Crise au CNPG: la justice a-t-elle favorisé l’enlisement ?

06 septembre 2017 18:18:45
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La crise qui mine le Conseil national du patronat de Guinée perdure. Le camp d’El hadj Mohamed Hann et ce lui de Ansoumane Kaba n’arrivent toujours pas à accorder leur violon. Chacun de ces deux hommes se réclame président de l’organisation patronale, la plus vielle en Guinée.

Lors d’une conférence de presse le mardi 5 septembre, El hadj Habib Hann a exprimé ses regrets suite à l’enlisement de la crise.

D’entrée, il a rappelé les différentes péripéties qu’a connues le Conseil national du patronat de Guinée, notamment de l’organisation du congrès ayant élu Ansoumane Kaba, à l’annulation de cette élection par la justice jusqu’à l’organisation du congrès qui l’a élu, lui à son tour, le 10 décembre 2016.

En début de l’année 2017, la Cour Suprême a validé un protocole d’accord entre Ansoumane Kaba et M. Cissé, sachant qu’il y a déjà un congrès qui s’est tenu en présence de 29 fédérations patronales sur 38.

Selon Alhoussény Magassouba, un proche de Habib Hann, la Cour Suprême n’a pas la compétence de valider un protocole d’accord entre des membres d’organisations patronales : «on ne peut pas valider un protocole d’accord. En matière syndicale et patronale, il n’y a pas de protocole d’accord à partir du moment que l’élection est faite conformément aux statuts, c’est terminé. C’est pour vous donner la preuve que nos dirigeants, en l’occurrence le pouvoir judiciaire ne respecte pas la Constitution.»

Se fondant sur le code de travail, M. Magassouba affirme que l’article 321 de ladite loi indique que « les organisations d’employeurs ne sont pas sujettes à dissolution ou suspension par loi administrative ou judiciaire » et que  « tous les litiges entre les membres doivent être réglés par les textes, les statuts ou l’instance suprême (le congrès) des organisations concernées. »

Le camp de Habib Hann et celui d’Ansoumane Kaba sont présents sur le terrain. Cela crée de la confusion chez les citoyens ou opérateurs économiques.

Selon Habib Hann, cette confusion a des conséquences négatives sur le développement du secteur privé guinéen : « cette confusion ou mauvaise lecture de la légitimité ou non du bureau crée une confusion dans l’esprit de tous les opérateurs économiques. Les conséquences sont les suivantes. La première,  la mobilisation étant indépendante et libre, peut gêner les opérateurs économiques. C’est un handicap majeur. Nous avons prôné la mobilisation. Nous avons souhaité que tous les opérateurs soient unis. Le fait qu’il y a une campagne qui amuse la galerie, c’est vraiment désolant. Cette confusion empiète sur l’avancée positive, la croissance du secteur privé guinéen. »

Le gouvernement soutiendrait-il un camp au détriment de l’autre ? El hadj Habib Hann pense que c’est l’impression qu’ont certains : « il y a deux événements qui se sont tenus ici où on a eu l’impression que le gouvernement soutient un camp au détriment de l’autre. Le premier, c’est à l’occasion de la tenue de l’atelier du Bureau international de Travail (BIT) à Conakry.  A cette occasion, le gouvernement n’est pas venu. Le deuxième événement que je vais dénoncer ici, c’est le forum tenu avec les Ivoiriens. Cette rencontre a été initiée par notre bureau. Nous avons visité la communauté ivoirienne, l’ambassade de la Côte d’Ivoire. On s’est dit que seuls les Guinéens ne peuvent pas parler du secteur privé alors qu’il y a des frères de la sous-région qui exercent des activités aussi importantes dans le pays. Donc, il est important qu’on essaie de voir comment créer une synergie d’actions entre les deux patronats (guinéen et ivoirien, ndlr) pour régler certains problèmes, transfrontaliers notamment. Malheureusement, cela a été récupéré. A mon retour de Genève, nous avons purement et simplement demandé de nous abstenir pour ne pas troubler nos frères ivoiriens qui ont eu l’amabilité de venir à Conakry. »