Culture: les acteurs du domaine présentent leur cahier de doléances au ministre Bantama

07 septembre 2017 19:19:13
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Le tout-nouveau ministre des Sports, de la Culture et du Patrimoine Historique a reçu en audience ce mercredi 6 septembre les opérateurs culturels et autres diffuseurs de spectacles, venus le féliciter pour sa récente nomination à la tête de ce département et lui exposer les problèmes qui minent le secteur du showbiz guinéen.

Au nombre de ces difficultés auxquelles sont confrontés les promoteurs culturels, leur Porte-parole a cité l’augmentation des charges dont ils font face.

La cinquantaine d’agences de promotion culturelle et de diffusion de spectacles a formulé, par la voix de Tidiane Soumah des Productions Tidiane World Music, le souhait de voir se sceller entre une coopération entre les acteurs culturels et l’Etat.

Poursuivant, il a déclaré que son secteur est plutôt une branche du ministère sur le terrain contrairement à ce que pensent certains esprits hermétiques et mal informés. «Parce que le plus souvent, dans l’exécution sur le terrain, on a comme l’impression d’être en guerre avec l’Etat alors qu’on est une partie de l’Etat », a dénoncé M Soumah qui n’a manqué d’exprimer sa jalousie quant au traitement de ‘’faveur’’ accordé par les autorités aux sports en général et en particulier au football.

 «On n’est pas content. Cependant, on est fier que la Guinée avance dans le football tout en n’oubliant pas qu’on a aussi choisi une branche qui est la culture. On sait que l’argent qui est sorti pour le football, si on en a les 10%, on fera mieux que le football», a promis l’orateur.

S’agissant des dépenses auxquelles font face ces acteurs culturels, M. Soumah a condamné l’augmentation des charges qui se trouvent parfois quadruplées. «La plupart des gens qui sont présents ici, je peux dire que depuis 1984, personne n’a reçu une petite subvention même d’un million. Mais parallèlement, en lieu et place de cette aide, toutes les charges se multiplient. Et je viens d’apprendre avant même d’entrer ici dans cette audience que même à l’intérieur du pays, on paie 2500 GNF par affiche. Les frais de location du Palais qui étaient à 300.000 sont à 5.000.000 aujourd’hui. Les charges du BGDA qui étaient à 1.750.000 sont à 5.000.000. Donc, les charges triplent. L’OGP, on n’en parle même pas. Donc, les charges pour nous opérateurs culturels, deviennent 4 fois plus coûteuses, mais l’aide ne suit pas», regrette l’opérateur culturel.

«Normalement, enseigne-t-il, c’est du business. L’Etat te donne par-ci en subvention, il t’enlève par-là en impôts, en taxes, en autres choses. Mais chez nous, on t’enlève tout. On ne te donne rien. Et si l’OGP entre lui aussi dans la danse, nous faisons 5000 à 10.000 affiches, on ne s’en sortira plus. C’est la mort ».

Poursuivant, le patron des productions Tidiane world music déclare : « une licence se renouvelle aujourd’hui à 10.000.000 GNF. Ce qui sous-tend que ces opérateurs culturels méritent respect. Car, lorsqu’on paie sa licence, cela veut dire qu’on a acheté un droit avec l’Etat. Pour cela, l’Etat doit, à son tour,  respecter le secteur. Mais de nos jours, il n’est pas rare de voir les ministères organiser des fêtes ou autres compagnies publiques et privées organiser des fêtes sans aucune licence. Or, normalement, aucun ministère ni aucune compagnie n’ont le droit d’organiser sans les opérateurs culturels qui en ont le droit, juridiquement parlant. Ils paient l’Etat pour cela. Alors, à défaut de nous donner de l’argent, nous demandons notre protection par l’Etat. Cette protection est payée. Parce que quand quelqu’un paie sa licence, il a droit à tous les privilèges de l’Etat».

L’OGP incriminé a un Conseil d’administration présidé par le ministre Sanoussy Bantama Sow. Acceptera-t-il d’alléger les charges de ses partenaires, ne serait-ce qu’en acceptant de diminuer le prix de la taxe sur l’affichage des prospectus ? Attendons de voir !