dimanche, 26 mars 2017, 05:25 GMT

En l’absence des groupes parlementaires pas encore constitués, deux candidatures se sont dégagées. Le député Miambli Evarice Tié Edouard, comme Don Quichotte contre les moulins à vent, dispute librement la présidence au sortant Guillaume Soro, qui, lui, semble représenter la coalition qui a gagné l’élection présidentielle, le RHDP. Miambli a soutenu sa candidature par un discours enflammé, pompeux et agité dans lequel il a énuméré des projets de séduction en direction des députés électeurs, notamment l’amélioration des conditions de vie des populations et surtout en faveur des députés, ce qui lui a valu une hésitante et petite salve d’applaudissements.

Sous la présidence du doyen d’âge Diawara Mamadou des 253 députés, l’élection s’est déroulée dans un calme absolu. A  l’issue, comme écrit d’avance, c’est le sortant Soro qui bisse le perchoir. Sans même attendre le décomptage des bulletins pour connaître exactement le score, Miambli a rejoint Soro et l’a déjà chaleureusement congratulé. 

Quant au score, il est sans appel : 252 députés présents sur 253, un absent, qui n’a pas laissé de consigne de vote, bulletins exprimés 242, nuls : 10. Guillaume Soro : 230 voix, Miambli Evarice Tié Edouard 12, soit 4%.

Quant à Guillaume Soro, il a remercié filialement Alassane Ouattara.

La question que l’observateur ne résiste pas à se poser est de savoir si Miambli était un candidat sérieux et véritable ou si c’était un ectoplasme pour faire valoir le suspens du plébiscite du sortant. Il aurait été intéressant de voir  les deux candidats à égalité, puisque le doyen des députés avait édicté un règlement saugrenu : en cas d’égalité, le plus âgé candidat serait élu, blague ou galéjade, allez savoir.

 Le véritable parti d’opposition, le FPI, qui ne compte que trois voix ne pouvait prétendreêtre candidat, s’est probablement abstenu.

Moise Sidibé