Culture : le cinéma guinéen chute, alerte le Secrétaire général de la FEPACI)

14 octobre 2017 22:22:17
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Le 12 octobre marque la Journée du cinéma africain. Une date jamais commémorée en Guinée avant ce jeudi 12 octobre 2017. La célébration tenue dans la salle de cinéma CanalOlympia de la BLUE Zone de Kaloum a réuni plusieurs hommes de culture autour du ministre des Sports, de la Culture et du Patrimoine Historique, Sanoussy Bantama Sow et de la directrice de l’Office national du cinéma et de la photographie (ONACIG), Mariama Camara.

La Fédération panafricaine du cinéma (FEPACI) y était également représentée par son secrétaire général, Cheick Oumar Sissoko. Dans  son speech de circonstance, M. Sissoko a déclaré entendre qu’il y a une chute de la cinématographie guinéenne. Mais de l’avis de l’orateur, cette chute est aujourd’hui partout. Toute chose qui affecte dangereusement le cinéma africain dont la qualité laisse à désirer.

« Vous regardez les salles de cinéma pour là où ça existe, ou les chaines de télévisions, 90% des images viennent d’ailleurs et sont porteuses des valeurs les plus négatives des autres sociétés. (…). Ces valeurs, ce sont celles de sexe, de crime, de violence. Et nos enfants se nourrissent de cela », regrette le Secrétaire général de la FEPACI.

Pour M. Sissoko, la diffusion de ces images n’est pas sans conséquences sur la vie des jeunes adolescents. « Ils perdent complètement les repères. Ils n’arrivent plus à comprendre les phénomènes qui déterminent l’évolution de nos sociétés dans lesquelles ils doivent inscrire leurs destins. Et ce sont eux, demain, futurs adultes, qui doivent se construire. Mais ils doivent se construire avec quelles idées», s’interroge-t-il avant d’inviter le ministre Bantama Sow à la compréhension de l’importance de l’image.

Arrivé à Conakry au soir du mardi 10 octobre, Cheick Oumar Sissoko dit avoir vu à la télévision lors de la célébration de la Journée internationale de la jeune fille, le président Alpha Condé a cédé pour un temps ses prérogatives à une jeune fille.

« Dans la suite des idées, de l’émancipation de la femme dans notre environnement, si cela ne se fait pas, nous n’allons pas nous développer. Sans l’image, les guinéens n’auraient pas su cette symbolique force. Sans l’image, l’Afrique et le monde n’auraient pas su qu’il y a cette volonté au niveau de votre pays et que le président en exercice de l’Union africaine essaie de communiquer cela aux autres », a-t-il interpellé.

Il reste vrai que l’image est la mise en réalité de la conscience collective permettant aux peuples de comprendre leurs droits et leurs devoirs et de se prendre en charge. Mais, cet expert du monde cinématographique est au regret de constater qu’aujourd’hui il est aisé de s’apercevoir que l’hégémonie médiatique n’est plus africaine.

« C’est l’Europe et l’Amérique qui construisent et déconstruisent la vie dans les pays, qui construisent et déconstruisent les économies. Parce que ce sont elles qui disent ce qui est vrai et ce qui est faux. Et chaque fois qu’on présente l’Afrique, c’est l’Afrique malade, l’Afrique mendiante, l’Afrique avec les guerres et conflits qu’elles construisent pour mieux exploiter nos ressources », a-t-il fait remarquer.

Et pour inverser cette tendance, il y a du travail à faire par les gouvernants, notamment  ouvrir plus de salles de cinéma, officialiser les façons de vivre, d’aimer, de prendre du plaisir, de souffrir, de lutter propres aux sociétés africaines, mais que l’univers des images a écartées dans le monde, malheureusement.