Conférence africaine sur la paix et la sécurité à Rabat : le ministre Diané préside l’ouverture des travaux

11 juillet 2017 12:12:57
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La Conférence annuelle africaine portant sur la sécurité et la paix s’est ouverte lundi 10 juillet 2017 à Rabat, au Maroc. Invité par OCP Policy Center, le ministre d’Etat à la Présidence chargé de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané a eu l’honneur de prononcer le discours d’ouverture de cette rencontre qui a connu la présence de plusieurs experts venus de divers horizons. Du 10 au 11 juillet, les participants à cette conférence vont débattre plusieurs thématiques notamment, «Penser à l’autonomie de l’Union africaine dans un monde changeant »,  «Pratique de l’Union africaine », « Retenir le modèle africain de développement économique », « Sécurité collective ».

Dans son discours d’ouverture dont nous vous proposons l’intégralité ici, le ministre Diané a déclaré qu’avec l’apport extérieur de 73% de son budget, l’Union africaine ne peut jamais avoir son autonomie. C’est pourquoi il a invité les Etats membres de l’organisation à appliquer la taxe sur l’importation qui est fixée à 0,2% visant à soutenir le budget de l’institution panafricaine. Lisez !

 «Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et représentants des organisations internationales

Mesdames, Messieurs les responsables de l’OCP Policy, organisateurs de la Conférence annuelle sur la Paix et la sécurité,

Messieurs les panélistes,

Mesdames et messieurs les invités,

Tous protocoles observés,

   Une grande joie m’anime d’être parmi vous cet après-midi à l’occasion de la présente Conférence annuelle africaine sur la Paix et la Sécurité.

 Le lieu même inspire : Rabat, capitale historique du Royaume chérifien, dont le cœur palpite à l’unisson de l’Afrique mère, chantre de l’Union et de l’unité, en avant-poste de la coopération sécuritaire en général, de la lutte antiterroriste mondiale en particulier.

 Le sujet aussi inspire, car le concept d’autonomie stratégique exprime un besoin essentiel de nos peuples et préfigure un changement profond de l’Union Africaine en ce sens.

 Pour toutes ces raisons, le Pr Alpha CONDÉ, Président de la République de Guinée et Président en exercice de l’Union Africaine me charge de vous transmettre ses salutations et de vous adresser ses remerciements et ses encouragements dans la voie difficile, exaltante et si profondément propre et unique à l’homme, celle de la réflexion mais plus encore, de la réflexion partagée. À coup sûr, pense-t-il, votre vision et vos visées seront à la hauteur des enjeux planétaires et ceux de notre continent.

 L’Afrique est un continent de trente millions de kilomètres carrés avec près de sept cent millions d’habitants.

 Cependant, en dépit de son étendue, elle a pu se doter relativement tôt après les indépendances, d’une représentation globale, en l’occurrence l’Organisation de l’Unité Africaine (O.U.A) créée dès 1963.

 Preuve de sa puissance synergique, ce grand ensemble géopolitique a pu intégrer et faire accepter par l’opinion internationale aussi bien la grande île Madagascar que les Comores, les Seychelles tous États insulaires de l’océan indien quoique d’origine africaine, à la différence de Madagascar dont l’enracinement culturel tient de l’Indonésie, comme a fait remarquer Yves Lacoste.

Ainsi dès le départ, l’éthique de l’OUA ne s’est pas entachée d’un nombrilisme ombrageux et a donné la preuve d’une stratégie d’ouverture. Et même, selon certains auteurs, l’idée et la volonté d’autonomie des États alors combattant l’apartheid étaient constitutives de la création de la SADCC. 

Cependant, le continent africain a des problèmes structurels et pas seulement, susceptibles de freiner son autonomie stratégique. Ce sont autant d’écueils à identifier, sans tomber dans le nihilisme toujours idéologiquement motivé.

 La situation d’ensemble se trouve compliquée par des conflits de leadership internes et inter étatiques et même par des acteurs extérieurs.

 Ce phénomène, malheureusement, a un impact terrible sur la situation politique, économique et sociale du continent. L’illusion identitaire est devenue un piège qui enchaîne l’Afrique, alors qu’elle subit encore les conséquences de la vidange de la traite des esclaves et celles déstructurante du colonialisme.

 À ces maux s’ajoutent de nos jours les mécanismes de l’échange inégal et de l’accentuation de la pauvreté ; prosaïquement ²la configuration des échanges au détriment des matières premières et au profit des produits manufacturés² ; la ²déconnexion croissante entre la sphère financière spéculative et la production et l’échange².

 Pour tout cela effectivement, l’intelligence d’élaboration et d’applicabilité des principes qui fondent ²l’ordre international africain² est d’actualité.

 Il y a donc nécessité et urgence d’explorer de nouvelles formes de souveraineté et de représentation politique à même de garantir efficacement la sécurité collective, la gestion équilibrée et autonome des territoires, la répartition des ressources qui ne fasse pas le lit du terrorisme, de l’injustice économique et sociale.

 En effet, la mondialisation ne peut pas par elle faire disparaître comme par enchantement les effets nuisibles du renfermement identitaire nationaliste. Les logiques transnationales ne s’opposent pas au développement du nationalisme étriqué. La mondialisation n’est pas une panacée. Il nous faut innover. Vous y êtes conviés.

L’Union Africaine s’y met depuis quelque temps. La désignation des Chefs d’États champions d’un domaine précis à l’avantage de coller aux réalités, de façon coordonnée pour leur transformation. Et la création du « G5 Sahel » est une initiative à encourager et soutenir.

Comme vous le savez, le budget de l’Union Africaine repose à soixante-treize pourcent sur l’apport extérieur. Aucune stratégie d’autonomie politique, économique ou sécuritaire ne pourra être viable tant que demeurera cette triste réalité. C’est pourquoi, la taxe de 0,2 pour cent sur les importations est salutaire.

Nous espérons qu’elle sera appliquée comme les propositions qui seront issues de vos travaux, une fois décidées et acceptées. En effet, l’applicabilité des décisions est le défi majeur qui se pose à notre continent.

Intégrer les couches déshéritées et assurer la formation des hommes ; créer de grandes écoles régionales d’excellence ; penser de nous-mêmes nos critères de développement et de gouvernance comme nos propres plans de développement ; vouloir réaliser l’unité pleine et entière de l’Afrique ; trouver quelle devra être la place de notre continent dans la coopération internationale contre le terrorisme en terme de coordination, d’échange d’expériences et d’informations mais aussi et surtout de financement, sont quelques modestes éléments que je proposerais à votre réflexion, parmi tant d’autres que vous aurez certainement à déterminer dans le sillage.

Vous avez raison de le souligner : l’autonomie stratégique de l’UA pourrait être un véritable vecteur pour le positionnement de l’institution sur la scène internationale. Nous devons y travailler pour construire une paix durable permettant à nos Etats de se concentrer sur le développement économique du continent.

En tant que Ministre de la Défense de mon pays, je vous proposerais pour terminer, d’avoir à tout moment à l’esprit dans vos travaux que, comme l’a dit Tom Clancy dans un entretien publié par l’Express et qu’a noté dans sa magnifique publication « Le livre gris du terrorisme » Jean-Cyrille, « le terrorisme est avant un acte politique, il cherche à provoquer un effet politique.

 Je vous remercie.»

 

 

  • CONDÉ ABOU

    C’est avec beaucoup de fierté que j’ai appris hier soir, le choix porté sur notre Ministre de la Défense Nationale Dr. Mohamed Diané pour présider l’ouverture des travaux de cette Conférence internationale de Rabat. Pourquoi ?

    (1)Au regard de la haute qualité des invités attendus et de l’importance stratégique des 3 grands panels de réflexion choisis pour l’occasion: la Sécurité collective en Afrique, Repenser le modèle de développement économique en Afrique et la Mission de l’Union Africaine.

    (2) Au regard du choix protocolaire extraordinaire fait par les Organisateurs en confiant la présidence de l’ouverture des travaux de cette Conférence internationale à notre compatriote Dr. Mohamed Diané.

    Il faut dire que l’organisateur de la rencontre n’est autre que le très prestigieux Think Tank d’OCP Policy, et qui relève du puissant Office Chérifien des Phosphates du Royaume du Maroc (OCP), le leader mondial des phosphates. C’est tout dire.

    Un mot sur la success story de ce groupe industriel qui détient l’une des plus grosses fortunes du Maroc, l’OCP. L’OCP est tout simplement, le géant des phosphates made in Morocco et qui a été fondé en Août 1920, au Maroc.

    C’est à partir de cette date que naît l’un des mastodontes de l’économie Marocaine et qui revendique aujourd’hui, une place particulière dans l’histoire industrielle du Royaume Chérifien et qui se trouve être l’un des principaux exportateurs de phosphate brut, d’acide phosphorique et d’engrais phosphatés dans le monde.

    L’OCP compte près de 20.000 Employés qui sont implantés principalement au Maroc sur 4 sites miniers et 2 complexes chimiques, ainsi que sur d’autres sites internationaux. L’Office détient également, plusieurs filiales à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc. En 2016, son chiffre d’affaires (CA) s’élevait à 41,4 milliards de Dirhams Marocains (environ 4,3 Milliards de Dollars US).

    Ses exportations vers l’Afrique ont augmenté de 70%, atteignant 1,7 million de tonnes (Mt) en 2016 pour 1 million de tonnes seulement en 2015. Sa force de vente est répartie sur les principaux marchés internationaux comme suit: 65% en Afrique, 29% en Amérique latine et 46% en Amérique du Nord.

    Le bénéfice brut du groupe s’est établi à 28,9 milliards de DH en 2016, tandis que la marge brute a été maintenue à 68% contre 70% en 2015, reflétant ainsi l’impact positif de la baisse des coûts des matières premières.

    En 2016 le groupe OCP a investi dans plusieurs projets stratégiques et a poursuivi l’exécution de son programme de développement industriel. Ses investissements globaux ont atteint 13,2 milliards de DH (l’équivalent de 1,37 Milliard de Dollars US).

    Bref, l’un des focus particuliers de cette Conférence internationale consacrée comme Guineenews vient de le souligner à « la paix et la sécurité en Afrique », mais également à la question de l’autonomie de l’Union Africaine dans un monde en mutation, et qui permet de comprendre davantage l’importance stratégique des sujets de cette rencontre.

    Voici une liste non exhaustive des intervenants lors de cette Conférence internationale:

    Dr. Mohamed Diané, Ministre d’Etat en charge de la Défense Nationale de la Guinée (Conakry),

    Sir John Scarlett, ancien patron des Services Secrets Britanniques (M16),

    Hubert Védrine, ancien Ministre des Affaires étrangères (AE) de France (1997-2002),

    Assoumani Youssouf Mondoha, représentant permanent de l’Union des Comores auprès de la Commission économique pour l’Afrique et de l’union Africaine,

    Guy Mvelle, Maître de Conférences à l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC),

    Blaise Tchikaya, membre de la Commission de l’Union Africaine pour le droit international (France),

    Essy Amara, ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères et ancien Secrétaire Général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA, matrice de l’UA),

    Abdellah Saad, Politologue et Chercheur Marocain, et Larabi Jaïdi, Universitaire Marocain.

    C’est tout dire de la qualité des intervenants. Standing ovations, pour notre compatriote Dr. Mohamed Diané et pour le formidable honneur fait à la Guinée.

    Plein succès à la Conférence internationale de Rabat et bonne continuation Dr. Diané pour porter plus haut à l’international, l’expertise Guinéenne sur toutes les questions stratégiques de paix et de sécurité en Afrique.

    Merci pour la courtoisie de Guineenews.