décès ne sont pas des cas isolés. Cette fois-ci, l’une des victimes a décidé de briser le silence.  Chauffeur de son état, Ibrahima Diallo est convaincu que sa fille prématurée admise à l’INSE pour une prise en charge, est morte à cause d’une coupure d’électricité.

« Le mercredi 20 septembre dans les environs de 17 heures, j’ai demandé au major à trois reprises s’il y avait du carburant pour alimenter le groupe électrogène en cas de coupure de courant, il m’a répondu par l’affirmative. A mon fort étonnement quand le courant est parti vers 20 heures, il est venu me dire qu’il n’y avait pas de carburant. Quand je lui ai fais le reproche, il m’a répondu que cela n’était pas son problème. A partir de ce moment, j’ai commencé à désespérer. Car, mon enfant ne respirait plus normalement », relate Ibrahima Diallo avant d’accuser le médecin d’avoir escroqué les parents des bébés sous prétexte que ledit médecin voulait les soutirer de l’argent pour l’alimentation du groupe électrogène qui n’a finalement servi à rien.

« Ils m’ont demandé de donner 50 milles francs en guise de contribution pour acheter du carburant. Mais avant qu’ils ne reviennent 4 à 5 bébés étaient déjà décédés. Finalement, ils m’ont rendu mon argent », poursuit-il.

Les propos d’Ibrahima Diallo sont confirmés par une autre victime joint au téléphone par Guinéenews. En plus du manque de place à l’INSE, cet autre interlocuteur dénonce l’absence des médecins sur place.

«A 23 heures, tu ne vois aucun médecin sur place,  tout le monde est couché dans son bureau climatisé. Même si on tape à leur porte, ils te répondent qu’ils ne peuvent pas se déplacer parce qu’ils sont en manque d’effectif », témoigne cet autre parent de bébé décédé.

Du berger à la bergère, les responsables de l’Institut de Nutrition et de Santé de Donka nient en bloc toutes ces allégations de ces parents qui accusent la coupure du courant électrique pour justifier la mort de leurs bébés.

Le directeur  général  de l’INSE, Dr Ibrahima  Kalil Koné tout en reconnaissant les énormes difficultés auxquelles est confronté son centre, explique, lui, ces décès  par d’autres    facteurs que ceux défendus par les parents.

« Ce bébé dont parle Ibrahima Diallo, quand nous l’avons reçu, son poids était 1,3 kilos. Quand il est arrivé, il était très refroidi et il souffrait d’une infection sévère liée aux conditions d’accouchement et de transport. Mais, on a fait de notre mieux. Quand mort s’en est suivie alors Ibrahim dit non qu’il va aller dénoncer dans tous les médias, je suis désolé. C’est vrai, j’admets qu’il y a des périodes de coupure, mais de là à attribuer la mort des enfants à cette coupure, J’avoue que ce cas précis ne répond pas à la réalité» se défend le médecin.

Par rapport au chiffre de décès avancé par les parents, le    Directeur   général de l’INSE  rejette également ces accusations et parle plutôt de   4 cas de bébés   morts enregistrés lors de la journée du 20 septembre en lieu et place de 6  comme l’a souligné l’un des parents.  L’INSE est très souvent victime de mauvais procès, regrette Docteur   Ibrahima   Kalil Koné.

«On vous parle de morts. Mais dans la plupart des cas, des enfants meurent avant d’arriver chez nous. On prend les  corps et on nous les dépose. Nous sommes parfois victimes de dépotoir de corps. Mais, on n’est pas là quand même pour ressusciter les morts », fait remarquer le docteur Ibrahima Kalil Konaté.

Toutefois, le Directeur du centre nutritionnel de Donka admet que son service reste confronté à   un manque criard d’équipements. Le centre construit, dit-il, en 1988 et n’a  jamais connu d’extension depuis.

«L’institut  de  nutrition  et  de   santé  se  trouve dans le coma »,  confie  un  travailleur  qui se  plaint   des conditions  précaires de travail dudit centre.  Ce sont au moins 500 enfants qui meurent chaque année dans ce centre à cause du manque de soins appropriés, selon des statistiques.