Concert de Davido à Conakry: la presse brutalisée par les agents de sécurité privée

23 octobre 2017 14:14:01
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Brutaliser la presse et lui proférer des propos infamants est devenu monnaie courante de la part des services de sécurité (publics ou privés) pendant les spectacles en Guinée. Le dernier cas en date est survenu dimanche 22 octobre lors du concert de l’artiste nigérian Davido sur l’esplanade du palais du peuple.

Tout est parti d’un banal malentendu autour de l’emplacement que Tidiane World Music, la structure organisatrice de l’événement, avait choisi pour la presse invitée.

Munis de leurs appareils de travail dont les dictaphones et les appareils photos, les reporters ont été repoussés par certains vigiles des sociétés de sécurité qui leur disaient parfois “dégagez d’ici” ou encore “la presse ne doit pas rester à ce niveau”. Etonnés par l’attitude de ces hommes fiers de leurs muscles, les journalistes ont obtempérés pour un premier temps.

Par la suite, ces quidams ont pris des barrières pour s’en servir, obligeant ainsi les journalistes à reculer. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, est partie de l’agression du journaliste Aminata Pilimini Diallo par l’un de ces agents qui, apparemment, était fier de son geste car, il menaçait de réagir autrement si les journalistes tentaient de franchir la ceinture. ”Ce sont des instructions reçues que j’applique, dites ce que vous voulez mais gare au premier qui va essayer d’outrepasser ces barrières”, a-t-il menacé.

Un acte qui n’a pas laissé indifférente la corporation  et par solidarité à notre consœur, tous les journalistes ont décidé de bouder le spectacle et de rejoindre le public pour suivre le spectacle. Un message qui selon tous, est un avertissement à tout organisateur de spectacle qui ne saura accorder du respect ou une marque de considération aux médias.

Avec la pagaille, le coordinateur de la sécurité qui n’avait pas décliné son identité, a voulu calmer les nerfs en confiant aux journalistes que les instructions sont venues de la cellule de communication de la structure. Par la suite, il a présenté ses excuses et il a invité les médias à rejoindre l’espace qui leur est réservé. Une requête qui a été rejetée par les journalistes qui ruminaient encore leur frustration.

A rappeler que l’agression de la presse par des sociétés de sécurité lors d’un spectacle à Conakry, est devenue une monnaie courante.