dimanche, 26 mars 2017, 17:03 GMT

Crise de confiance à l’Université de Kindia. Les enseignants se disent être victimes ‘’d’humiliation’’ et d’une gestion ‘’opaque’’ des affaires administratives. Ils accusent également le recteur Jacques Kourouma de faux et usage de faux, a-t-on appris de plusieurs sources. Au téléphone de Guinéenews, le concerné affirme que ’’tout se passe bien’’.  

 

Contacté au téléphone, le secrétaire chargé des conflits et négociations du Syndicat Libre des Enseignants de Guinée  pour la section de l’université de Kindia, Mohamed Kaba, a confirmé l’information.

«Nous sommes dans une situation de crise qui a commencé depuis l’arrivée du nouveau recteur. C’est un problème de dysfonctionnements. Toutes les prérogatives des différents services se trouvent concentrés au rectorat. C’est le premier point d’achoppement», a-t-il fait remarquer.

Le deuxième point d’achoppement, poursuit M. Kaba, fait cas des humiliations publiques. « Le recteur Jacques Kourouma s’est livré à des humiliations publiques. Il humilie ses cadres partout où ils passent. Cela a créé un mécontentement chez les travailleurs »

Un autre point d’achoppement, explique M. Kaba, est que le recteur aurait réuni les étudiants dans le campus pour dire aux étudiants  que ceux-ci valent mieux que leurs professeurs. «Pis, Jacques Kourouma a recruté certains étudiants qui sont passés dans les médias et qui ont lancé des balivernes sur les professeurs. Cela a créé un autre mécontentement».

Autre chose, accuse M. Kaba, depuis l’arrivée du recteur, rien n’est fait sur le plan de la recherche. «Il y a de nombreux projets de recherche qui sont déposés sans suite».

Sur le plan pédagogique, a fait savoir le syndicaliste Kaba, le recteur  a mis une structure parallèle qui s’arroge les prérogatives des structures ad-hoc de l’Université.

«La semaine derrière, le recteur a accordé une interview à une radio locale de la place au cours de laquelle, il a traité ses enseignants de malhonnêtes et de voleurs. Il est allé jusqu’à utiliser le mot animosité à l’endroit du corps professoral. Cela a créé un autre véritable problème».

Aujourd’hui, dénonce M. Kaba, le sujet qui est à la une à l’Université de Kindia, est que le recteur Kourouma a fait comprendre qu’il a deux doctorats alors qu’après leurs recherches, ils ont trouvé qu’il n’est titulaire qu’un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) et il a soutenu sur la civilisation Kpèlè de 1765 à 1912 en 1993 avec 117 pages, avec une  un épaisseur de 30 cm.

«Le chef de cabinet est intervenu sans succès. Le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, Binko Mady Touré, est aussi intervenu pour essayer de calmer le jeu».  

Est-ce que les cours sont à l’arrêt à Kindia ? M. Kaba répond : « il n’a jamais été question de cesser les cours. Les professeurs sont très motivés pour donner les cours. C’est dans la logique de dire que ce n’est pas le comportement d’un seul cadre qui pourrait mettre en péril le fonctionnement d’une institution».

Interrogé sur les  accusations qui pèsent sur lui, le recteur de l’Université de Kindia, Jacques Kourouma, a répondu que tout se passe bien dans son institution et qu’il a bel et bien passé son doctorat.

«Tout se passe bien. Vous pouvez vous renseigner auprès de mes collègues. Ils sont mieux placés pour te satisfaire. Personne n’a demandé mon départ», a-t-il laissé entendre.

Sékou Sanoh

Conakry, Guinée 224-664-35-11-21

Sékou Sanoh