mardi, 28 mars 2017, 12:01 GMT

Du nombre initial à 16 équipes, c’était le rendez-vous de la crème du football mondial. On ne perdait pas une miette de chaque rencontre. A 32 équipes, le niveau technique est descendu d’un cran, avec lui, l’engouement aussi, le blasement était déjà sensible devant les postes de télévision, certains matches étaient séchés et désertés, on attendait les grandes affiches.

 

A 48 équipes, on n’en parlera pas, puisque on ne sait pas encore comment les retransmissions se feront, mais la consommation d’énergie sera infernale, la télé sera allumée 24 heures sur 24. Avec le décalage horaire, certaines rencontres risquent d’aller au-delà des heures indues de la nuit avec leurs conséquences sur la santé. On parle de tout cela sans savoir combien de matches se joueront par jour et la compétition s’étendra sur combien de semaines.

Cette formule à 48, d’autres ont déjà eu cette inquiétude, quel pays africain aura la prétention de l’organiser ? Déjà avec La CAN, à 4 poules de 4 équipes, on dit que le Gabon est en train de se dépêcher pour mettre les bouchées doubles. Certains disent que tout ne sera pas prêt le samedi prochain pour l’ouverture. L’Afrique du sud, c’est vrai a réussi sa coupe du monde 2010, mais combien de pays africains auraient fait de même ? La FIFA a pensé au budget et au nombre de stades ou cette formule sera en co-organisation ? On sera curieux de connaître les postulants et impétrants.

Hormis toutes ces interrogations, on ne voit qu’un avantage : la FIFA se fera plein les poches dans les frais de retransmissions télé, les grandes équipes habituées au carré d’as, toujours les mêmes ou à peu près, verront leurs primes de participations augmenter au fil des victoires depuis les 48ème de finale. Bien évidemment, après la coupe du monde de 2026, ce sera sur les talons que les championnats reprendront, les blessures et la fatigue seront au rendez-vous.

 Quant aux pays qui espèrent être de la fête, on parle de 9 ou 10 participants pour l’Afrique, des charges pour les Etats en difficultés économiques. Le Cameroun, le Nigéria, le Ghana, pour ne citer qu’eux, n’ont pas fini d’appréhender l’étalage des scandales financiers à chaque qualification des Lions indomptables, des Super-Eagles et du Black Stars. En 2026, la participation de chaque équipe risquera d’être plus élevée qu’actuellement par la hausse de tous les prix, à commencer par le transport. Pour les outsiders, les équipes de seconde zone, comme le Syli, on sourit parce qu’il y a une chance sur X de se qualifier au moins une fois à la coupe du monde, mais cela rimerait à quoi d’aller faire de la figuration ?

On le voit bien, la FIFA a choisi le nombre au détriment de la classe même si on peut affirmer que parfois certaines équipes éliminées de justesse sont meilleures à celles qualifiées de justesse. Justice est dans ce cas rétablie et toutes les grandes équipes d’Europe seront inévitablement présentes à la phase finale de 2026.

Moise Sidibé