jeudi, 30 mars 2017, 02:46 GMT

La famille Soumah, sise à Coléah-Domino en face de la station Total, sur la route du Niger, dans la commune de Matam, a été cueillie au petit matin de ce mardi dans son sommeil par des gendarmes qui étaient venus  mettre en exécution une décision de justice. Du petit matin jusqu’aux environs de midi, des jeunes s’activaient à démolir, sous la supervision des gendarmes, les derniers murs des bâtiments qui se tenaient encore débout. Au milieu de ces ruines, nous avons rencontré monsieur Sorya Soumah, enseignant et frère de la concessionnaire, qui revient ici sur l’historique et les circonstances de ce déguerpissement.  

 

«La concession a été habitée par notre tente M’Mabinty Soumah. Elle n’a pas eu  d’enfant. Elle a été au village pour demander à ses frères pour qu’on l’amène des enfants qu’elle allait adopter. Entre temps, une certaine Kanké Cissé appelée Yakha lui a été confiée. Ensuite, elle a reçu de ses frères une fille et de deux ses neveux. Ceux-ci sont venus s’ajouter à  Kanké Cissé. Ma tente Mabinty Soumah n’a pas eu d’enfants jusqu’à sa mort. Bien avant sa mort, elle avait remis tous les dossiers que son mari lui a laissés à Kanké Cissé, sa fille adoptive. Cette dernière a fait des enfants dont un a été  nommé Directeur de l’UFELGU-Nimba. C’était pendant le régime d’Ahmed Sékou Touré. C’est ce directeur qui a réussi à falsifier le nom de sa maman d’abord en lui attribuant le nom ‘’Soumah’’ alors qu’elle est Cissé. Puis, il a transformé tous les dossiers au nom de sa maman. C’était en 1973 alors que nous avons les dossiers originaux datés, légalisés par l’administration coloniale française depuis en 1953. Dans leurs dossiers, la superficie du terrain est égale à 1 333 mètres carrés alors que dans notre dossier,  c’est 2375 mètres carrés. N’ayant pas d’enfants, Mabinty Soumah a laissé son héritage à ses frères que nous sommes. C’est raison pour laquelle, nous détenons tous les papiers. Ce sont ces papiers que nous avons exhibés devant le tribunal de Première Instance de Mafanco qui n’a pas tranché en notre faveur. N’étant pas satisfaits, nous avons saisi la Cour d’Appel de Conakry. Notre avocat était Me Dina Sampil qui a fini par nous trahir et la Cour a confirmé la décision de TPI de Mafanco. Nous pouvons dire aujourd’hui que notre avocat a été acheté. C’est cette année que nous avons été convoqués par le Procureur Général. Nous lui avons dit de nous informer à temps avant de faire intervenir les forces de l’ordre. Nous avons pris encore un autre avocat du nom de Me Fodé Camara qui suit maintenant le dossier et qui a fait déjà une lettre de cassation au niveau de la Cour Suprême.

Et contre toute attente, ce matin,  nous avons vu les forces de l’ordre qui sont venus faire tomber tous nos bâtiments. Ce que nos parents ont cherché pendant des années, les agents les ont tous détruits. Ils sont pris mon neveu Ousmane Soumah qui a son nom sur la liste et ils l’ont tabassé, menotté puis l’envoyé avec eux. Nous nous remettons à la Justice parce que le dossier se trouve à la Cour suprême. Notre avocat est informé, il nous a dits de s’abstenir pour suivre la suite de la procédure judiciaire », a-t-il confié.

 

Quant à Fatoumata Bangoura, une des locataires, elle est très amère à l’endroit des forces de l’ordre qu’elle accuse d’avoir procédé à ce déguerpissement sans avoir fait le moindre préavis.

«Nous avons été déguerpis sans préavis. Nos forces de l’ordre sont des bandits, ils ont volé nos biens puis les détruire», a-t-elle déclaré.

 Dans le souci d’équilibrer nos informations, nous avons cherché sans succès à avoir la version d’un membre de la famille Kanké ainsi du chef des forces de l’ordre qui étaient déployés sur les lieux. Lire vidéo:https://youtu.be/l4MI3I5nRVQ

A suivre.

Sékou Sanoh

Conakry, Guinée 224-664-35-11-21

Sékou Sanoh